Emile Juncker

De Entre plaine et volcans
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Emile Juncker[modifier]

JUNCKER Emile-Denis[modifier]

Emile Juncker et sa femme Emilie, Louise Lacot
par Eric Panthou[modifier]

Né le 3 avril 18477 à Paris, instituteur à Paris, vétéran du socialisme à Riom (Puy-de-Dôme), favorable à l’adhésion à la III° Internationale en 1920, mort le 14 novembre 1930 à Mozac (Puy-de-Dôme).

La famille Juncker était issue de la petite noblesse de Poméranie orientale. C’est vraisemblablement le père d’Émile qui a épousé la fille d’un imprimeur juif de Varsovie au mitan du XIXème siècle, avec qui il a migré vers l’Alsace (Wissembourg). Proche du Bund polonais, le couple, francophone et francophile, part après l’invasion et le rattachement de l’Alsace-Lorraine au Reich Allemand, vers la région parisienne.

Émile Juncker fut instituteur. Il épousa Émilie Lacot, sans profession, fille d’Amable Lacot, sans doute originaire de Riom (Puy-de-Dôme)

Le couple s’installe aux Lilas (département de la Seine). C’est en région parisienne que vont naître deux fils, en 1879, l’aîné, Maurice et en 1887, le cadet, Lucien Juncker. Le couple a également un troisième enfant, un fille, Alice Juncker, née en 1877, qui devient plus tard et pour plus de 30 ans, celle qui signe “Liselotte”, ses articles dans Le Petit Echo de la Mode.

Les parents restent sur Paris jusqu’au moins le milieu des années 1900, Émile étant encore directeur d’une école de garçon, rue Delouvain dans le 9éme arrondissement en 1904. Il a alors 54 ans. Ils s’installent ensuite à Riom (Puy-de-Dôme), sans doute la commune dont est originaire son épouse.

Le 3 septembre 1910, Émile fait partie des quelques militants présents à la réunion de fondation du Comité socialiste de Riom qui demande son adhésion à la fédération socialiste du département. Émile est désigné secrétaire trésorier du groupe. Au sortir de la guerre, il préside plusieurs conférences ou même congrès et apparaît comme un figure importante par les positions qu’il défend.

Le 7 septembre 1919, il préside le congrès de la Fédération socialiste.

Avec l’aile gauche du Parti, Juncker défend la motion Bracke qui interdit toute coalition électorale, en particulier avec les radicaux. Juncker intervient dans le débat pour dire que les masses ne pardonneraient pas aux socialistes leur faiblesse s’ils se coalisaient avec d’autres partis, même de la gauche républicaine, et que faire le contraire les prépareraient à de cruelles désillusions. Puis, avec d’autres, il condamne le vote des crédits de guerre et demandent le vote d’un blâme à l’égard de Varenne qui a voté les crédits de guerre jusqu’au bout, contrairement à d’autres députés socialistes. Juncker, avec Roux et Isnal, lui-même de Riom, interviennent de nouveau à l’issue du débat pour s’opposer à l’ordre du jour qui est cependant adopté à une énorme majorité.

Le 19 septembre 1919 Maurice Juncker, son fils, avocat à Paris mais également militant socialiste à Riom, anime une réunion organisée par la section socialiste de Volvic avec près de 200 interlocuteurs. Il intervient après Emile Juncker présenté comme le vétéran de la section socialiste de Riom.

Lors du congrès de la SFIO devant se prononcer sur l’adhésion aux 21 conditions de la IIIéme Internationale, fin octobre 1920, c’est Emile Juncker qui défend la motion en faveur de cette adhésion. Il représente la section de Riom. Il regrette qu’une des conditions exige la soumission de la CGT à la SFIO. Joseph Claussat, qui défend le rejet de l’adhésion, déclare que Juncker lui-même ne pourrait être admis puisqu’il n’accepte pas toutes les conditions. Alexandre Varenne lui apporte son soutien et la motion Claussat l’emporte avec 68 mandats contre 25 à celle en faveur de l’adhésion portée par Juncker et la section de Thiers et enfin 13 mandats pour la motion de militants parisiens originaires du Puy-de-Dôme.

Émile Juncker a fait rallier la section de Riom de la SFIO à la Section Française de l’Internationale Communiste en janvier 1921, sans même qu’une assemblée générale soit convoquée, critique t-on dans la Montagne du 14 janvier. Une réunion commune SFIO-SFIC se tient néanmoins à Riom le 1er février 1921, présidée par Émile Juncker et où Boyer représente la SFIO.

On ne trouve plus trace ensuite de l’activité politique d’Émile Juncker jusqu’à son décès intervenu en 1930. Son fils Maurice fut quant à lui un des dirigeants nationaux de l’Union socialiste-communiste puis du Parti d’Unité Prolétarienne (PUP) au cours des années 1920-1930.

Sources :

Martine Wauquier, Le Partis socialiste dans le Puy-de-Dôme (1919-1924), mémoire maîtrise histoire, Université Clermont-Ferrand ; “Congrès fédéral du 7 septembre 1919, Fédération socialiste du Puy-de-Dôme, L’Ami du Peuple, 14 septembre 1919 ; Annuaire-almanach du commerce, de l’industrie, de la magistrature et de l’administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, Paris, Firmin-Didot frères, années 1897 et 1901 ; Entretien avec Claude Virlogeux-Juncker, le 21 octobre 2017 ; “La fédération du Puy-de-Dôme repousse l’adhésion”, La Montagne, 1er novembre 1920 ; L’Ami du Peuple, 11 septembre 1910, La Montagne 16 novembre 1930 ; La Montagne, 14 janvier 1921.

Pour citer cet article : [1], notice JUNCKER Emile-Denis par Eric Panthou, version mise en ligne le 6 janvier 2018, dernière modification le 6 janvier 2018.