7 Janvier 1906

De Entre plaine et volcans
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Sommaire

National

Par la liberté

J'ai assez combattu, ici et ailleurs, les paradoxes extravagants par lesquels le citoyen Hervé et quelques autres ont prétendu résoudre la redoutable question de la guerre, pour pouvoir protester hautement, sans réserves, au nom de la liberté, notre premier bien, contre les poursuites scandaleuses contre le verdict monstrueux dont un groupe d'antimilitaristes vienne d'être l'objet.

Gustave Hervé

On connaît le procès ; il a été motivé par une affiche signée de 28 non, dont quelques inconnus comme ceux de Hervé, Urbain Gohier, Amilcare Cipriani, Bousquet, Georges Yvetot.

On connaît les condamnations prononcées 4 ans de prison à Hervé, les autres frappés de peine variant de 6 mois à 3 ans.

Que disait la fiche incriminée ? 2 choses. Elle protestait contre l'emploi de l'armée dans les grèves et conseillait aux soldats de tirer sur les officiers qui commanderaient le feu contre les grévistes. Elle protestait en même temps contre la guerre, affirmant qu'il fallait répondre par l'insurrection à l'ordre de mobilisation.

Je suis de ceux qui n'admettent en aucun cas la présence des soldats sur les champs de grève. Et par la je n'entends pas seulement défendre le droit de l'ouvrier, qui sans doute ne gagnerait pas grand-chose à trouver en face de lui des troupes de police, gendarmes ou agents, plutôt que des soldats de l'armée ; mais j'entends surtout protéger les droits du soldat, qui est d'être employé uniquement à se préparer à la défense du pays. Depuis que l'armée nationale a été substituée à l'armée de métiers, depuis que le service militaire est devenu obligatoire pour tous, il ne peut plus être question d'une armée gendarmerie, chargé à la fois d'assurer l'indépendance nationale contre l'étranger et la défense de l'ordre à l'intérieur. Si les citoyens consentent à faire pendant 2 années le sacrifice de leur temps et de leur liberté pour aller dans les casernes se soumettre à une discipline rigoureuse, ce ne peut être que pour accomplir un devoir national et non pour se plier à des besognes de police. Il y a là, entre la société et l'individu une sorte de contrat tacite, qui se trouve violé en la personne du soldat, toutes les fois que celui-ci est distrait, fût-ce une heure, de sa tâche patriotique pour être employé contre les travailleurs. Tel est l'argument de droit social qui, à mon sens, condamne absolument l'intervention de l'armée dans les grèves.

Et cependant cette intervention se produit tous les jours. On voit des soldats se rencontrer autour des corons, à la porte des usines, devant les chantiers, avec des ouvriers, parmi lesquels peuvent se trouver leur père, leurs frères, leurs camarades, qui sont en tout cas des travailleurs comme eux.

Jeudi qu'en effet l'officier qui ordonne à ces hommes de se faire les meurtriers de travailleurs en grève et un misérable. Mais si j'avais à donner un conseil aux soldats, je ne lui dirai pas : « Tue l'officier ! », mais : « Ne tire pas ! ». Car l'officier ne fait ici qu'obéir lui-même à des ordres supérieurs. Il est l'agent d'un pouvoir qui répond le lui et pour lui ; il est l'instrument d'une société d'iniquité et de violence. C'est au pouvoir que je m'en prends, non à son agent ; c'est la société que je dénonce, non l'individu.

Quant à la protestation contre la guerre, je m'y associe de toutes mes forces. Oui, c'est un crime que de déchaîner sur 2 peuples la fureur des batailles, la ruine et la mort. Oui, c'est une honte pour notre civilisation qu'en ce siècle de lumière un conflit armé soit toujours possible, et que l'antagonisme féroce des intérêts puisse en quelques heures faire le désert dans les campagnes, le vide dans les ateliers et précipiter les uns contre les autres, dans un choc effroyable, des hommes qui ne se connaissent ni ne se haïssent, qui vont mourir pour le caprice d'un roi ou les calculs des financiers, et qui laisseront derrière eux des veuves et des orphelins, des deuils et des misères.

Mais comment tuer la guerre ? Suffit-il de la flétrir et de la déshonorer aux yeux du monde ? Hélas ! c'est choses faite depuis longtemps, et le fléau n'est pas encore vaincu. Il ne sera, si tous les hommes de bon sens de tous les pays se liguent pour le maintien de la paix, s'ils s'emploient tous à une propagande incessante en faveur des idées d'arbitrage et de désarmement simultané.

Malheureusement il nous faut encore envisager l'hypothèse – elle a failli se réaliser il y a quelques mois – où la France aurait à faire face a une attaque du dehors. Ou serait alors le devoir des socialistes, des prolétaires ? Je réponds sans hésitation, sans réticenced, que leur place serait à la frontière, et qu'ils devraient faire face à l'invasion.

Car je suis de ceux qui se refusent à laisser amoindrir, démembrer et violenter la patrie de la liberté, des Droits de l'Homme, de la Révolution ; je ne veux pas que disparaissent le pays qui a donné au monde les plus hautes leçons, le pays où la pensée humaine à trouver ses plus nobles interprètes, le pays qui a été pendant des siècles et qui demeure encore le guide de l'humanité vers la lumière et la justice.

Et c'est ici qu'éclate l'erreur, qu'apparaît le sophisme d' Hervé. Hervé est révolutionnaire, et l'application de son système, d'ailleurs impraticables auraient pour première conséquence de servir en Europe la contre Révolution.

Je l'ai pour ma part assez démontrée ; j'ai reproché à Hervé d'avoir, par ces violences, fait le plus grand tort à la cause de la paix et aux idées socialistes qu'il croit servir. Je n'aurais pas le triste courage de l'accabler aujourd'hui, après la condamnation qui le frappe.

Cette condamnation, je reconnais qu'il l'a voulue, qu'il l'a cherchée. Le gouvernement ayant commis la maladresse de lui donner pour sa propagande la tribune de la Cour d'assises, il en a largement usé. Il a volontairement accumulé dans sa défense les provocations et les violences ; il a bravé avec une tranquille audace les préjugés et les colères du jury. D'autres après lui se sont montrés plus hardis encore. Et le jury en condamnant sévèrement tous les accusés, à l'exception d'une femme et d'un vieillard, – qui n'était autre que ce bon héros de Cipriani, poursuivi comme anti patriotes devant un jury français, après avoir promené sa belle figure romantique sur tous les champs de bataille où luttaient les nations opprimées, après avoir combattu en 1870 pour la France envahie !

Je vois que des républicains se félicitent tout haut de cette condamnation. Qu'ils prennent garde ! Elle n'arrêtera pas la propagande qu'on a voulu empêcher. Mais elle atteint directement la République et la France elle-même.

Oui, la République. Car c'est une poursuite pour délit d'opinion que le jury a sanctionnée de son verdict. Et il n'y a plus de liberté en France il n'y a plus de République si les tribunaux touchent à la pensée.

Ce qui fait la supériorité, ce qui consacre la légitimité d'un régime de démocratie comme le nôtre, c'est que tous les citoyens possèdent le droit d'exprimer leurs idées, bonnes ou mauvaises, saines ou pernicieuses, sans autres risques que celui d'avoir tort devant l'opinion.

Condamner des citoyens pour un discours, pour un article de journal, pour une affiche, c'est condamné la liberté et la République, c'est restaurer la raison d'État, c'est proclamer ouvertement la faillite du régime de libre discussion, c'est déchirer la grande charte humaine qu'est la Déclaration des Droits de l'homme, où il est dit que nul ne peut être inquiété pour ses opinions.

Le délit d'opinion ! Je croyais que nous avions laissé cela aux Églises. Je croyais que nous avions libéré la pensée et renoncé à l'orthodoxie. Je croyais que nous avions aboli les dogmes et renverser les idoles. Et voici qu'on nous impose le dogme « patrie » et qu'on nous dresse un idole « armée ».

Étrange manière de sauver la patrie et de défendre l'armée ! Il faudrait douter de l'idée de patrie si elle ne pouvait s'imposer à nous que par la force des lois ; il faudrait craindre pour l'armée si elle ne pouvait être recrutée qu'avec l'aide des gendarmes.

J'aime mon pays, mais je veux savoir pourquoi, et je sais en effet pourquoi. Je n'ai pas renoncé au dogme religieux pour m'incliner devant le dogme patriotique.

Je crois qu'il est nécessaire, et pour longtemps encore, de garder intacte et de porter au plus haut degré la puissance défensive de la France ; mais je ne renonce pas à dire la vérité sur l'armée, à contrôler les actes de ces chefs, à réformer les abus innombrables qui s'y commettent.

Voilà pourquoi le procès et la condamnation qui ont frappé les signataires des affiches antimilitaristes appellent la protestation des libéraux de tous les partis.

Ce sont les nationalistes et les cléricaux qui, dans la campagne acharnée menée depuis quelques mois contre les républicains et contre les socialistes, qu'ils représentent tous comme des disciples d' Hervé, ce sont les nationalistes et les cléricaux qui ont provoqué le procès et la condamnation. Le gouvernement n'agit que sur leurs sommations. C'est pour eux qu'il a commis cet attentat contre la liberté.

Eh bien ! les cléricaux pourront regretter un de ces jours d'avoir laissé toucher à la liberté d'opinion. Ils multiplient en ce moment les appels les plus violents à la rebellions contre les lois de la République ; ils impriment et font distribuer des libelles qui excitent ouvertement les catholiques à l'émeute et à l'assassinat ; ils conseillent à leurs partisans de ne pas accepter la séparation des Églises et de l'État et de s'armer pour la résistance ; ils rappellent la chouannerie et la donnent en exemple.

Leur tour pourrait donc venir un de ces jours. Le gouvernement pourra, quand il le voudra, traîner devant la Cour d'assises, l'auteur de ces manifestations incendiaires.

Ce jour là, nous protesterons encore. Tant que les cléricaux sont tiendront aux menaces, tant qu'ils ne commettent pas des délits caractérisés, des actes de violence, nous réclamerons pour eux le droit de tout dire, de tout écrire, de tout imprimer.

Ce droit, ils l'on refusait, ils le refus encore à certains de leurs adversaires. Et cela ne nous surprend pas. Pour les cléricaux, la liberté d'opinion, c'est le droit de défendre les opinions cléricales et non d'autres.

Mais nous demandons tant des syndicats, et des comités politiques, aux membres de la Ligue des Droits de l'homme et du citoyen, de flétrir avec nous les procès contre la liberté, en protestant contre l'arrêt de la cour d'assises de la Seine, qui nous ramène vers la justice des Commissions mixtes et du tribunal de l'Inquisition.

Alexandre Varenne

Pour la liberté d'opinion

Ordre du jour de la commission administrative du Parti socialiste

Dans sa séance de mardi soir, la commission administrative permanente (SFIO) à voté à l'unanimité l'ordre du jour suivant :

« La commission permanente du Parti socialiste flétri le verdict de haine et de peur qui a frappé les signataires de l'affiche aux conscrits.

Le Parti socialiste n'attend ni du gouvernement bourgeois, ni d'un jury, ni d'une magistrature de classe le respect de la liberté d'opinion, mais il engage les travailleurs à s'organiser pour conquérir la pleine et entière liberté de parole et de pensée.

Ni les provocations, ni les calomnies, ni les menaces, ni la manœuvre électorale d'un gouvernement sans scrupules n'empêcheront les Fédérations et les sections du Parti de persévérer dans leur propagande socialiste, de protester contre l'emploi de l'armée dans les grèves, d'affirmer hautement la nécessité de l'action et de l'entente internationale des travailleurs pour la suppression de la guerre ».

Revue de la semaine

Informations Politiques

Élection législative

Monsieur Coudert, radical-socialiste, a été élu dimanche dernier au scrutin de ballottage, député de la 2e circonscription de Toulouse, par 7769 voix contre 6229 à Monsieur Evelot, progressiste.

Il s'agissait de remplacer Monsieur Serres, radical-socialiste, décédé.

La séparation

La commission extra-parlementaire chargée d'élaborer le règlement d'administration publique de la loi de séparation des Églises et de l'État, réunie mercredi au ministère de l'intérieur et de l'instruction publique, a examiné et adopté le texte du décret relatif aux pensions et allocations dues aux ministres des cultes, présenté par la sous-commission chargée de la préparer.

Le projet de décret sera transmis au Conseil d'État par les soins du ministre compétent.

Double interpellation
Gaston Gerville-Réache.jpg

Messieurs Cicéron, sénateur et Gaston Gerville-Réache, député de la Guadeloupe ont écrit collectivement au ministre des colonies pour l'informer qu'ils l'interpelleront respectivement au Sénat et à la Chambre, sur les mesures « violentes » prises par le gouverneur de la Guadeloupe à la suite des troubles dont cette colonie a été le théâtre.

Le procès des antimilitaristes

La Cour d'assises de la Seine a prononcé les condamnations suivantes dans le procès scandaleux intenté au signataire de l'affiche antimilitariste : Gustave Hervé est condamné à 4 ans de prison ; Almereyda, Cibot et Georges Yvetot, à 3 ans chacun ; Bousquet, Garnery et Coulais, à 15 moins chacun ; *. *. Perceau à 15 mois.

Urbain Gohier, Charles Desplanques, Camu, Le Guerry, Laporte, Baudin, Pataud, Bosche, Bontemps, Nicolet, Le Blavec, Castagné, Raymond Dubéros, Merle, Mouton, Chanvin, Frontier.

Chacun des accusés est également condamné à 100 Fr. d'amende.

Mademoiselle Numieska et le citoyen Cipriani ont été acquittés.

Démission du Conseil municipal de Limoges

Le groupe socialiste unifié du conseil municipal, comprenant 18 membres, vient d'envoyer sa démission collective au préfet de la Haute-Vienne. Par suite des 3 vacances existant déjà et de la démission du maire, ces 22 conseillers qu'il va falloir élire.

Le candidat des Républicains

Nous avons dénoncé ici l'intrigue savante de Monsieur Doumer, les manœuvres de ses amis, la campagne éhontée de certains radicaux à tout faire qui marchent sous ses ordres et le poussent à la présidence de la République.

Il importe que les républicains ne s'égarent ni ne se divisent. Une seule candidature est et restera opposée par les groupes de gauche de la Chambre et du Sénat à celle de l'aventurier d'Indochine ; c'est celle de Monsieur Fallières, président du Sénat, pour lequel se sont prononcés les républicains les plus qualifiés de toutes les nuances, depuis Léon Bourgeois jusqu'à Jaurès, en passant par Messieurs Combes, Vallé, Camille Pelletan et Clémenceau.

Quels sont les titres de Monsieur Fallières ? Il est républicain et il n'est soutenu que par les républicains.

Deux titres qui nous suffisent.

Alexandre Varenne

Victoire éphémère

Les révolutions russes ont été vaincus à Moscou après 8 jours de luttes héroïques, et la victoire des soldats du tsar a été suivie d'une répression atroce, qui rappelle les drames de la Semaine sanglante.

Les soldats de l'armée de Versailles, qui avaient capitulé à Sedan, prirent une revanche éclatante sur les derniers défenseurs de la Commune. Les soldats du tsar, qui avaient fait si piètre figure devant l'armée du mikado, péter plus brave et plus heureux devant les foules mal armées de révolutionnaires.

On évalue à 20 000 le nombre des citoyens massacrés au cours des dernières journées de lutte. Le correspondant du Matin en Russie, Monsieur Gaston Leroux, visiter l'autre jour théâtre du drame et voici ce qu'il écrivait :

« Ce quartier a vu des drames que n'a pas connus le Père-Lachaise ».

Peut-on avoir, par un détail, une idée de la répression ? Le correspondant du Standard de Londres décrit lui aussi les horreurs de cette boucherie :

J'ai vu sur la chaussée un bras d'enfants ; le membre avait été coupé au coude et seul le pouce reste à la main, les autres doigts ayant été enlevé par un sabre tranchant qui fendit la main au moment où elle se trouvait sur l'épaule de la mère. Les femmes pleuraient sur cette triste relique et maudissaient les soldats.

Donc le tsar a vaincu l'insurrection sur un point ; mais elle grandit sur d'autres. Encore quelques victoires comme celle-là, et l'odieuse tyrannie tsariste aura soulevé contre elle jusqu'au dernier moujick, jusqu'au dernier soldat.

D'ailleurs l'échéance approche, où il faudra rendre des comptes. L'Assemblée nationale va être convoqué pour le 15 mars. Cette assemblée, quel que soit d'ailleurs son origine, sera révolutionnaire, et c'est elle qui mettra fin au régime. De ce jour là, en tout cas, la révolution russe aura une direction, une expression, une cohésion qu'elle n'a pas eue jusqu'ici.

Les malheureuses victimes de Moscou peuvent dormir tranquilles. La nation russe, qui va naître à la vie et à la conscience, se chargera de leur vengeance.

Alexandre Varenne

Régional

Puy-de-Dôme

Le recensement de la population

Un décret prescrit qu'il sera procédé, le 4 mars 1906, au dénombrement quinquennal de la population par les soins des maires.

Ne compteront pas dans le chiffre de la population servant de base à l'assiette de l'impôt et à l'application des lois d'organisation municipale les catégories suivantes :

Corps de troupe de terres et de mer ; maisons centrales de force et de correction ; maisons d'éducation correctionnelle et colonies agricoles des jeunes détenus ; maisons d'arrêt, de justice et de correction ; dépôts de mendicité, asiles d'aliénés, hospices, lycées, collèges communaux et écoles normales primaires, écoles spéciales, séminaires, maisons d'éducation et écoles avec pensionnat ; communauté religieuse ; ouvriers étrangers à la commune occupés aux chantiers temporaires de travaux publics.

Clermont

Jugement de classe

Eschallier débouté de sa demande. – Un beau coup de filet. – Les vrais excitateurs

Eschallier a été débouté de sa demande.

Nous n'avons pas sous les yeux le jugement rendu contre lui. Nous n'en connaissons pas les attendus ; mais il nous suffit de savoir que Monsieur Pouget a été renvoyé un œdème, pour affirmer hautement qu'on a donné à la loi une fausse interprétation.

Monsieur Saby, qui a rendu le jugement, n'a pas su laisser à la porte du prétoire ses sentiments bourgeois ni sa haine de la classe ouvrière.

Monsieur Pouget, quoique simple particulier, était parfaitement responsable de l'accident survenu sur son terrain et à l'occasion d'un travail exécuté sous sa direction. Et sa responsabilité n'était en rien diminué du fait que Eschallier aurait été ivre au moment de l'accident.

Les législateurs que cette question intéresse plus particulièrement, se sont prononcés dans ce sens, à quelque parti qu'ils appartiennent.

En veut-on la preuve ? Le Commentaire pratique de la loi, dans lequel j'ai puisé l'interprétation concernant la responsabilité du simple particulier, responsabilité qui est entière, même s'il est démontré que la victime était en état d'ivresse au moment de l'accident, a été approuvé par les personnalités suivantes :

  • . Henry Boucher, député, sénateur, président de la Commission supérieure du travail ;
  • . Richard Richard Wadington sénateur, président de la Commission supérieure du travail ;
  • . Maruéjouls, député ancien rapporteur de la loi, ancien ministre des travaux publics ;
  • . Dubief, député, membre du Conseil supérieur du travail, actuellement ministre de l'intérieur ;
  • . Keufer, vice-président du Conseil supérieur du travail, secrétaire de la Fédération française des travailleurs du Livre ;
  • . Georges Richard, de la manufacture des Biscuits Pernot à Dijon
Buscuits Pernot
 ;
  • .Berthiol, secrétaire de la Fédération des ouvriers mécaniciens de France ;
  • . Lemire, député du Nord ;
  • . Breton, député du Cher.

Monsieur Saby, en donnant gain de cause à Monsieur Pouget, n'a pas seulement condamné l'ouvrier Eschallier. Il a condamné en même temps et du même coup, toutes les personnalités plus haut citées. Il a le droit d'être fier de son œuvre. Cela n'arrive pas à tous les magistrats d'englober dans une même condamnation des personnages aussi marquants.

Eschallier n'avait pas rêvé si belle compagnie. S'il n'était un pauvre besogneux, je dirais qu'il a de la chance.

Monsieur Saby, après lecture de son « jugement », lui a donné une fiche de consolation. De façon très ironique, il lui a dit : « L'assistance judiciaire vous ayant été accordée, vous pouvez en appeler de ce jugement ».

. Nous sommes de cet avis. Eschallier doit en appeler devant d'autres juges du jugement si contraire à la loi prononcée contre lui.

Un mot pour terminer :

On reproche souvent aux socialistes d'être des excitateurs. Les vrais excitateurs sont les juges qui, comme Monsieur Saby, jugent avec leurs sentiments et leurs passions, et non selon l'esprit des lois.

Pierre Forest

Les Étrennes du Conseil municipal

Monsieur Vigenaud a le monopole des rapports. Il en a présenté un à la dernière séance du Conseil sur l'ensemble du budget de 1906.

Ce rapport est bourré de bonnes intentions et de promesses…. Hélas ! autant en emporte le vent !

Ce n'est pas d'aujourd'hui que j'entends dire qu'on « va envisager l'assainissement des quartiers Saint-Eloy, Villeneuve, Saint-Alyre, des Vieillards, du Champgil, de la Boucherie, de la treille… ».

À chaque renouvellement du Conseil, on n'en parle. De temps en temps, au cours du mandat, dans un rapport fait pour la galerie, on n'en reparle et finalement comme conclusion, on propose 50 000 Fr. pour faire place de Jaude deux allées macadamisées et planter quelques arbres.

Mais les quartiers ouvriers, direz-vous ?

Les quartiers ouvriers ? Comme il faut plus de 50 000 Fr. pour leur donner de l'air, eh ! bien ils attendront ! Ils commencent d'ailleurs par en prendre l'habitude, et puis pour les faire patienter on a décidé de désinfecter le cimetière de Saint-Jacques. Les victimes de l'insalubrité des quartiers ouvriers qui mourront à l'hôpital auront du moi la consolation de penser qu'ils reposeront dans la fosse commune du cimetière des Carmes-Dechaux.

Quand on pense qu'il y a encore des gens qui réclament !!

– On a aussi parlé des Eaux ce qui ne veut pas dire que la question soit résolue, non. On va, paraît-il, s'en occuper, et pour prouver à la population les bonnes intentions de nos édiles, ceux-ci ont demandé au ministre de l'agriculture… une subvention ? Non…. Un expert « d'une valeur scientifique éprouvée » qui viendra dans la région aux frais de la princesse, qui examinera, réfléchira, et finalement fera dans 10 ans un volumineux rapport qui sera discuté… quand la municipalité socialiste qui entrera prochainement à l'Hôtel de Ville aura résolu la question.

– Bonne idée. Le populo ne logera plus les troupes de passages. C'est l'Ami du Peuple qui a clos la tournée.

Dorénavant les troupes qui traverseront notre ville seront reçues et logées par les soins de Monsieur Moranges. Ça ne coûtera que 5000 Fr. par an à la ville.

– Et les écoles ? Eh bien quoi, on s'en est aussi occupé. La question a été renvoyée à la Commission des écoles. On voit bien que les communes ont depuis peu le monopole des pompes funèbres ; elles savent faire aux propositions embarrassantes des enterrements de première classe.

– À une prochaine séance, le maire annoncera, paraît-il, que Messieurs Liébaert et Triozon, délégués de la ville au bureau de bienfaisance, ont voté la laïcisation de cet établissement.

Ça me paraît dur, et à vous ?

Après tout ce n'est peut-être pas exact. Enfin, attendons la communication « précise ».

– Par exemple un vote auquel je ne m'associe pas, c'est celui que Monsieur Guichard a fait émettre à propos du budget des hospices. Je ne doute pas que les administrations n'aient su « gérer le patrimoine des pauvres en bon père de famille » mais je constate qu'il y a trop souvent à la porte des hospices des pauvres diables qui meurent faute de soins et qu'en vertu de je ne sais quelle ridicule économie on refuse de recevoir.

Bien gérer c'est une qualité, mais soulager tous ceux qui souffrent, c'est une vertu que ne paraissent pas possédze tous nos administrateurs.

Enfin la dernière séance du conseil sentait la Saint-Sylvestre. En guise d'étrennes on a offert aux contribuables beaucoup de promesses. Combien en tiendra-t-on ?

Louis Parassols

Un service d'éclairage éclairé qui n'éclaire pas

À la dernière séance du Conseil municipal, on a parlé du gaz et de l'électricité qui depuis quelques temps font des leurs. Comme pour illustrer la conversation, soudain l'électricité s'est éteinte et le gaz a formellement refusé de s'enflammer.

Je dois avouer que les « lumières » du Conseil n'ont pas été assez suffisantes pour percer les ténèbres et stoïquement, au milieu des rires et des lazzis du public, on a dû attendre le bon plaisir de Madame la Compagnie. Elle a daigné ne pas faire trop attendre.

C'est le moment ou jamais de poser à l'omnipotente Compagnie du gaz, concessionnaire pour 30 ans par la grâce de Monsieur Fabre, la question suivante :

Comment se fait-il qu'à certaines heures de la soirée, dans certains quartiers de la ville, les becs même incandescence n'éclairent pas ?

Rappelons pour mémoire que le cahier des charges oblige la Compagnie à avoir à l'usine une pression de 40 à 50 mm, de façon à ce que l'éclairage soit partout régulier.

Du moment qu'il a été constaté que certains jours sous pression n'étaient que de 25 à 26 mm, ne peut-on se demander si la faiblesse de l'intensité éclairante n'est pas due à la petitesse des conduites, ou manque de pression.

Est-ce la peine de demander aux services de contrôle de la ville d'exercer une surveillance ? Je crois que c'est parfaitement inutile.

Monsieur Dalchamps est trop occupé par ses expertises et ses projets d'assainissement des vieux quartiers !!! et son service à autre chose à faire que de contrôler.

En tout cas, il y a à Clermont un maire responsable. Il est vrai que s'il a autant de pouvoir sur tous les services que sur ceux de la police, nous connaissons d'avance la réponse.

Louis Parassols

Le scandale continue

Nous avons à plusieurs reprises protesté contre les agissements de nos gouvernants vis-à-vis de l'officier notoirement clérical et fonctionnaire et qui de ce fait recevait faveur sur faveur de la république qu'il méprise et combat.

Monsieur Dorlhac, le cravaché du 92e d'infanterie, après avoir été, pour la forme, envoyé à Saint-Étienne, et avoir obtenu, sans être malade, un congé de convalescence, vient de passer chef de bataillon !

Monsieur Giafferi, républicain, est toujours capitaine à Rodez.

Monsieur Dorlhac, réactionnaire, nommé chef de bataillon de Perpignan, a sollicité la faveur d'aller à Bourges.

Comme on a rien refusé un officier chouan, Monsieur Dorlhac, ira à Bourges.

Monsieur Giafferi, républicain, restera à Rodez.

Messieurs les Militaires professionnels sortis des jésuitières et descendants des héros ! de l'armée de Condé, trouvent ça tout naturel. Il serait peut-être temps, quitte à faire beaucoup de peine à Monsieur Dumont, que tout cela change dans l'intérêt même de la République.

Louis Parassols


Coups de patte

6 La « délation » a dû bon, paraît-il. Monsieur Dumont, qui naguère lancé du feu par les narines des qu'on prononçait devant lui ce mot fatal, ne dédaigne pas à l'occasion d'y faire appel.

Il craint que le discours du petit Ripolin de la mère Humbert, dont la Chambre a ordonné l'affichage, reçoive des maires républicains un accueil quelque peu réservé, et il invite ses lecteurs à lui « signaler » les mères qui ne feraient pas afficher le discours.

Or Monsieur Dumont s'indignait contre les républicains qui « signalaient » à leurs amis, dans des lettres privées, les officiers hostiles à la République !

C'est une entorse analogique, confrère.

-o- . La condamnation des antimilitaristes a remplit de joie Monsieur Dumont qui remercie le jury de la Seine de son « verdict réparateur ».

J'ai quelques petites observations à présenter à Monsieur Dumont, dont je m'excuse de ne pas partager l'enthousiasme.

« Le jury, écrit-il, acquitter Amilcare Cipriani… un étranger ».

– Erreur, Monsieur. Cipriani est français, en vertu du décret qui a octroyé ce titre à tous les étrangers qui ont combattu pour la France en 1870…. J'ajoute que s'il fallait avoir défendu la France les armes à la main ou seulement avoir porté le sac pour être français, il y a beaucoup de patriotes du parti de Monsieur Dumont qui seraient étrangers. Les curés, par exemple, qui sont aujourd'hui des chauvins fougueux, et qui n'ont pour la plupart endossé la soutane que pour éviter de revêtir l'uniforme.

– « C'est la justice du peuple qui a prononcé », écrit encore Monsieur Dumont. Autre erreur. Le jury des assises se recrute parmi les « notables » et non parmi les électeurs. La justice du jury et une justice de privilèges et de classe, une justice censitaire, et non pas la justice du peuple.

La justice du peuple, c'est le jury tiré au sort parmi les électeurs sans distinction de rang, de capacités ou de fortune.

Mais de celle-là, vous n'en voudriez pas. Vous en auriez peur.

-o- . « Dieu veuille, conclut Monsieur Dumont, que 1906 nous trouve tous unis, confiant et fort autour du drapeau que ces misérables Hervé voulaient planter dans le fumier ».

Erreur et mensonge, Monsieur Dumont, l'histoire du « drapeau dans le fumier ». Cette phrase trop fameuse, et – je vous l'accorde – indigne, n'a jamais été écrite par Hervé, et vous le savez bien, vous et tous vos confrères réactionnaires qu'il imprime tous les jours.

Mais puisque vous reprenez cette calomnie, que pensez-vous, Monsieur Dumont, de vos compatriotes bretons du Ploudaniel, de Lesneven et autres lieux… d'aisance, qui, il y a 2 ans, couvrirent d'ordures et de déjections, arrosèrent de purin et de… fumier humain les soldats français venus pour faire respecter la loi ?

L'armée « dans le fumier », ce sont vos amis les cléricaux de Bretagne qui ont inventé ça.

– Et puis, tenez, vous en abusez vraiment de la patrie et du drapeau. Où est-elle, la patrie des cléricaux ? En France ou à Rome ? Où est leur chef d'État ? Est-ce Monsieur *. Loubet ou le pape Pie X ?

Et quand au drapeau tricolore n'est pas à vous. En Vendée, sous la Révolution pendant la Terreur blanche de 1814 et de 1815, plus très près de nous Seize Mai, ce sont les républicains qui l'ont défendu contre votre parti contre votre parti.

De quelle couleur était, je vous prie, le drapeau de Monsieur de Chazelles qui fut votre candidat il y a 4 ans interrogation

-o- . Je viens de passer un bon moment. Je viens de passer un bon moment. C'est toujours à ce brave ami Dumont que je le dois, et c'est sa revue « 1905-1906 » qui me la procuré.

La revue de fin d'année, voilà un genre qui réussit à Monsieur Dumont'Texte en gras' ! Il gagnerait des millions à écrire pour les Folies Bergères…. Donc, Monsieur Dumont juge 1905 et vaticine sur 1906. Son article débute à peu près ainsi : « Ce n'est pas la joie qui est dans l'air, c'est l'inquiétude ».

Ah ! diable !…

Mais il se termine comme suit :

« Donc, à l'œuvre, et courage à tous ».

Allons ! ça va mieux.

Et savez-vous pourquoi Monsieur Dumont reprend courage en cours de route ?

Par ce que, « en Lozère, l'élection de Messieurs de Las Cases et Daudé est assurée ».

Vous m'en direz tant !

La Lozère, voyez-vous, il n'y a que ça. Quand ça marche en Lozère, y a du bon.

Monsieur Dumont s'occupe encore un peu de la Haute-Loire et de la Loire aussi, et il affirme que le succès de ses amis y est assuré. Nous verrons bien.

Mais pour le Puy-de-Dôme, bernique ! On ne le voit pas de la rue du Port.

Ah ! ce Puy-de-Dôme, quel sale département, tout de même ! Pas moyen d'y faire élire un seul calotin, même déguisé en libéral.

Vous verrez que Monsieur Dumont finira par nous lâcher, pour aller s'établir marchand de papier bénit à Marvejols. Et nous ne l'aurons pas volé.

-o- . Monsieur Dumont prend Monsieur Doumersous sa protection. Ne voit-il pas, pour cet ancien radical, aujourd'hui candidat de l'équivoque et de la réaction, une heureuse recommandation ?

Et savez-vous quelles qualités il découvre chez le Boulanger civil ? C'est notre compatriote et il a du talent.

Notre compatriote ? Il est vrai que Monsieur Doumer est né à Aurillac, il n'a jamais représenté que 2 départements : l'Yonne et l'Aisne. Et puis, ce ne serait pas une raison suffisante pour lui concilier notre estime : Monsieur Dumont est bien le compatriote de Gustave Hervé, ce qui ne l'empêche pas de le vouer chaque matin aux gémonies.

Quant au talent de Monsieur Doumer, vous savez, Monsieur Dumont, mieux eût valu ne pas en parler. Comme orateur, il est assurément inférieur à Monsieur *. Charles Dupuy, qui n'est pas fort. Et si vous voulez avoir une idée de son talent d'écrivain, lisez sa dernière œuvre, Le Livre de mes fils, dans tous les journaux de sacristie, Le Gaulois et La Croix en tête, ont publié des extraits ; son auteur décrite sera jamais la gloire de Hugo ni celle de Renan.

Il est vrai qu'il y développe des idées hardies, comme celle-ci par exemple :

« L'oisiveté est la mère de tous les vices ».

Mais elles ne sont pas de lui.

Ripp

Bouges scolaires

Pour faire suite à notre article paru dans le dernier numéro de l'Ami du Peuple, intitulé « Nos écoles », voici un extrait d'un autre article paru récemment dans les colonnes du Bloc Primaire, bulletin des instituteurs et des institutrices de France, ayant pour titre : « Bouges scolaires » :

« On exalte souvent les « Palais Scolaires ». On vante l'œuvre de la IIIe République qui a édifié de belles et nombreuses écoles sur les divers points du territoire. Certes, je ne nie pas les progrès accomplis. Mais, à côté de ces bâtiments qu'on décore aisément du nom de « Palais », combien de bouges, de locaux malsains où les élèves, où les maîtres vivent dans des conditions que condamne l'hygiène ? Combien de santés s'étiolent, combien de vies s'altèrent à jamais dans les classes trop étroites et mal aérées, humides…

La tuberculose fleurie dans les écoles insalubres, honte d'un État démocratique.

La loi punit les attentats à la vie humaine ; qu'on fasse le compte de ce que commettent les municipalités par leur incurie coupable, l'administration par son inertie et ses faiblesses.

Là encore, nous avons à nous protéger, à nous défendre nous-mêmes. Nous ne manquerons pas. Et la campagne contre les bouges scolaires sera une des premières qu'engagera le Bloc Primaire. Notre camarade Gombart, de l'Eure, a bien voulu se charger d'ouvrir le feu dans le prochain numéro. Je prie instamment tous ceux de nos collègues qui sont en mesure de nous documentersur cette question de vouloir bien le faire sans retard de façon à donner à l'enquête que nous ouvrons aujourd'hui toute l'ampleur et toute l'importance qu'elle doit avoir. Nous poursuivrons ensuite les sanctions nécessaires.

H. Murgier ».

Voilà qui est parlé net. L'appel de Murgier ne sera pas vain, nous en sommes persuadés.

Combien de communes, même des plus importantes – Clermont entre autres – pourrait prendre pour elle est sévère mais juste critiques cités plus hauts ? Mais il y a des citoyens à qui il suffit de discourir dans les distributions de prix ou solennité scolaire quelconque pour faire croire au public naïf que la question des écoles du peuple et, pour eux, primordial.

Assez de discours où les grands mots « Hygiène. Amour du peuple. etc. » sont prononcés à tout moment.

Assez d'eau bénite du cœur ; des actes.

G.Z.

Aubière

Agapes de ratapoils

L'abondance des matières nous a empêché de parler du fameux banquet organisé ces temps derniers par les ratapoils d'Aubière. Le prétexte de ces agapes était la fête de la société musicale la Gauloise. La musique est bonne, mais les opinions politiques de ceux qui la constituent ne valent pas grand-chose.

C'est un personnage de marque, Monsieur Dumont, de l' Avenir, qui, à cette occasion mémorable, est venu porter la bonne parole… clericafarde.

L'éminent (?!) orateur à parler de patriotisme, il a reproché à Monsieur Ferdinand Buisson d'être capitulaire. En effet, il avait dû passer en Suisse avec l'armée de Bourbaki.

Mais voyez ce que c'est que de ne pas mettre les gens au courant des situations locales. Si Monsieur Dumont avait regardé autour de lui, il aurait reconnu pas mal de vieux remplacés de l'Empire chez lesquels l'amour de la Patrie était tellement incarné qu'après le désastre de Sedan le gouvernement de la Défense nationale du leur envoyé la gendarmerie pour les contraindre à prendre les armes ! Il n'y a pas aujourd'hui de plus farouches patriotes et revancharde.

Les républicains d'Aubière ont bien ri de ce discours et de la bonne mine des convives qui dans le fond se demandaient si Monsieur Dumont ne se payait pas leur tête. Mais nos ratapoils sont incorrigibles.

Beaumont

Comité socialiste (SFIO)

Mardi 19 janvier, à 8 heures du soir, réunion générale du Comité socialiste.

Ordre du jour :

  1. . Lecture du procès-verbal de la dernière séance.
  2. . Renouvellement du bureau. Révision des statuts.
  3. . Punch offert aux délégués du Congrès de Thiers.

Présence indispensable de tous les membres.

Le secrétaire, J. Roux

À l'issue de la séance du 2 janvier 1906, les membres du comité socialiste présent à la séance ont voté, à l'unanimité, l'ordre du jour suivant :

« Les membres du comité socialiste révolutionnaire, considérant que l'article 10 des droits de l'Homme, reconnaît le droit à tout citoyen d'exprimer librement par écrit ou en paroles ses opinions. Déclarent que les poursuites engagées contre les signataires de la fiche dite antimilitariste et suivies de condamnations, constituent au plus haut degré, une violation des principes de la Révolution.

Protestent énergiquement contre ce procès de classe et demandent purement et simplement l'abrogation des lois scélérates qui permettent de pareils attentats contre la liberté de penser et se déclarent, en tant que socialistes, solidaires de l'affiche et passent à l'ordre du jour ».

Durtol

Qui a enlevé la grille ?

On a démoli la grille qui fermait l'ouverture du canal collecteur qui reçoit les eaux de Durtol.

Monsieur le maire pourrait-il nous dire s'il a donné des ordres pour rechercher les coupables ?

Nous sommes certains que Monsieur le maire ne voudra pas qu'on puisse dire qu'il y a à Durtol des privilégiés qui jouissent de l'impunité absolue et des boucs émissaires qu'on charge de tous les méfaits.

Vertaizon

Des garde-malades politiques

Un immense immeuble situé sur la principale rue, fut autrefois léguée par un individu quelconque à l'effet d'y installer des sœurs garde-malades.

La congrégation, toujours à l'affût des bons coups à faire, s'empressa de s'emparer de l'immeuble et d'y installer une école.

20 la loi supprimant l'enseignement congréganiste, loi que le bon Dieu, malgré sa toute-puissance et les prières de ses nonne, laissa tranquillement voter.

L'école fut donc fermée, mais comme nos bonnes sœurs tenaient autant à leurs belles demeures qu'à la future place au paradis, elles s'empressèrent de se qualifier garde-malades et sous l'œil bienveillant d'une municipalité républicaine, elles continuèrent à occuper le local et commencèrent leurs tournées politiques !!!

Elles vont bien en effet au chevet des malades, leur conseillant la résignation dans la souffrance, la prière envers le Très Haut pour remplacer le pain qui manque quelquefois.

Mais jamais ces garde-malades ne s'offrent pour préparer une tisane, soigner le malade, le veiller une nuit ou simplement nettoyer l'appartement où le malheureux croupit quelquefois dans l'isolement.

Je pourrais citer de nombreux cas où des malades habitants seuls non-tu pour tout ce court matériel que ce que le dévouement et le bon cœur des voisins leur a offert.

Les sœurs de Vertaizon ne sont donc pas des garde-malades et leur présence ici est absolument inutile, sinon nuisible, et je pense qu'il se trouvera bien encore au conseil municipal un citoyen capable d'ouvrir le débat à ce sujet.

Speich

Chauriat

Fête républicaine

Dimanche, la commune de Chauriat était en liesse, notre excellente société musicale l' Union démocratiquedonnait son banquet annuel fort bien servi à l'hôtel Cantarel.

La plus franche gaieté n'a cessé de régner pendant tout le temps du repas ou un grand nombre de membres honoraires assistait parmi lesquels notre ami le Docteur Claussat, toujours si dévouée à notre cause.

Au champagne, notre ami a fait une conférence au cours de laquelle il a tracé les grandes lignes du programme socialiste.

Pendant une heure, il a tenu son auditoire sous le charme de sa parole, et son discours souvent interrompu par de frénétiques applaudissements a produit surtout les assistants une excellente impression qui, naturellement, portera ses fruits aux prochaines élections législatives. Nous l'en remercions infiniment.

Pendant que l' Union démocratiqueva de l'avant dans le projet artistique et politique, la société les Vignerons de Chauriat exécute une marge rétrograde, sans doute pour ne pas rester sur place ; c'est ainsi que 15 jours avant, elle donnait aussi son banquet dit de la Sainte-Cécile et débuter le matin par une messe en musique.

Sous le joug des pseudo Déroulède et Syveton qui eux-mêmes agissent d'après les ordres du maire, un bourgeois autoritaire et méchant, cette Société dont tous les membres ne sont pas profondément réactionnaires, mais que la timidité empêche de s'affranchir de ce milieu de réaction, à accepter la honte d'assister à la messe pour la somme de 30 Fr. donnés par une des grandes zélatrices du rosaire.

Jeunes gens, mes amis, méfiez-vous car ces 30 Fr. sont les 30 deniers de Judas.

Après le banquet, l' Union démocratiquea donné un concert sur la place de Cessat où un nombreux public l'a souvent applaudi et a pu juger des progrès sensibles faits par cette société, sous l'habile direction de son excellent chef, le citoyen David.

Le concert a été suivi d'un bal qui s'est prolongé fort avant dans la nuit, tout le monde a été content de cette journée.

À l'encontre des Vignerons de Chauriatnous continuerons à avoir confiance dans l'avenir et à marcher dans la voie du progrès social et à crier à haute voix : « Vive la république sociale ! ».

Jacquilloux, Socialiste à Chauriat

Plauzat

Monsieur Lauzier

Dans la communication concernant la fête des sapeurs-pompiers et de la musique républicaine, notre correspondant a oublié de citer Monsieur Lauzier, receveur muraliste à Plauzat, dont l'attitude nettement républicaine et anticléricale mérite attention.

Il a droit pour sa fermeté à tous nos éloges et la critique de quelques calotins de Plauzat n'atteint pas sa botte.

Authezat

Est-ce de l'or ou du cuivre ?

Il y a quelques jours, la sœur du curé d'Authezat et le curé lui-même se rendaient chez l'épicier Bernard, où entre une pesée de leur et une de boudin, ils mettaient sur la balance, pêle-mêle, l'ostensoir, le calice et autre objets consacré du culte catholique !

Dans quel but, me direz-vous ? Voici : certains prétendent que le curé d'Authezat a si bon cœur qu'il voulait se rendre compte de la valeur réelle des objets qu'il est venu peser afin de renseigner exactement et d'éviter ainsi toute fatigue à l'employé chargé de l'inventaire.

Les mauvaises langues, et il y en a partout, prétendent au contraire qu'il pourrait bien se faire qu'à l'inventaire certains objets de valeur, or et argent, par une faveur spéciale du Très-Haut, se trouvent changés en objets dorés et argentés, afin d'échapper à la cupidité des hérétiques.

Manglieu

Protestation

Nous avons reçu de Messieurs Plagne, adjoint, Calamy, Montmory, Guillot, Benoît, Vaure, Fourvel, Bonhomme, Bard, Barrière et Borel, conseillers municipaux de Manglieu, une protestation contre l'entrefilet que nous avons publié dans notre dernier numéro sur l'attitude du maire de Manglieu.

Ils affirment le radicalisme « bon teint » de Monsieur Chassard. Nous leur donnons acte de leur protestation.

Riom

Plus personne

Comme son ami Henri Peyrot, le docteur Andraud ne trouvait devant lui aucun candidat réactionnaire pour lui discuter le siège de conseiller d'arrondissement du canton de Pontgibaud. Et aujourd'hui même, le candidat des républicains sera élu comme l'a été Monsieur Peyrot le 3 décembre, son concurrent, en groupant sur son nom les 2/3 des électeurs inscrits.

Comment les réactionnaires de ce canton, qui s'en croyaient les maîtres, peuvent-ils renoncer ainsi à la lutte ? Comment peuvent-ils laisser s'installer au conseil général un candidat qui s'est proclamé lui-même un fervent démocrates, partisans des réformes sociales, et au conseil d'arrondissement un candidat qui se proclame partisan de l'union des gauches, c'est-à-dire de cette politique du Bloc que la réaction dénonce avec fureur comme funeste au pays et menaçante pour la liberté ?

Manqueraient-ils d'hommes capables de mener la lutte ? Non, sans doute. Et Monsieur le comte de Pontgibaud qui vient d'être élu maire du chef-lieu, s'il ne peut lui-même être candidat, puisqu'il est, si je ne me trompe, conseiller général dans la Manche, pourrait pousser un de ses amis et mettre à son service l'influence de son nom et de sa fortune.

Et pourtant les réactionnaires se dérobent et ne manifestent leur tristesse et leur mauvaise humeur que par une héroïque abstention.

Que leur manque-t-il donc ? La confiance. Aussi longtemps que les républicains de ce canton sont restés indifférents et apathiques, la réaction a pu se croire maîtresse du terrain. Mais les idées démocratiques faisant lentement leur chemin et il a suffi que les républicains fissent un effort vers l'organisation et se choisissent des chefs autorisés pour qu'aussitôt leur force se révélât.

Les voici maintenant investi de la confiance des électeurs. La République, qui vient de faire dans cette région un progrès décisif, ne reculera plus.

A. V.

Une question au service vicinal

La dernière session du Conseil général du Puy-de-Dôme, Monsieur Bonnefoy, rapporteur de la 4e commission, constatée dans son rapport :

« Que l'entretien des chaussées avait été fait, dans tout le département, d'une façon normale et que des rechargements cylindrés admis sur tous les chemins qui ont à supporter un roulage important, avaient donné de très bons résultats ».

Or, si l'administration vicinale a fait procéder à ces travaux, il semble qu'elle aurait dû, en toute égalité, en faire profiter tous les arrondissements du département.

Il serait donc très intéressant de savoir notamment sur quelles routes de l'arrondissement de Riom, le cylindre a été envoyé.

En somme, si un crédit a été affecté au cylindre des routes, l'arrondissement de Riom, a-t-il, oui ou non, reçu sa part ?

La question est posée.

Certes, l'honorable rapporteur avait raison de préconiser l'emploi du cylindre pour l'entretien des chaussées et en démontrer l'utilité serait plutôt enfantin, mais franchement, peut-on espérer voir cette réforme s'accomplir bientôt dans le Puy-de-Dôme ?

Oui, Messieurs les agents-voyers, quand nous débarrasserez vous enfin de vos maudits cailloux, tranchants comme l'acier, qui émaillent si désagréablement nos routes en cette saison.

Un ! si ces malheureux chevaux pouvaient se faire entendre, croyez-le bien, Monsieur l'agent-voyer en chef, ils ne vous voteraient pas, eux, des félicitations que Messieurs les conseillers généraux. Ilq serait plutôt tenté de vous dire que, pour eux, et la masse ! vous avez le cœur aussi dur que vos cailloux.

Ennezat

Mœurs cléricales

Depuis une quinzaine de jours des élèves de l'école libre, à la sortie de classe, avaient pris l'habitude de cribler de pierre l'école laïque, risquant ainsi de blesser quelques-uns de leurs petits camarades.

En présence de la réprobation de l'opinion publique, ces actes blâmables ont cessé ; mais les habitants d'Ennezat se disent que si de tels procédés sont le résultat de l'éducation donnée par les bonnes sœurs sécularisées, le renseignement est loin d'être recommandable.

Nous espérons qu'il suffira de signaler ce fait à Monsieur le président de la Société d'enseignement libre d'Ennezat pour qu'il ne se renouvelle pas.

Chavaroux

Bave de curé

Le curé de Chavaroux bave à qui mieux mieux sur l' Ami du Peuple. – Se doute-t-il ce symptôme que nous nous moquons de lui et de sa sainte colère ?

Plus il rugira, plus il tracera son venin, plus il nous combattra, plus nous jubilerons. C'est la meilleure preuve que nous ne faisons pas les affaires du curé et que nous faisons celle de la République.

Bave curé, mon ami, ça soulagera ton cœur, et ça ne nous fera pas de mal.

Villosanges

Une demande à Monsieur le maire

À la session de mai, le Conseil municipal de Villosanges avait voté une somme de 60 Fr. pour réparations à l'école de filles. Nous demandons pourquoi Monsieur le maire n'a pas fait faire les réparations nécessaires et pourtant cette école est dans un état de malpropreté repoussante.

Le Quartier

Obsèques civiles

Lundis derniers ont eu lieu les obsèques purement civiles du citoyen Henri Gomot, décédé à l'âge de 78 ans. À cette occasion une importante manifestation a été faite par les républicains et les libres penseurs du Quartier et des communes environnantes. Plus de 350 personnes ont accompagné le défunt à sa dernière demeure. Étaient représentés les comités de Saint-Hilaire, par 20 membres ; Saint-Magner, Saint-Maurice, Teilhet, le Comité d'union socialiste révolutionnaire de Saint-Eloy-les-Mines, la section de la Ligue des Droits de l'homme, etc. Par contre, aucune personne de Pionsat, qui est cependant la localité la plus proche. Notons toutefois que le docteur Emmanuel Depoux, retenu près de son père malade, s'était fait excuser.

Le cortège était composé comme suit : en tête les drapeaux des différents comités, puis la municipalité à laquelle s'était joint le citoyen Depoux, premier adjoint de Saint-Eloy. Derrière le cercueil, les assistants, l'Églantine à la boutonnière. Beaucoup de d'hommes et de jeunes filles auxquels nous adressons toutes nos félicitations, suivaient le cortège qui s'est rendu directement au cimetière. Aucun incident ne s'est produit.

Sur la tombe, plusieurs discours ont été prononcés par les citoyens Roffet, Giron, Semonsut et Grand. Puis la foule s'est dispersée dans le calme le plus complet.

Espérons que l'exemple donné par le citoyen Henri Gomot portera ses fruits et que la plupart de nos compatriotes, répudiant les pratiques plus ou moins grossières, ne voudront plus d'autre guide que la raison.

Biollet

On réclame

Il y a 9 mois environ, l'Administration des postes a accordé un bureau à la commune de Biollet. Dire que l'on ne sait encore pas la date de l'ouverture ! Qu'attend l'Administration.

Saint-Eloy-les-Mines

Vols

Samedi, le 23 décembre, vers midi, pendant que Madame Marie Garret, épicière à la Roche, était occupé à servir des clients, une femme Gilberte Fayard, âgé de 35 ans, ménagère à Teilhet, entra dans le magasin et s'empara d'une bouteille de Malaga qu'elle dissimula sous son châle ; Madame Garret ayant vu ce manège, fit des observations à cette peu délicate acheteuse, mais celle-ci sortie précipitamment et s'enfuit. Poursuivi par Garret, elle fut arrêtée par Monsieur Trizat.

En route, elle avait eu le temps d'enfouir les bouteilles de Malaga dans une pile de fagots, mais un jeune homme l'avait aperçue ; il rapporta la bouteille à sa propriétaire.

Tribunal correctionnel de Riom. – Audience du 30 décembre

Jean-Louis D…, 24 ans, à Youx, et Michel B…, 23 ans, au même lieu, sont inculpés de bris de vitre. Le 13 décembre, à 11 heures du soir, D… et B… se rendait devant l'habitation de Madame veuve Bonnet, à Pigoil, commune de Saint-Eloy, frappaient à la porte et demandaient à entrer.

Cette dame ne leur ouvre pas assez vite, D… et B… l'injurièrent et brisèrent ses vitres à coups de pierres. Le tribunal acquitte B… et condamne D… à 16 Fr. d'amende avec sursis.

Vols

Dans la nuit du 1er au 2 janvier de nombreux vols de lapins ont été commis au préjudice de Monsieur Berthon et de Monsieur Gasse, cité de la nouvelle mine, et à la Roche chez Monsieur B….

Les auteurs de ces vols sont inconnus, mais espérons que la police mettra fin à ces vols qui se produisent journellement à Saint-Eloy.

Lapeyrouse

Ordre du jour

Les membres du groupe d’Études sociales de Lapeyrouse, réunie le 24 décembre :

Envoient aux prolétaires aux prolétaires russes qui luttent là-bas avec avec tant d'énergie contre l'autocratie et le tsar assassin de son peuple, l'expression de leurs encouragements et leurs vives sympathies et souhaitent ardemment la victoire définitive de ce peuple opprimé qui, en brisant ces chaînes, préparera à l'Europe entière un avenir de liberté.

À bas les monarques !

Thiers

Congrès de la Fédération socialiste du Puy-de-Dôme

Dimanche 7 janvier aura lieu le 2e Congrès de la Fédération socialiste du Puy-de-Dôme (SFIO).

Les travaux commenceront à 8 heures du matin à l'Hôtel de Ville. Pourront assister aux séances du Congrès, les membres du Parti et les travailleurs syndiqués, sur présentation de leurs cartes

-o- . Le soir, à 8 heures, au Théâtre, Grande conférence publique avec le concours des citoyens :

-o- . Une pétition. – L'Union des Syndicats ouvriers de Thiers mission pour protester contre l'arrêté préfectoral relatif à l'abattage des bestiaux. Elle est ainsi conçue :

Les soussignés, considérant que l'abattage et le dépeçage des ports dans les rues de la ville un usage plusieurs fois séculaires et par conséquent un droit :

Considérant que l'arrêt interdisant cet abattage porte un préjudice grave à la grande majorité des habitants et particulièrement à de nombreuses familles ouvrières ; que ces habitants n'usent du droit d'abattage que pour faciliter leurs moyens d'existence déjà précaire ; considérant, d'autre part, que l'hygiène et la propreté des rues peuvent être particulièrement sauvegardée sans cette interdiction absolue ; que, par conséquent cette mesure apparaît généralement comme arbitraire, vexatoire et par trop rigoureuses ;

Ont l'honneur de demander à Monsieur le maire de vouloir bien examiner à nouveau la situation de gêne que créerait l'application de cet arrêté et de le rapporter aussitôt que possible ». , -o- . Élection au conseil des prud'hommes. – Le camarade Jean Ecole-Duclos, candidat présenté par la bourse du travail au scrutin de ballottage de dimanche dernier, a été élu à son tour, dans la 3e catégorie (industries diverses).

-o- . Une lettre de Monsieur Guillemin. – À Monsieur Alexis Vedel secrétaire de la Bourse du Travail à Thiers

Je ne voudrais pas abuser de la bienveillante hospitalité de l'Ami du Peuple pour rencontrer ses colonnes d'explications entre républicains aussi sincèrement attachés l'un que l'autre, à la noble cause de l'instruction populaire. Il y a mieux à faire pour eux que creuser des fossés entre citoyens appelés à marcher ensemble dans les luttes prochaines contre l'éternel ennemi des Travailleurs et du Progrès social, j'ai nommé le Cléricalisme.

Mais, dans votre réplique, vous avez donné encore, sur mon œuvre scolaire, pendant que j'étais maire de Thiers, des renseignements dont votre jeunesse (heureuse excuse) explique les inexactitudes. Et, je tiens énormément avoir conservé à mes actes la valeur et l'importance qu'ils ont eues à leur époque, puisqu'ils m'ont valu l'honneur d'être désigné tout spécialement aux vengeances réactionnaires, je vous prie de me permettre de rappeler ce que j'ai fait pour l'instruction publique dans la commune de Thiers.

Quand je suis arrivé à la mairie, en 1878, il y avait en totalité 2 écoles primaires laïques : l'une pour les filles, l'autre pour les garçons, recevant exactement chacune 60 élèves. Celle des garçons n'avait ni cours ni préau, celle des filles était dans un bâtiment en ruines ; la directrice en était réduite à y chercher, vainement d'ailleurs, une chambre ou elle pue mètre son lit à l'abri des gouttières ! Tout le reste était entre les mains des congréganistes.

Malgré l'opposition que je trouvais de couteau côté dans la population, dans l'administration supérieure et jusque près des pouvoirs publics, je parvins, après avoir laïcisé, avant la loi, les écoles de garçons, à établir 11 écoles en groupe scolaire et y faire venir les 1600 enfants que j'y ai laissé en 1900.

Vous ne pouvez pas avoir entendu les protestations furieuses qui s'élevèrent contre ces palais scolaires qui, trop grands, ne devraient jamais être garnis d'élèves ! Je les trouvais, moi, trop petit… j'avais confiance dans la durée de la République qui subissait alors de si rudes assauts.

J'avais raison, à ce moment, contre tous ; mais j'avais aussi un regret, celui d'journée, faute de ressources comme refuser, bien des améliorations que je jugeais, dès cette époque, comme le complément nécessaire des écoles primaires.

Ces premières installations terminées, je m'occupais de la reconstruction de notre vieux collège qui ne pouvait plus recevoir les pensionnaires qu'on y envoyait.

Un de ses anciens régents, Monsieur Audembron, avait légué à notre ville un immeuble, à charge par celle-ci d'en servir les revenus à 2 ou 3 professeurs des plus hautes classes du collège, en augmentation de leurs appointements. Cette faveur avait pour but d'assurer un meilleur recrutement des titulaires ; mais, d'autre part, la disparition du collège devait entraîner la perte de ce legs.

D'accord avec Monsieur Bourget, recteur de l'académie, j'étudiais une combinaison qui permit d'assurer à perpétuité à la ville de Thiers la propriété du legs Audembron et je le fis accepter par le ministère de l'instruction publique. Le collège fut reconstruit sur le terrain Audembron, il lui fut donné le nom du généreux donateur ; les droits des professeurs bénéficiaires furent fixés par un traité et d'état consenti à prendre pour 80 000 Fr. la valeur de l'emplacement comme apport de la ville. Il accorda en outre une subvention de 200 000 Fr. pour que cette construction fut faite d'après les plans dressés sur les indications d'un architecte du gouvernement.

De telle sorte que cet établissement très grand, très hygiéniquement établi, n'a coûté à la commune que la somme de 117 000 Fr. Et comme il a été laissé à la libre disposition de la ville de Thiers tous les bâtiments de l'ancien collège, où, après quelques réparations, on a pu installer l'école primaire centrale de filles, salles d'asile, une grande salle de gymnastique, la Bourse du travail, etc. dont la valeur totale est presque équivalente à la part de la ville dans la construction du nouveau collège, on peut dire que celui-ci n'a rien ou presque rien coûté à la commune.

Il faut ajouter que je profite du passage au ministère de l'instruction publique d'un ami de Monsieur Duchassaint, Monsieur Allières , actuellement président du Sénat, pour obtenir, dans une audience qu'il me donna, l'approbation d'un traité aussi avantageux et la subvention extraordinaire de 200 000 Fr. que nous n'aurions jamais pu obtenir depuis.

Après ces quelques renseignements, peut-être conviendrez-vous que je n'ai pas fait cette reconstruction dans un moment inopportun.

Il serait à souhaiter que notre ville fit souvent des opérations aussi productives et que ces municipalités ne commettent pas d'autres sottises.

Il ne m'a jamais déplu, Monsieur Alexis Vedel, de m'entretenir avec vous, soit verbalement, soit autrement ; mais, quelque plaisir que nous puissions trouver dans nos discussions, toujours courtois ailleurs, je ne vois pas quel intérêt elles peuvent présenter au public. Aussi le sujet me paraissant à peu près épuisé, vous voulez bien me permettre de glorifier. Veuillez agréer, Monsieur Alexis Vedel, l'assurance de ma parfaite considération.

Guillemin

Champeix

Violation de sépulture

Notre sympathique magistrat s'arroge tous les droits et tous les pouvoirs. Il ne se contente pas de faire arrêter ce qui ne lui plaisent pas, il fait aussi balader les morts. Il paraît qu'il a, l'autre jour, fait déterrer une personne décédée depuis quelques mois à peine et fait transporter le cadavre dans une autre place. Tout cela sans aucune formalité judiciaire et sans le consentement de la famille, et même malgré les protestations de la famille.

Nous nous empressons de signaler à l'administration c'est odieux abus de pouvoir qui vient s'ajouter à tant d'autres.

B. T.

Brassac-les-Kines

Formation d'une coopérative de boulangerie

Depuis longtemps déjà, les habitants des communes voisines, Sainte-Florine, Lempdes, Auzon, ont le bonheur de ne payer le pain que 0,30 Fr. kilos. Pourquoi nous, habitants de Brassac, continuons-nous à le payer 0,35 Fr. le kilo ? Dans une cité ouvrière comme la nôtre où par suite de l'exploitation capitaliste les ouvriers ont de la peine à vivre, il serait nécessaire que le prix du pain ne soit pas exagéré.

Dans ce but un groupe de citoyens ont décidé de fonder une coopérative de boulangerie est déjà un grand nombre d'habitants de Brassac ont adhéré à cette œuvre.

Tous ceux qui désirent faire parti de la coopérative, c'est-à-dire tous ceux qui veulent manger le pain à 6 sous, sont priés de se faire inscrire dimanche prochain. Ce jour, le bureau sera en permanence à partir de 3 heures, dans la salle de la mairie.

Nous pensons que la coopérative pourra commencer à fonctionner dans les premiers jours de février.

Le bureau

Job

Un ordre du jour

Le 31 décembre 1905,30 citoyens radicaux socialistes de Job se sont réunis au chef-lieu de la commune et ont voté l'ordre du jour suivant :

« Considérant que dans un récent débat à la Chambre des députés, l'affichage dans toutes les communes de France d'un discours de Monsieur Paul Deschanel sur la question patriotique, a été voté ;

Considérant que presque tous les députés du Puy-de-Dôme se sont abstenus de voter cet affichage et que Monsieur Sabaterie, député de l'arrondissement d'Ambert, est du nombre ; considérant qu'il ressort de toute évidence des agissements de la réaction cléricale est ploutocratique, presque toujours masquée derrière le nom de certaines personnalités vendues ou à vendre ; que ladite réaction plus que jamais le patriotisme comme elle a exploité l'affaire Dreyfus contre la République laïque et la liberté ;

Considérant que dans l'affaire Dreyfus et des faussaires de l'état-major, Monsieur Deschanel n'a jamais combattu, dans les rangs de véritables patriotes républicains pour la manifestation de la vérité de la justice ;

Félicitent leur député, Monsieur le docteur Sabaterie de s'être abstenu dans cette question d'affichage ».

Politique et social

Politique

Parti socialiste – SFIO

Pour le 22 janvier

Appel du Secrétariat du Oarti socialiste

Le Secrétariat du Conseil national du Parti socialiste (SFIO), en communiquant à toutes les Fédérations du parti en France le manifeste du Bureau socialiste international pour la manifestation du 22 janvier y joint l'appel suivant :

La commission administrative permanente du Parti socialiste s'associe de toute son énergie à l'appel du bureau international.

Elle invite toutes les Fédérations du Parti, toutes les sections, tous les groupes, à faire leurs devoirs en ce jour historique.

Elle estime qu'il n'est pas un groupe, qui ne puisse, à cette occasion, manifester, joindre son geste à la grandiose manifestation qui s'accomplira dans tout l'univers civilisé.

La manifestation doit être éclatante ; elle le sera.

Pour cela, que font-ils ?

Il faut et il suffit que Fédérations, sections et groupes agissent par eux-mêmes, créant chacun dans leur sphère une agitation qui entraîne tous les prolétaires et les oblige moralement à se solidariser en ce jour avec les héroïques prolétaires de Russie, en marche vers leur émancipation.

L'organisation centrale ne peut en cette circonstance, se substituer aux unités régionales ou locales du Parti. C'est à elles, avec leurs ressources propres, leurs orateurs, leurs militants, assurer la manifestation. La Xommission administrative, sans doute, fera tout le possible pour leur venir en aide, mais elle ne pourra leur apporter qu'un faible., Tous les orateurs, les députés au même titre que les autres, étant appelé à organiser, dans leurs Fédérations et leurs localités respectives, la démonstration qui partout s'impose.

Les orateurs dont disposera la Commission seront envoyés aux sections qui en feront la demande et assumeront la charge de leurs frais de déplacement. Ces orateurs, s'ils sont députés, seront plus particulièrement réservés aux Fédérations qui n'ont pas, pour leur part, de représentants à la chambre.

Ainsi, camarades, tous debout, tous à l'œuvre ! qu'aucun d'entre nous ne regardent s'il est soutenu, entraidé, qu'il agisse de lui-même, par lui-même dans sa ville, son village, son hameau. Ce qu'il faut, c'est que partout où il existe, ne serait-ce qu'un groupe d'une dizaine de militants, il y est quelque chose le 22 janvier.

Si le groupe ne peut tenir un meeting, donner une conférence, manifestée par un cortège, dans les rues ou sur la place, qu'il se borne, dans une salle, à une causerie, voir même à une lecture où le récit sera fait de la lutte héroïque de nos camarades russes. Si une réunion familiale à plus de chances de réussite, va pour la réunion familiale. Là où le discours révolutionnaire ne peut être prononcé que la chanson révolutionnaire prenne sa place. Le Socialiste publiera, au surplus, à la veille de la manifestation, un article exposant l'organisation des partis socialistes en Russie et les efforts accomplis jusqu'ici par le Parti de la Révolution, article qui permettra aux conférenciers de se documenter suffisamment.

Luca, quelque soit l'ampleur de la manifestation, son caractère, ses conditions, 2 choses soient faites

D'abord qu'une collecter lieu au profit des combattants de la Révolution russe pour leur fournir du pain, les munitions de toute nature dont ils ont besoin dans leur grande épreuve ;

Ensuite que partout soit voté le même ordre du jour de reproduction réprobation, de solidarité passionnée et admiratrice avec les morts du 22 janvier, avec leurs frères survivants qui continuent l'âpre combat pour la Liberté.

À cet effet, la Commission administrative enverra en temps utile à toutes les Fédérations le texte de l'ordre du jour qui aura à être voté par tout le même.

En attendant, et dès aujourd'hui, la Commission administrative recommande instamment aux Secrétaires fédéraux de transmettre un exemplaire du présent appel à chaque secrétaire de section ou groupe.

Il convie que tous les Camarades du Parti aient été avertis pour que chacun à son tour puis c'est rentré en ligne son groupement et déterminer ainsi dans le pays entier une démonstration sans pareille qui dira au gouvernement de Russie, comme au gouvernement de France et de partout, où vont nos sympathies ardentes et nos souhaits de victoire.

La Révolution russe est la nôtre. C'est le prologue de la grande Révolution qui brisera les chaînes du prolétariat universel et lui donnera le monde en partage.

Attestons-le à la phase de nos maîtres, alliés et complices des maîtres de là-bas, en un jour où l'Internationale tout entière va se lever pour clamer sa haine et son espérance.

Pour la Commission administrative permanente : Le secrétariat: Louis Dubreuukh, Bracke, P. Renaudel

===== Bulletin fédéral =====$

Le Comité fédéral s'est réuni le dimanche 31 décembre, à 9h30 du matin, sous la présidence du citoyen Bourbon.

Étaient présents : les citoyens Orfeuvre, Pichon, Parassols, Rochon.

Excusés : les citoyens LimouZin, Morel et Vedel.

Lecture est donnée de la correspondance (Conseil national et Groupe d'actions socialistes révolutionnaires de Clermont).

Saisie d'une demande d'adhésion au Parti par le Comité socialiste révolutionnaire autonome, le Comité fédéral décide de renvoyer la question à l'examen du Congrès fédéral de Thiers

Le secrétaire fédéral est chargé d'aviser le secrétariat de cette organisation qu'il a pour devoir de présenter une demande régulière contenant l'engagement de se soumettre aux décisions du Comité fédéral, des Congrès fédéraux, nationaux et internationaux.

Avant de se séparer, le Comité fédéral vote l'ordre du jour suivant :

« Le Comité fédéral proteste contre le verdict de haine rendue par le jury de la Seine contre les signataires de l'affiche adressée aux conscrits ;

Cette décision de justice qui frappe des hommes qui en régime républicain ont exprimé leur pensée en toute liberté et en toute conscience, constitue une violation formelle de la liberté de penser et d'écrire, elle caractérise la haine de la classe bourgeoise vis-à-vis de la classe ouvrière. »

La séance est levée à 11 heures.

Le secrétaire fédéral








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