31 Décembre 1911

De Entre plaine et volcans
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Sommaire

National

Informations Politiques et Parlementaires – Mouvement Social – Nouvelles de l'Extérieur – Tribunaux et faits divers

Jeudi 21 décembre

Les officiers de la Liberté

Le conseil de guerre de Toulon a prononcé aujourd'hui son jugement dans l'affaire de la catastrophe de la Liberté.

Le Liberté

Les 4 aux officiers prévenus, parmi lesquels le commandant Jaurès ont été acquittés.

Un garçon de recettes assassiné

Un garçon de banque, nommé Caby, a été assassiné en plein jour, à Paris. Une automobile à remporter les bandits.

Vols dans les églises

Le parquet de Morlaix s'est rendu à Locquenolle, où le tabernacle de l'église a été fracturé ; un ciboire d'une valeur de 150 Fr. a été enlevée. À Sizun, des malfaiteurs ont également pénétré dans l'église. Les tiroirs de la sacristie ont été ouverts.

Guerre Italo-Turque

À Djerno, un bataillon d'alpins avec des mitrailleuses se trouvait sur un plateau pour protéger lorsqu'il fut attaqué par une vive fusillade. Les troupes italiennes ont eu 3 morts et 21 blessés. Les pertes turques doivent être du double.

La terre tremble à Breslau

On a enregistré un fort tremblement de terre qui a duré 1h30

Vendredi 22 décembre

La tombe de Lantelme profanée
Geneviève Lantelme

Dans le but de s'emparer des bijoux qu'ils pensaient être dans la tombe de Mademoiselle Lantelme, d'audacieux malfaiteurs ont pénétré dans le cimetière et ouvert le cercueil de la pauvre artiste.

L'assassinat du garçon de recettes

L'automobile des bandits qui ont attaqué le garçon de recettes Caby a été retrouvé, abandonnée, sur la plage de Dieppe.

La guerre Italo-Turque

Les Turcs et les Arabes ont attaqué la ville de Zanzoux et les Italiens ont dû évacuer cette localité. Ils auraient perdu 40 morts dont 3 officiers et aurait eu plus de 300 blessés. Les Turcs et les Arabes auraient eu 9 morts et 40 blessés.

Le conflit Russo-persan

On annonce que la perse a accepté verbalement les demandes de la Russie.

Le mouvement ouvrier anglais

La Fédération des mineurs de Grande-Bretagne a mis aux voix la grève nationale pour faire admettre le principe de minimum de salaire pour tous les travailleurs du tréfonds.

Samedi 23 décembre

Déraillement dans le Nord

A la suite d'une fausse manœuvre, un wagon de marchandises a déraillé vers 2 heures, hangar de Frethun (Pas-de-Calais).

Le Congrès des Jeunesses polonaises

Aujourd'hui, à 2 heures, à Paris, s'ouvrira, le 11e congrès des Jeunesses progressives polonaises à l'étranger. Ce congrès durera 5 jours.

Spéculateurs affameurs

Le syndicat des représentants des farines et des patrons boulangers de Perpignan s'étant concertés pour élever le prix du pain, des particules et certains maires ont porté plainte auprès des différents parquets. Le parquet de Perpignan centralise les plaintes et a ouvert une instruction judiciaire.

Une mine inondée

À Wizon, une mine a été inondée pendant que 200 mineurs travaillaient dans le tréfonds. Ils ont cependant été sauvés, à l'exception d'une douzaine qui manquent encore.

La révolution chinoise

Le gouvernement craint que la conférence de paix n'aboutisse pas. Les révolutionnaires se préparent à marcher vers le Nord, dans la direction de Pou-Kéou.

Dimanche 24 décembre

Mort du citoyen Sandras

On annonce la mort du citoyen Henri Sandras, maire socialiste de Caudry.

Une grève d'avocats à Oran

À la suite d'incidents qui eurent lieu lors du procès Sabatier, les avocats de cette ville viennent de décider de ne plus plaider jusqu'à nouvel ordre devant la juridiction militaire.

Les instituteurs du Rhône

Les instituteurs du Rhône, réunie à Lyon, ont tenu une importante réunion pour protester contre la peine de censure infligée au citoyen Léger, secrétaire du syndicat des instituteurs de ce département.

Les Espagnols au Maroc

On signale que 4 autres soldats espagnols ont été blessés et que 8 ont été tués au cours du combat du 22 décembre.

La guerre italo-turque

Dans la nuit du 22 au 23 décembre, les Turcs mettant à profit l'obscurité, ont attaqué le blockhaus italien, mais ils ont été repoussés avec perte, 5 Italiens blessés.

D'autre part, on annonce que le gouvernement turc a ordonné la fermeture des banques italiennes à Constantinople.

Une grève des terrassiers au Mans

À la suite du renvoi de 3 terrassiers occupés à la réfection des voies de l'Ouest-État, sur la ligne du Mans à Angers, 130 ouvriers se sont mis en grève.

Lundi 25 décembre

Le conflit russo-persan

La nouvelle nous parvient de Téhéran que le régent, d'accord avec le cabinet, a décidé de dissoudre un parlement coupable d'opposer son irréductible et fière résistance à la menace de la Russie.

À Tauris, les Russes ont massacré 500 persans dont un grand nombre de femmes et d'enfants.

Une ville menacée par la mer

La petite ville de Sainte-Marie de la mer, en Camargue, et dans une situation critique et sur le point d'être envahi par la mer.

La digue qui la défendait est maintenant dépassée par les flots qui avancent vers la ville par une marche régulière de 9 m par an.

Un tramway tamponne un omnibus

Un omnibus de la ligne Louvre-Saint-Fargeau a été tamponné hier soir, dans l'avenue Parmentier, par un tramway de la ligne Opéra–Les Lilas. 8 voyageurs ont été contusionnés.

Mort de Monsieur Mariéton

On annonce de Nice, la mort de Monsieur Paul Mariéton, un félibre notoire qui a publié une série de récits de voyages, d'études critiques, de volumes en vers qui ne sont pas sans mérite. Il était né à Lyon en 1862.

Paul Marieton
Barbarie musulmane

On signale l'assassinat de 6 musulmans dont une femme près de Salonique. Les cadavres étaient horriblement mutilés. On suppose qu'il s'agit de représailles contre les fauteurs des événements d'Ichtip.

Mardi 28 décembre

Les exploits d'un policier

Aujourd'hui a comparu devant les assises de la Seine, l'ancien policier Warzé et un de ses complices nommé Jacquin. Ces 2 personnages se livraient. Les débats ont révélé que l'ancien inspecteur Warzé était non seulement un voleur mais aussi un souteneur.

Le Bris devant le conseil de guerre

Le soldat Le Bris, ouvrier à l'arsenal de Brest, qui avait refusé de rejoindre son corps au moment de son incorporation, a comparu aujourd'hui devant le conseil de guerre de Nantes. Il a été condamné à un an de prison.

Les victimes de la tempête

3 nouveaux cadavres ont été découverts à Saint-Gildas, un autre a été découvert à l'Ile aux Moines, un cinquième à Sarzeau.

Tombeau royal profané

La tombe du père du roi de Serbie, au cimetière de Saint-Marx, à Vienne, a été profané. La tête du prince a disparu.

L'assassinat du garçon de recettes

Les bandits auteur de l'assassinat du garçon de recettes n'ont pu être découverts.

La révolution chinoise

On annonce que le délégué impérial à la conférence de Shanghai a opposé un refus catégorique à la proclamation de la République. Il se déclare partisan d'une monarchie constitutionnelle.

Mercredi 28 décembre

Le scandale de Montmartre devant la correctionnelle

Monsieur Flachon et sa maîtresse ainsi que 19 autres prévenus ont comparu devant la 8e chambre, assisté de leurs avocats, Mes Varenne et Henri Robert.

Au nom de son client, Me Varenne a demandé que les débats soient publics. Les autres défenseurs ont également déposé des conclusions dans le même sens. Sur la réquisition du procureur de la République, le huis-clos a été prononcé. Les débats continueront demain.

Le policier cambrioleur

La cour d'assises de la Seine a rendu son arrêt dans laquelle se trouvait mêlé le policier-cambrioleur Warzé. Celui-ci a été condamné à 7 ans de réclusion et 5 ans d'interdiction de séjour. ses co-inculpés ont été condamnés à des peines variant entre 5 ans de prison et 5 ans de travaux forcés.

L'affaire d'Oudjdaa

Le tribunal consulaire siégeant à Oudjdaa à acquitter Messieurs Destailleur, Lorgeau, Ben-Nacef et l'interprète Martineau. Il s'est déclaré incompétent dans l'affaire Pandori qui est renvoyé devant la cour d'Aix.

Le parti radical et Monsieur Doumer

Le bureau du comité exécutif du parti radical et radical-socialiste à désavouer la candidature de Monsieur Doumer à l'élection sénatoriale de la Corse. Il a désigné 2 parlementaires pour combattre Monsieur Doumer.

Un dirigeable allemand avarié

Le dirigeable militaire Parseval, qui se rendait de Bitterfeld à Berlin et qui atterrit au cours de route a dû être démonté par suite de nombreuses avaries.

L'Erreur Allemande

La Chambre a voté sans enthousiasme l'accord franco-allemand. Vote de résignation, signature donnée de mauvaise humeur, comme ferait un plaideur qui transige avec le regret de n'avoir pu aller jusqu'au bout du procès.

Ce n'est pas que « l'affaire » soit mauvaise, puisqu'affaire il y a. Mais ce n'est qu'une affaire, et il a fallu la conclure avec un voisin grincheux, sans même avoir la consolation de se dire qu'après tout c'est l'autre qui a été roulé.

Après comme avant l'accord, nos rapports avec l'Allemagne manqueront de confiance et de cordialité. Ceux qui avaient voulu voir dans le traité un signe de réconciliation prochaine ou tout au moins un symptôme de rapprochement, ceuc qui avaient annoncé cette bonne nouvelle au monde, Monsieur Caillaux bien que Vaillant, Sembat et Jaurès, ce sont également trompés, au moins pour quelques temps. Entre l'Allemagne et nous le grand malentendu n'est pas encore dissipé, ni près de lettres ; le fossé reste béant, et sur le pont conduit à jeter on ne passera guère…

Et pourtant, il était hors de doute que, du côté allemand, beaucoup de gens désiraient passionnément un rapprochement durable des 2 peuples et guettaient l'occasion. Les voilà tout déconfits. Soyez sûrs qu'ils ne comprennent rien à ce qui leur arrive : « Ces Français sont extraordinaires ! doivent-ils se dire aujourd'hui. Nous les installons au Maroc, et ils ne nous remercienr pas ? ». Eh ! non, et ce n'est pas à cause de ce que vous croyez. Vous nous avez fait payer notre « désintéressement » – oh ! l'ironie des mots !

De cela, sachez-le, les Français ne vous auraient pas tenu rigueur. Nous autres, en affaires, nous sommes un peu légers et nous oubliions facilement les « crasses » qu'on nous fait.

Mais ce que nous pardonnons moins, ce sont les gros mots et les gestes de menace. Vous cherchiez une occasion de nous plaire, et vous nous faites le coup d'Agadir ! Vous arrivez chez les gens pour proposer un arrangement, et vous entrez le chapeau sur la tête et la trique au poing. Mauvaise entrée, mauvaises manières. Vous aurez beaux ensuite vous découvrir et poser votre canne dans un coin. L'impression reste et vous passez pour un mufle.

Voilà l'erreur zllemande, l'erreur d'hier. Du débat sur le Maroc un rapprochement pouvait naître, qui eut grandement profité à la paix du monde, si les Allemands, qui ne voulaient pas se montrer généreux, avaient su au moins se montrer polis.

Je ne veux pas dire par là qu'ils auraient réussi du premier coup. Car le malentendu est plus profond et plus ancien. Il date de la dernière guerre.

Rassurez-vous : je ne vais pas demander aux Allemands de nous rendre l'Alsace-Lorraine. Ils ne le peuvent pas. Mon avis est que, si c'était à refaire, il nous demanderait autre chose ; mais ces faits et ils ne peuvent pas renoncer à leur conquête. Je ne veux pas davantage menacer l'Allemagne d'une guerre de revanche. J'aime trop mon pays pour lui souhaiter pareille épreuve.

Ce que je reproche aux Allemands, c'est d'abord l'abus de leur victoire, le mauvais goût déplorable qu'ils mettent à la rappeler toujours. Les Français qui vont en Allemagne ne peuvent pas faire dis pas dans n'importe quel village de l'empire sans se heurter à quelque monument « lomossal » élevé à la gloire du vainqueur. C'est généralement laid, et c'est toujours violent et brutal. Les peuples victorieux manquent de modestie et nous avons fait la même chose. Mais nous l'avons fait plus discrètement, sans provocation et sans haine. Les Allemands, eux, ont célébré leur victoire d'un jour avec plus d'éclat que les Romains ne l'auraient fait pour avoir conquis le monde. L'erreur des Allemands, c'est encore de n'avoir pas su donner plutôt, libéralement, largement, à leur conquête une place honorable dans l'empire. Ils ont mis 40 ans pour accorder à l'Alsace-Lorraine une Constitution – et quelle Constitution ! – 40 ans pendant lesquels ils ont usé envers les populations annexées des procédés les plus vexatoires de la tyrannie. Cela, la France, j'en suis sûr, ne l'auraient pas fait. Et elle ne peut pas l'oublier.

Si l'Allemagne avait su donner à l'Alsace-Lorraine, aussitôt sa conquête assurée, des libertés au moins égales à celles des États allemands, les provinces annexées, au lieu d'être une barrière, aurait pu devenir un trait d'union entre les 2 peuples.

L'orgueil prussien ne l'a pas permis. Il a voulu faire de l'Alsace-Lorraine une nouvelle Pologne. Erreur encore : les peuples modernes ne supportent plus la brutalité du vainqueur.

Tout est donc à recommencer, mais rien n'est perdu. La détente est encore possible entre la France et l'Allemagne : il ne manque à celle-ci, pour ce faire estimer de tous et se rendre supportable à tous, que de savoir parler moins au et d'apprendre à sourire…

Des élections générales vont avoir lieu dans quelques jours en Allemagne pour le renouvellement du Reichstag. On prévoit une victoire sans précédent du parti socialiste, qui doublerait le nombre de ses sièges.

C'est peut-être le premier acte d'une évolution du peuple allemand vers la liberté. Avec le peuple allemand, l'entente se fera un jour ou l'autre. Avec le Kaiser et sa diplomatie prussienne, elle sera plus difficile.

Alexandre Varenne

Échos

-p- . Un colonel regardait les soldats de son régiment tirer à la cible. Son attention était retenue surtout par les exploits de jeune homme extrêmement myope qui – un peu au hasard, autant que possible dans la direction de la cible. Tout à coup, le bouillant colonel bondit vers le soldat, furieux et menaçant.

– Est-ce ainsi qu'on tire ? Est-ce là tirer ? dit-il. Depuis que je suis militaire, je n'ai jamais vu un homme tirer aussi mal que vous. Donnez-moi votre fusil, je vais vous montrer comment on s'y prend… qu'est-ce qui m'a fichu un lascar comme ça ?

Le colonel prend le fusil du soldat, vise, fait feu… et la balle tombe à 30 pas devant lui. Il est un moment désappointé, mais il se ravise et s'écrie :

– Tenez, voilà comment vous tirez, est-ce que ce n'est pas honteux ?

Le colonel prend la position du tireur, vise et sa seconde balle tombe à peu près à l'endroit où s'était rendue la première.

Il regarde le fusil, le soldat et s'écrie furibond :

– Voilà comment tirent la plupart de vos camarades.

Une 3e fois, il remet Anjou, presque la détente et, cette fois, la balle frappe au centre de la cible.

Alors, radouci et triomphant, il remet son fusil aux troupiers en lui disant :

– Et voilà comment je tire, moi, saprelotte ; voilà comment il faut tirer.

Mot de la fin

Tu devrais te marier.

– J'ai horreur de l'esclavage.

– Il te faudrait, comme moi, une femme douce, aimante, excellente ménagère.

– C'est bon. J'attendrai que ta femme soit veuve.

À qui le tour !

Nos députés travaillent, qu'ils vont sûrement être fatigués et qu'il est temps qu'ils aillent en vacances se reposer.

Mais vous apercevez, vous, paysans, vous, ouvriers, de leur travail. A-t-on allégé vos impôts, a-t-on fait quelque chose pour remédier à la vie chère, un accroissement du prix des loyers.

Ah non. Mais cela ne fait rien, nos députés travaillent tout de même. Et vite !

Tenez, après la ratification de la cession du Congo, ils ont, en 5 sec, voté le privilège de la banque de France. Sans doute il y avait le Crédit industriel, commercial et agricole à organiser, la suppression de la double signature, il y avait assuré le contrôle des grandes banques pour que l'argent de la petite épargne n'aille pas soutenir l'industrie étrangère ! Mais, tout cela, on n'en reparlera plus tard.

Pour le moment, il faut – c'est l'intérêt national – permettre aux actionnaires de gagner de l'argent et on a renouvelé leurs privilèges. Et puis ça y est. Après on a voté en 5 sec la convention avec les Messageries Maritimes. l'État donnera à la puissante compagnie de transports 5 millions de subventions par an. Cela sortira de la poche des contribuables. Mais allez donc, c'est pas mon père. Non, je veux dire c'est pas Python qui paie. Alors, dans son, faisons danser la galette du peuple !

Et à qui le tour. Je parie qu'on va donner les mines de Meurthe-et-Moselle et d'Auvergne aux requins qui les réclament ! Et cela sans condition.

Je parie qu'on va renouveler les concessions des compagnies de chemins de fer.

Quant aux scandales de la Tunisie, quant aux scandales Métivier, quant aux scandales Destailleurs–Toutée, quant aux scandales de la N'goko-Sangha, on n'en reparlera une autre fois. Pour le moment on n'a pas le temps. Et puis il y a les élections sénatoriales.

On dit qu'il y a 120 députés candidats, qui préfèrent, après n'avoir rien fait à la Chambre, allez encore se reposer au Luxembourg. Cela permet de rester 9 ans, sans voir les électeurs et en touchant 15 000 Fr. Cela vaut la peine !

Mais de quoi te plains-tu, populo. Tu aimes à être tondu et tu détestes ceux qui te disent la vérité. Continue à engraisser les « bœufs gras ». Voilà le nouvel an. Pour toi, c'est une nouvelle année de travail, de souci, de tracas qui commence. Je n'ai qu'un vœu à te faire : prend conscience de toi-même et de ta force. Ce jour là, ton malheur cessera.

Jules Uhry

Sabotage

– Il ni a pas que les socialistes qui réprouvent les idées du sabotage considéré par certains comme le dernier mot du progrès.

Voici l'opinion de Monsieur Sorel, le Sorel de 1905, du théoricien du syndicalisme révolutionnaire, et aussi celle de Jean Grave, directeur du journal anarchiste « Les Temps Nouveaux ».

Écoutons d'abord Monsieur Sorel. L'extrait est tiré d'un numéro du Mouvement Socialiste (1-15 novembre 1905, page 277).

« Il faut regarder comme regrettables certains conseils que l'on a plus d'une fois donnés aux ouvriers en vue de gaspiller le travail. Le sabotage est un procédé de l'ancien régime, et il ne tend nullement à orienter les travailleurs dans la voie de l'émancipation. Il y a dans l'esprit populaire un grand nombre de survivances fâcheuses que la mission du socialisme et de faire disparaître ».

Et maintenant l'article de Jean Grave ( Les Temps Nouveaux, 25 décembre 1910)

Jean Grave

« Le sabotage est le procédé sournois du faible ou de l'esclave qui n'osant se rebeller donne un coup de pieds au chien de son maître.

Pour avoir le droit de discuter avec l'employeur, il ne faut pas se placer dans un état d'infériorité où il puise ou traité de voleur et de menteur.

Le sabotage répugne à la valeur technique de l'ouvrier. Et l'idéal ouvrier n'est pas de descendre à un niveau inférieur, mais de s'élever.

Le sabotage se fait le plus souvent au détriment du consommateur.

Du reste, il y a un facteur dans toutes les luttes dont il faut tenir compte, c'est l'opinion publique. Si on veut triompher, il faut l'avoir avec soi, non pas en la flattant dans ses erreurs, mais en démontrant qu'on a avec soi le bon travail ».

Des Souhaits… !

En cette fin d'année, ou capitalistes, gens d'affaires, gros employés calculent les dividendes que leur a produit la force de travail du prolétariat et où les producteurs font de la récapitulation de leurs dettes, qu'il nous soit permis de formuler quelques souhaits, puisqu'aussi bien la tradition veut que le jour de l'an soit un jour de prodigalités. Ah ! certes, l'année écoulée n'a pas apporté de grandes améliorations dans la vie du monde du travail. La crise de la vie chère est venue accroître encore la gêne dans laquelle se débat le prolétariat. Par contre, les Santa-Maria et autres accapareurs ont pu spéculer à leur aise et grossir leurs scandaleuses fortunes.

La déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen a subi divers assauts qui, naturellement se sont traduits par de nombreuses condamnations de penseurs, d'écrivains, d'artistes.

1911 a connu toutes les beautés de notre diplomatie dans cet incident marocain qui a failli déchaîner la plus effroyable des guerres. Il a aussi présidé la curée des peuples civilisés sur la Tripolitaine, la Perse, le Maroc. Il a connu encore les nombreux scandales suscités par le radicalisme, les spoliations, les exactions, les constitutions de nos forbans coloniaux. 1911 sera présidé aux conventions des Messageries maritimes par lesquels l'État offre aux compagnies de navigation sous coquette somme d'un demi milliard. 1911 auras….

Que 1912 soient au moins un peu plus propre. Serait-ce trop souhaité que les requins du Parlement et d'ailleurs mettent un frein à leur incommensurable appétit. Que les Marocains soient traités avec plus d'urbanité, de délicatesse que ne l'ont été les Tunisiens, les Malgaches. Que des Chailley-Bert, des *. Hanotaux, des Étienne ne posent pas leurs mains tentaculaires sur ce malheureux pays.

Serait-ce trop souhaiter : que les radicaux comprennent enfin que leurs agissements conduisent la République à sa perte et qu'un gouvernement qui se dit démocratique ne peut pas gouverner sans le peuple.

Serait-ce trop souhaiter : que les membres de la majorité au Parlement ne recommencent pas leurs concerts de fauves quand un homme comme Jaurès leur met les points sur les I et qu'il s'efforce de leur faire comprendre que leur cerveau d'arrondissementiers ne peuvent s'assimiler ; que la « nationalité » aiguë de nos bons radicaux, de nos purs patriotes (quand ils ne font pas partie du conseil d'administration d'une société étrangère) demeure à l'état endémique et ne vienne pas contaminés la partie la plus saine du pays.

Serait-ce trop souhaiter que Lépine acquiert enfin la notion du ridicule. N'est-il pas candidat (maintenant que blackboulé à Saint-Étienne) à l'*. Académie des Sciences morales et politiques ?

Et serait-ce trop souhaiter que tout ce que le pays compte de généreux actuelle se soulève indignée pour arracher par une protestation éclatante des geôles radicales, le probe, le désintéressé, le martyr Gustave Hervé ?

Les intellectuels menèrent le bon combat pour arracher de l'île du diable le capitaine juif et millionnaire Dreyfus, vont-ils rester longtemps encore indifférent au sort qui est fait un des leurs coupable de dénoncer toutes les tares de notre régime. En restant muets, Messieurs les Dreyfusards, que vous le vouliez ou non, vous êtes les complices de cette iniquité.

Serait-ce trop souhaité que les fractions militantes du prolétariat comprennent enfin que notre cause n'a rien à gagner de nos luttes intestines, et qu'il faut au contraire beaucoup de cordialité, de loyauté et de camaraderie dans les rapports entre militants de tendances divergentes. Si le prolétariat organisé veut manœuvrer utilement, il faut qu'il oppose aux forces adverses, un bloc compact, homogène, et pour qu'il puisse l'opposer, il faut que personne ne cherche à l'émietter.

Serait-ce trop souhaiter que la masse résignée, indolente et veule comprenne enfin ses droits et ses devoirs de classe. Que le voile qui couvre les yeux de tant d'inconscients tombe et laisse entrevoir au moins quelques instants tout ce que pourrait la classe ouvrière, si elle savait vouloir.

Serait-ce trop souhaité que les travailleurs délaissant la peinture littéraire des « Zigomar » et des « Ballaô » pour des lectures plus saines, plus susceptible de développer l'intellect des cerveaux paresseux. Et dans notre région, serait-il trop souhaiter que la classe ouvrière apprenne qu'elle a un journal qui, dans toutes circonstances, se range du côté des travailleurs, et qui, n'émargeant pas aux fonds secrets, ne vit et ne se développe que par le produit de sa vente ; qu'en conséquence les travailleurs doivent lire l'« Ami du Peuple » et le faire connaître autour d'eux…

Allons, travailleurs, à l'œuvre pour le triomphe socialisme international !

L. Maillot

PS. – J'apprends à l'instant que la « Bataille de Tunis », journal fondé à Tunis par notre ami Vigné d'Octon, est poursuivi pour avoir dénoncé les abus des squales quotidiens. Chaque semaine, en effet, notre confrère étale au grand jour, quelques-unes des spoliations dont sont victimes les indigènes

Et c'est Lecore-Carpentier, directeur de la « Dépêche Tunisienne » et membre de la conférence consultative des affaires de Tunisie qui a le front de poursuivre ce vaillant organe.

Voici pour les lecteurs de l' « Ami du Peuple » quelques renseignements qui montreront péremptoirement pourquoi l'action de la « Bataille de Tunis » blesse le protégé d’Étienne-le-marocain de la Cie des Omnibus :

« La Dépêche Tunisienne , représentée par Lecore-Carpentier, a obtenu, peu de temps après la signature du traité du Bardo en 1881, plusieurs milliers d'hectares de bonnes terres en Tunisie. Puis après au fur et à mesure que se développait son influence, elle accaparera les phosphatières de Kalaa-Djerda, les plus riches après celle de Gafsa. Elle fonde dans la presqu'île du cap Bon une véritable principauté ; s'empare de toutes les bonnes terres aux environs des sources minérales de Korbous et fait construire, par l'État, en vue de leur exploitation, une route dont le coût s'élève à 1 200 000 Fr.

On comprend, après cette énumération, la colère de Lecore-Carpentier. Le bât blesse.

L. M.

Au Creusot

Les comptes-rendus financiers qui paraissent de temps à autre, dans les revues, sur la gestion du Creusot, sont très restreints. Monsieur Schneider n'aime pas livrer au public le secret de ces opérations. Voici ce que dit un journal financier à ce sujet :

« Très parcimonieuse de renseignements, la Société du Creusot ne publie que des données financières et industrielles succinctes » .

Le Creusot possède en propriété propre :

1°. Le Creusot (18 000 ouvriers), où se fabriquent les locomotives, les grands arbres de navires les pièces forgées de grandes dimensions, les blindages, les corps d'obus, etc.

2°. Les ateliers et chantiers de Chalon-sur-Saône, où se font les ponts, les charpentes en fer, le matériel naval à faible tirant d'eau : torpilleurs, dragues, remorqueurs, etc.…

3°. Les ateliers de Champagne-sur-Seine qui produisent le matériel électrique.

4°. Les ateliers d'artillerie du Havre (artillerie).

De plus, le Creusot a obtenu la concession de Droitaumont, en Meurthe-et-Moselle (1170 ha). Il a une participation de 1/3 dans les usines de Wendel, à Joeuf.

Les bénéfices nets ont été de 6 782 000 Fr. au dernier exercice. Mais, ajoute la note du journal financier où nous prenons ces renseignements, « en réalité les bénéfices nets représentent plutôt des bénéfices distribuables, car ils sont obtenus après de très grosses amortissements dont le montant varie au gré de la direction ».

Ainsi donc voilà qui est clair : la société Schneider et Cie n'avoue ni ses bénéfices qu'elle dissimule, ni le nombre des affaires auxquelles elle participe. C'est le cas de bon nombre de sociétés anonymes qui n'aiment pas qu'on voit clair dans leurs affaires.

Faits et Documents

Dépopulation

L'arrondissement de Gannat, riche et fertile, uniquement rural, a perdu depuis 1861 10 000 habitants sur 67 000. Les foires et marchés n'y sont plus que l'ombre de ce qu'ils étaient autrefois : le commerce une baisse parallèle, les petites industries disparaissent les moulins le long de la Bouble ou de la Sioule ne tournent plus, les fours à chaux et les tuileries sont abandonnés, les tisserands et les scieurs de long ont disparu.

Ces faits sont établis dans une intéressante monographie publiée dans les « Cahiers du Centre », par Monsieur Viple, substitut du procureur de la République, à Moulins.

Naturellement les journaux bourgeois qui les relatent ne peuvent que gémir sur les conséquences fâcheuses de l'abandon la terre, en cette région comme dans toutes les autres de France.

Pour nous, socialistes, les faits n'ont rien de nouveau ni d'étonnant. Ils sont la conséquence du développement même du capitalisme et de la concentration des capitaux. Ils ne feront que s'accentuer de plus en plus, et bien aveugle ceux qui ne voient pas dans le socialisme l'unique aboutissant de cette concentration capitaliste générale qui ruine le petit commerce et dépeuple les campagnes.

Les espaces libres à Paris

Les grandes villes sous l'influence du capitalisme se développent chaque jour davantage ; le moindre espace libre devient de plus en plus l'objet de la spéculation. En vue du profit, on construit un peu partout limitant ainsi la part du soleil, d'air pur, d'activité indépendante de l'ouvrier qui habite les quartiers populeux. Par cette réduction systématique de la vie normale et saine de l'individu, on encourage dans les cités gigantesques modernes la vulgarisation des maladies contagieuses. Bientôt elles deviendront des foyers inhabituels pour les familles des pauvres ; déjà les logements exigus ou le pêle-mêle et de rigueur, offraient d'assez graves inconvénients, si, les espaces libres à leur tour sont supprimés on se demande comment vivront les millions de prolétaires entassés les uns sur les autres ? La question qui se pose est assez angoissante.

Ainsi donc, dans 12 arrondissements sur 20, l'habitant n'a pas 1 m² pour circuler à l'air libre et la moyenne de Paris et seulement de 0,84.

Dans le 2e, la surface par habitant est de 50 cm², de 60 dans le 5e, de 40 dans le 10e, de 70 dans le 11e, de 50 dans le 13e. Or, la mortalité correspond, dans une certaine mesure à la surface libre par habitant.

Elle est de 10 pour 1000 dans les 8 arrondissements où chaque habitant disposent de 2,21 m pour se promener et aller de 34,5 par 1000 dans le 13e où chaque habitant n'a que 30 cm à sa disposition.

On est effrayé lorsque l'on songe à la vie que doivent mener dans de pareilles conditions les ouvriers parisiens. Si, vous ajoutez à ce manque de lumière, d'air et d'espace, le surmenage dans les chantiers, vous aurez tout de suite une idée exacte de la situation faite aux parias du capital dans la Ville-Lumière.

Sur le chapitre des espaces libres, les étrangers nous donnent des leçons pratiques qui ne nous servent à rien du reste. Londres possède 1168 ha de jardins, Berlin, 411, Paris, 214 seulement.

L'ouvrier des grandes cités paie donc de sa santé et de sa vie même les bénéfices que trouveront dans la mise en rapport des grands immeubles, les propriétaires enmillionnés. Plus de verdure, plus de chansons joyeuses, plus de repos possible à l'intérieur de la ville pour le pauvre diable harassé, le capitalisme exige partout que de vastes casernes s'édifient en vue de lui permettre avec l'argent de leurs loyers d'aller sur les plages réputées humer l'air du large, si bienfaisant pour ses poumons débiles.

Tout récemment encore, on a détruit les cours et les jardins de l'Abbaye-aux-Bois, 5156 m² ; ceux du couvent des Oiseaux, 10 326,80, et le parc du Sacré-Cœur, qui a 46 000 m² est menacée.

Abbaye-aux-Bois
couvent des oiseaux

Ah ! combien de vent de pareilles perspectives sont heureux les paysans aux travaux paisibles. Sans doute, ils sont eux aussi, les victimes d'un sort implacable voulu par notre vieille société bourgeoise ; mais en dehors de leurs misères, combien aussi ils trouvent de sérieuses compensations dans le concours des éléments naturels qui les entourent et qui coalisent pour embellir et prolonger leur existence.

Malheureusement, la faim les tenailles, l'air des campagnes si pures et si riches à la fois attise l'appétit dans leur estomac vide et ils partent vers les villes tentaculaires pour y prolonger non seulement la fin maudite qui les aura chassés du terroir, mais encore pour y perdre la vieille gaieté des ancêtres y gagnés en échange le droit de circuler dans un espace de 50 cm. La compensation est plutôt médiocre.

Le pétrole

La grève des chauffeurs de taxi-autos parisiens remet à l'ordre du jour la question du pétrole.

Chacun sait aujourd'hui que l'accaparement du pétrole du monde entier est chose faite.

Il y a 4 sources essentielles de pétrole au monde : les États-Unis, la Russie la Roumanie, la Gallicie.

Le pétrole des États-Unis, qui est de beaucoup le plus important, et tout entier dans la main date reste dirigé par Rockfeller.

John_D._Rockefeller

Rockfeller ne se contente pas de vendre de l'huile minérale à l'Amérique, il en vend aussi à l'Europe.

En Europe, c'est en Russie, dans la presqu'île d'Apcheron, sur les bords de la Caspienne, autour de Bakou, que se trouvent les plus grands gisements de pétrole. Les maisons allemandes, russe, française qui les possèdent (ainsi qu'elles possèdent les gisements de Roumanie et de Gallicie) ont formé entre elles une entente en 1906 elle s'appelle « L'union Européenne du pétrole ».

Une lutte, une concurrence était possible entre Rockfeller à la tête de la Standard Oil et l' Union Européenne du Pétrole. Les capitalistes ont compris qu'ils se seraient mutuellement fait tort, et ils ont préféré s'entendre pour se partager le marché de l'Europe. C'est aujourd'hui une affaire réglée. L'entente internationale s'est opérée.

Voici maintenant que va s'ouvrir l'immense débouché asiatique. Toute l'Asie, le Japon, la Chine, une fois rentrée dans le mouvement industriel, vont être des consommateurs énormes.

Là encore, l'entente se prépare entre les grandes firmes mondiales. Il n'y a pas d'exemple plus décisif du caractère international de la production et de l'échange. Il n'y a pas d'exemple plus typique de l'exploitation du monde entier par le capitalisme concentré.

Mines et mineurs en Espagne

Le nombre des ouvriers employés dans les mines espagnoles s'élève cd 147 783.

Le nombre des concessions productives (travaux d'extraction) suivant les données de la statistique mentionnée, et de 1854 ; leur superficie s'élève à 250 117 ha 23 ares et 96 centiares, avec une production (valeur à pied de mine) de 202 336 744 pesetas.

La durée de la journée de travail varie entre 8 et 9 heures. À Huelva, dans l'extraction du minerai de cuivre, on travaille 7h30 seulement.

La législation minière, en Espagne, a été considérablement amélioré depuis la fameuse grève générale dans la région de Biscaye, dont le centre d'action était Bilbao. Le nombre des grévistes fut de 28 000 dont 16 000 mineurs et 12 000 appartenant à d'autres métiers. Les revendications des ouvriers portaient sur les points suivants :

1°. Journée de 9 heures en tout temps ;

2°. Augmentation de 50 % pour le travail extraordinaire ;

3°. Suppression des corvées ;

4°. Reconnaissance de la part des patrons, des associations ouvrières légitimement constituées.

Grève à Bilbao

Ayant abandonné, sur les instances d'une commission composée en partie des leurs, la plupart de leur communication, les grévistes obtinrent des compagnies une revendication essentielle, l'établissement, dans les travaux souterrains, de la journée de 9 heures. C'était un progrès très appréciable. Depuis, d'autres améliorations ont été introduites dans les conventions grâce à l'intervention gouvernementale, mais surtout, il faut bien le dire, à l'énergie, dans l'action, de ses populations ouvrières si profondément socialiste.

La Semaine parlementaire

Le socialisme à la Chambre

Jeudi 21 décembre

Dans la séance du matin, la Chambre termine les discussions sur les améliorations à apporter à la loi sur les retraites ouvrières.

Émile Basly présente un amendement soutenu aussi par *. Bouveri et qui demande pour les ouvriers mineurs titulaires d'une pension de retraite le bénéfice des allocations qui résultent des améliorations proposées générales des retraites ouvrières.

Le ministre du Travail s'engage à présenter un projet qui fera concorder la loi générale des retraites.

Un amendement de Groussier relatif aux assurés de la période transitoire est renvoyé à la commission.

Il en est de même pour 2 amendements de Brizon concernant les fermiers et métayers, qui devraient être considéré comme salarié, et un autre amendement de Mauger en faveur des petits cultivateurs qu'il ne faudrait pas exclure de la loi par ce qu'ils occupent plus d'un ouvrier.

Voilin développe un amendement intéressant, aux termes duquel les pensions alimentaires servies par les enfants à l'assuré devront être considérées comme des ressources provenant de l'épargne, le droit de l'assuré à la location de l'État restant entier.

Toutes ces propositions sont renvoyées à la commission pour étude.

Il en est de même d'une proposition de Betoulle demandant que toutes les ressources mutualistes n'entre pas en compte pour le calcul de la location.

Enfin Brizon proteste contre la lacune du projet gouvernemental, au sujet de la location d'assistance qui, conformément à l'ordre du jour Dalimier, devait être transformé en une allocation annuelle de 100 Fr. Sur ce point, la volonté de la Chambre n'a pas été exécutée.

L'incorporation à la loi de finances est ensuite votée par 533 voix contre 1.

Dans la même séance de l'après-midi, on discute le privilège de la banque de France.

On entend Monsieur Ajam en faveur de ladite Banque et Monsieur Viviani qui gardant encore un peu de ses opinions d'antan, nous dit des choses fort justes mais plus avec la langue de jadis.

Vendredi 22 décembre

Dans la séance du matin, on a continué la discussion de la loi de finances.

Signalons la proposition de Monsieur Justin Godart, appuyé par Compère-Morel et Mauger, qui fait exempter de l'augmentation de la patente, pendant 5 années, les patrons boulangers qui introduiront dans leur fournil le pétrin mécanique.

Signalons aussi l'amendement de Betoulle demandant l'établissement d'une taxe annuelle sur les propriétaires ou locataires de chasses gardées.

L'amendement est repoussé.

Notre camarade Thomas à propos du fameux privilège de la Banque de France qui prend fin le 31 décembre a demandé que l'État se saisisse de la Banque. À la place de l'institution actuelle dont le vice essentiel est de faire servir le crédit de la France à la fortune particulière de quelques privilégiés, Thomas demande que se soit la nation elle-même qui gère et administre la Banque.

Cette nationalisation de la Banque de France était jadis un des articles du programme radical. Tout a été dit par eux contre le fonctionnement actuel de cet organisme. Albert Thomas n'a pas rappelé tous les arguments pour ainsi dire classiques contre l'exorbitant privilège qu'il combattait. Il a voulu seulement insister sur un point de la plus haute importance.

Le lien est étroit entre la Banque de France et les grands établissements de crédit. Ces établissements, le fait es est repoussé t connu depuis longtemps, font tout leur effort pour engager l'épargne française dans des emprunts étrangers souvent véreux. Ces opérations sont favorisées par la Banque actuelle ; or, comme tout le monde critique les procédés de la grande finance représentée par les établissements de crédit il y a intérêt à augmenter le contrôle de la nation sur leurs faits et gestes. C'est la raison nouvelle pour laquelle Albert Thomas demanda la Chambre de faire cesser le 31 décembre 1912 le privilège accordé à la Banque de France les 24 Germinal (an XI).

Lors de la même discussion, Bedouce demande qu'il y est moins de disproportion entre les salaires du petit personnel de la Banque et ceux des gros fonctionnaires.

Sembat demande que le dividende annuel des actions ne puisse dépasser 15 % du capital primitif et que pour le reste des bénéfices, ils soient donnés au trésor public.

La proposition de Sembat est repoussée et l'ensemble du projet adopté.

Samedi 23 décembre

Dans sa séance du matin, la Chambre a poursuivi les discussions de la loi de finances.

L'après-midi, elle s'occupe de la remarquer qu'une des modifications proposées consiste à autoriser la banque.org/wiki/Banque_de_l%27Alg%C3%A9rie Banque de l'Algérie et des Messageries maritimes.

Dans le débat relatif à cette Banque, Monsieur Charles Dumont fait remarquer qu'une des modifications proposées consiste à autoriser la Banque à créer des succursales.

En réalité, dit-il, c'est le Maroc qui est visé. C'est au Maroc que les succursales seront installées.

Jaurès demande la suppression de l'article 3 relatif à ses succursales.

On passe à la convention relative aux Messageries maritimes.

Albert Thomas demande l'ajournement de la discussion. Il est impossible, dit-il, de voter ainsi en quelques heures un projet qui engage l'État pour 25 ans et pour 500 millions. Attendons la session de janvier !

Bouisson fait remarquer que la convention comporte des clauses favorables aux ouvriers. Il n'approuve pas l'ajournement.

Jaurès constate que la convention est onéreuse pour l'État.

Jaurès. – C'est une chose vraiment cruelle que nous soyons placés nécessairement dans l'alternative ou bien d'imposer la prolongation de leur souffrance aux ouvriers ou bien de consentir à des conditions onéreuses pour la nation est lourde pour l'avenir. (Applaudissements).

Jaurès ajoute qu'il proteste contre les conditions dans lesquelles la Chambre est saisie de la question. « C'est la carte forcée », dit-il.

La motion d'ajournement est repoussée par 497 voix contre 77.

Mardi 26 décembre

La Vhambre, en sa séance du matin, à, par 438 voix contre 96, voté objet de loi portant approbation des conventions passées avec la compagnie des Messageries maritimes.

À l'exception de notre camarade Albert Thomas, tous les orateurs qui ont pris part à la discussion ont conclu faveur du projet ; la plupart d'entre eux il est vrai, l'on fait sans enthousiasme, tout simplement par désir d'en finir. Ainsi se règlent les affaires.

Albert Thomas fit une triple démonstration : que la nouvelle convention accroît de 5 millions les subventions des contribuables aux ¨Messageries maritimes ; que cette subvention consolide la situation des obligations anciennement émises ; que les cas où la convention pourra être révisée sont plus nombreux qu'il ne faudrait.

Albert Thomas a demandé à la chambre d'organiser plus étroitement la représentation, au conseil d'administration de la Compagnie, des intérêts de l'État, du commerce marseillais et du personnel ouvrier. La chambre refusa de suivre Albert Thomas sur ce terrain trop peu capitaliste et vota sans modification le projet qu'on lui apportait.

Régional

Puy-de-Dôme

Votes de nos députés

-o- . Scrutin sur le contre-projet du citoyen Albert Thomas (projet de loi relatif à la convention avec la banque de France).

La Chambre a repoussé ce contre-projet par 433 voix contre 89.

  • . Puy-de-Dôme. – Le citoyen 'Claussat a voté pour. Les autres députés ont voté contre.
  • . Allier. – Les citoyens Brizon, Charles Dumas, Mille et Thivrier ont voté pour. Les autres ont voté contre.
  • . Cantal. – Tous les députés ont voté contre, sauf Monsieur Fernand-Brun qui est absentpar congé.
  • . Haute-Loire. – Tous les députés ont voté contre.

-o- . Scrutin sur l'ensemble du projet de loi concernant la Banque de l'Algérie, projet adopté par 436 voix contre 80

  • . Puy-de-Dôme'. – Messieurs Clémentel, Antoine Fabre, Maison, Python ont voté pour. Le citoyen Claussat à voté contre. Messieurs Chassaing et Martou se sont abstenus.
  • . Allier. – Messieurs Lamoureux et Paturel ont voté pour. – Les autres députés ont voté contre.
  • . Cantal. – Tous les députés ont voté pour, sauf Monsieur Fernand-Brun absent par congé.
  • . Haute-Loire. – Tous les députés ont voté pour. –

-o- . Scrutin sur la motion d'ajournement du citoyen Albert Thomas (Projet de loi relatif aux Messageries maritimes).

La Chambre a repoussé cette notion par 451 voix contre 69

  • . Puy-de-Dôme. – Le citoyen Claussat a voté pour. Les autres députés ont voté contre.
  • . Allier. – Messieurs Lamouroux et Paturel ont voté contre. Les autres députés ont voté pour.
  • . Cantal. – Tous les députés ont voté contresauf Monsieur Fernand-Brun, absent par congé.
  • . Haute-Loire. – Tous les députés ont voté contre.

Évidemment, évidemment ! Quand il s'agit de questions de peu d'importance, on peut encore trouver des radicaux à la Chassaing ou à la Marrou Texte en grasavec les socialistes ; mais quand il s'agit de défendre les intérêts des financiers de la Banque de France ou des brasseurs d'affaires des Compagnies maritimes, oh ! alors les députés radicaux, du plus pâle au plus rouge, marchent comme un seul homme. Ils n'ont ni temps ni argent pour les paysans, pour les ouvriers et, en 2 séances, ils donnent des millions de primes aux gros armateurs capitalistes.

Et vive la République démocratique et sociale ! crieront ils ensuite.

Pour les élections municipales

La révision des listes électorales

Elle revêt, cette année, une importance beaucoup plus grande que les années précédentes.

C'est, en effet, d'après des listes électorales révisées cette année que se feront les élections municipales de mai prochain.

Nous ne saurions trop attirer l'attention des travailleurs, sur la nécessité qu'il y a pour eux de se faire inscrire et de faire inscrire leurs amis et connaissances.

Mais, c'est surtout aux travailleurs de Clermont-Ferrand que nous nous adressons. Beaucoup d'entre eux, en effet, reste inscrit dans leur commune d'origine, négligeant de se faire inscrire clairement et, par suite, ne peuvent pas prendre part au vote dans notre ville.

Ils ont pourtant un intérêt primordial à voté à Clermont-Ferrand car ce n'est pas à Aulnat, à Mezel, à Plauzat, à Issoire ou ailleurs qu'ils mangent et qu'ils sont logés. C'est à Clermont.

Or, si tous les ouvriers habitant Clermont votaient ici, cela changerait certainement les résultats du scrutin, qui pourrait être plus favorable aux candidats décidés à faire quelque chose au point de vu municipal en faveur de la classe ouvrière, soit au sujet du pain cher, qui n'a été si cher que parce que la municipalité l'a bien voulu, soit au sujet de la vie chère, à l'occasion de laquelle la municipalité se moque des ouvriers et des employés. Voici 2 ans déjà que la classe ouvrière proteste en pure perte.

Les réunions ont succédé aux réunions, les délégations aux délégations, sans que rien n'ait pu être obtenu. On s'est toujours heurté à la mauvaise volonté de la municipalité et au complet désintéressement du conseil municipal pour ces questions de premiers intérêts pour la classe laborieuse de notre cité.

Il n'en serait pas ainsi si tous les ouvriers ou employés clermontois étaient inscrits sur les listes électorales et votaient à Clermont.

Qu'ils réfléchissent à cela une bonne fois et que, dès maintenant, ils aillent se faire inscrire et prennent la résolution de voté ici aux prochaines élections.

En tout cas, nous faisons appel à nos amis, pour qu'ils incitent tous les camarades qu'ils connaissent agir ainsi et au plus tôt.

Clermont

Conseil municipal de Clermont

Séance du mercredi 27 décembre

La séance est ouverte à 8h45, sous la présidence de Monsieur Fabre, maire.

Sont présents : Messieurs Nivat, adjoint ; Clémentel, Bergougnan, Docteur Vigenaud, Olier, Prunière, Docteur Cohendy, Docteur Marcombes, Chardon, Lafont, Bertrand, Rochefort, Jouve, Auger, Fric, JB Cluzel.

Monsieur Clémentel est nommé secrétaire.

Les tramways de Clermont

Sur la proposition du Docteur Marcombes le conseil municipal vote une adresse de remerciement à Monsieur Marrou et ses collègues du Parlement pour les démarches nombreuses et réitérées qu'ils ont faites pour hâter la signature du décret autorisant le rachat des tramways de Clermont.

Monsieur le maire dit que le conseil voudra voter à l'unanimité cette adresse, puis il annonce qu'il a reçu du Syndicat du Tramway à 10 centimes une lettre de remerciements pour ses votes. Ouf ! rn voilà des remerciements. Monsieur Marrou, le Syndicat et le conseil n'ont fait que leur devoir : quand ils ce sont présentés aux électeurs, ils ont déclaré être prêts à tout pour sauvegarder les intérêts de leurs mandants. Alors, inutile d'épater la galerie.

Sur la proposition de Monsieur Jouve, le Conseil vote à l'unanimité un vœu tendant à l'institution d'une chaire de chimie industrielle à la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand.

Budget de 1912 : le rapport de Monsieur Vigenaud

Le budget primitif de 1912 et un budgets de fin de mandat dans toute l'acception du mot.

Monsieur le docteur Vigenaud, qui en est le rapporteur, énumère complaisamment toutes les opérations qui lui paraissent être bonnes et dit « que le conseil, pendant ces 4 années, à marquer sa place dans l'histoire budgétaire de notre ville ».

Tous les travaux en voie d'achèvement comme ceux qui ne sont pas encore commencés, voir même ceux qui depuis 2 ans sont abandonnés trouvent une place dans le rapport de Monsieur Vigenaud, qui fait sans rire figurer l'achèvement de la rue Saint-Eloy et l'agrandissement du marché Saint-Pierre.

Qu'on ne vienne pas me dire que les crédits manquaient. Si Monsieur le maire n'avait pas, il y a 2 ans, au moment où il fut candidat à la députation, engager tous les travaux à la fois, les plus pressants comme la rue Saint-Eloy seraient, à l'heure actuelle, terminés.

C'est comme le square ' Assas, dont Monsieur Vigenaud dit qu'il déshonore un des quartiers les plus vivants de Clermont. Vraiment, notre conseil y a mit le temps pour s'en apercevoir !

La question des Eaux

Le rapport de Monsieur Vigenaud fait également une place à la question des Eaux et des tramways clermontois.

En ce qui concerne la question des eaux, il dit qu'elle fait couler beaucoup plus d'encre que d'eau. Il fait un petit historique des recherches auquel s'est livré Monsieur Bertrand (le géologue) et affirme que le Conseil a poursuivi la solution de la question avec toute la persistance et la logique possibles !

Heureusement ! car s'il en eût été autrement ?… Que voulez-vous, la majorité de nos conseillers est convaincue que le corps électoral avalera cela tout de go. Il est vrai qu'on lui en a fait tant avaler.

En ce qui concerne la question des tramways clermontois dans laquelle la majorité du conseil marcha, dès le début, comme un chien qu'on fouette, l'honorable rapporteur énumère les avantages que le rachat vaut au clermontois. Il n'oublie pas de passer un peu de pommade dans les cheveux de Messieurs Marrou et Clémentel : les autres se brossent…

La place dont nous disposons nous empêche de suivre Monsieur Vigenaud dans l'étude détaillée à laquelle il se livre. Signalons seulement les points qui nous paraissent les plus intéressants :

Tout d'abord disons que le chiffre total des recettes et de 2 833 841,47 Fr. dont 1 million fourni par l'octroi.

Dépenses

Au chapitre des dépenses, nous remarquons différents crédits pour augmentation du traitement des travailleurs municipaux. Là encore, on sent que les élections se font proches ; il importe de se concilier les sympathies de tout ce personnel que le conseil fait attendre depuis si longtemps. Mais enfin, ne récrimine non pas : mieux vaut tard que jamais.

À noter que Monsieur Vigenaud a cru devoir faire ressortir la somme de 171 000 Fr. dont est doté l'enseignement primaire, à côté des soms de 45 000 et 28 000 Fr. qui sont consacrés aux enseignements supérieurs et secondaires. « Cela prouve, dit-il, la sollicitude du conseil pour les enfants des travailleurs ! ».

Vous croyez cela, Monsieur le rapporteur ? Diviser donc les 171 000 Fr. en autant de parts qu'il y a d'enfants dans les écoles primaires de Clermont et vous verrez après avoir fait la même opération pour l'enseignement.

À noter l'augmentation des employés d'octroi, en faveur desquels notre journal s'est élevé avec l'énergie au cours d'une vigoureuse campagne. Ce sont enfin les agents de police qui, eux, ne sont jamais oubliés.

Le total des dépenses s'élève au chiffre de 2 232 150, 12 Fr.d'où un excédent de recettes 2691,30 Fr.

La discussion

Elle s'engage dès que Monsieur Vigenaud a fini la lecture de son rapport, et est menée assez rondement. On sent que notre conseil est en train de faire son testament ; il met les bouchées doubles, comme s'il avait peur de ne pas avoir de temps.

Monsieur Bertrand (pas le géologue) qui, cette fois est présent, appuyé par Monsieur Marcombes, proteste contre la vente par Monsieur Menat, de l’École professionnelle, de fourniture aux élèves de ladite école. Ils se font, disent-ils, l'écho des plaintes de nombreux petits commerçants.

Finalement, le conseil émet le vœu que Monsieur Menat cesse de vendre des fournitures à ses élèves ou qu'au cas contraire – car il est dans son droit – il achète lesdites fournitures sur la place de Clermont.

Monsieur Lafont, qui a une dent contre Monsieur Gros, directeur du Laboratoire municipal, intervient chaque année pour demander une réduction du traitement dudit directeur ; il fit, cette année, comme les précédentes ; mais sa motion de recueil que sa voix.

Une école de Droit

Monsieur Marcombes demande que le conseil s'occupe activement de la création d'une École de droit à Clermont-Ferrand. Monsieur le maire s'associe à cette demande, et le conseil à titre d'indication vote la somme de 1000 Fr.

Puis, Monsieur le maire remercie Monsieur Vigenaud de son rapport, et l'on passe au budget des Hospices, à propos duquel Monsieur Nivat fait la proposition de déplacer l'Hôtel-Dieu. Le conseil vote cette proposition.

On adopte ensuite le budget du bureau de bienfaisance. Puis on arrive à une question qui fut soulevée ici même dans les derniers articles que l'« Ami du Peuple » consacra aux employés d'octroi. Il s'agit des aciers et des métaux ferro aciereux que le conseil décide, ainsi que nous l'avions demandé, d'inscrire à la suite des fontes et défaire, et donner soumettre aussi aux mêmes taxes.

Différents autres questions sont solutionnés notamment la construction d'une école maternelle à Fontgiève, dont le besoin se fait sentir depuis si longtemps et qu'on avait… oublié jusqu'ici.

La question des eaux

Monsieur Marcombes a dû être touché par notre commentaire concernant son absence à la dernière séance du conseil municipal, car aujourd'hui il demande à revenir sur les discussions qui avaient eu lieu au sujet de la question des eaux.

Son intervention, pour tardive qu'elle soit, est accepté par le conseil, qui accepte même sa proposition d'entrer en pourparlers avec les habitants de la vallée de Royat et les conseils municipaux des communes arrosées par la Tiretaine , avant de commencer les travaux d'adduction.

Espérons que tout s'arrangera et, que Monsieur Marcombes réussira à contenter tout le monde, et… sur ce, la séance est levée.

À la Bourse du Travail

L'arbre de Noël

Comme chaque année, la fête de l'arbre de Noël de la Bourse du Travail a été pleinement réussie.

La salle était absolument comble quand le camarade Leclerc, des typos, prononça la petite allocation d'usage. Spirituelle et émue, cette courte causerie qui est allée au cœur de tous, a été très applaudie.

Ce fut ensuite, au milieu de l'impatience des bambins émerveillés, le tirage des nombreux jouets qui garnissaient 2 énormes sapins, l'un pour les filles, l'autre pour les garçons.

Puis, pendant que les enfants déjà utilisent leur jouet, les adultes s'en donnent à cœur joie.

Les monologues et les chansons se succèdent au milieu des applaudissements. C'est enfin une sauterie familiale qui se termina seulement à 8 heures et au cours de laquelle des friandises ont été distribuées aux enfants, grâce à la générosité des donateurs que la Bourse du Travail remercie bien sincèrement.

Un Assistant

Le train à 10 centimes

Ça y est, cette fois ! Le décret autorisant le rachat des tramways de Clermont vient d'être signé. C'est par une dépêche que Monsieur https://fr.wikipedia.org/wiki/Baptiste_Marrou Marrou] a envoyé aux journaux que la nouvelle nous fut apportée.

Monsieur Marrou aurait pu laisser ce travail aux agences ; mais il a préféré agir lui-même. Si l'Agence Havas ou Agence Fournier lui avait ravi un peu de sa popularité, il ne s'en serait jamais consolé.

La Compagnie des chemins de fer du Puy-de-Dôme prendrait la direction de l'exploitation à partir du 31 décembre, ce qui permettrait au clermontois de voyager pour deux sous dans tout Clermont à partir du 1er janvier prochain.

De plus, il y aura des trains ouvriers (illisible) au moment de la rentrée et de la sortie des ateliers. De nouvelles lignes : Jaude-Gare par les boulevards et la place gaillard-octroi de Fontgiève, devront être construites par le rétro cessionnaire dans un délai déterminé. Celle de la Gare de Montferrand par les casernes et le prolongement de celle de Fontgiève jusqu'au 4 routes devront se faire aussi quand les produits auront atteint un certain chiffre. Enfin, nous verrons probablement les tramways électriques remplacés jusqu'à la (illisible) l'élégant train du Puy-de-Dôme qui égaye depuis quelques années la place Lamartine, l'avenue de l'Observatoire et la rue de Bordeaux.

Tramwy Place Gaillard avant 1914

Mais que de temps, que de patients efforts pour arriver à ce résultat. Et dire que s'il n'y avait pas eu les hommes politiques, ce ne serait pas encore fait !

C'est malheureux à constater ; mais c'est comme ça.

La population clermontoise avait beau voir pour elle et réclamer une mesure d'élémentaire de Fallet sous notre beau régime, que la politique s'en mêle. Sans quoi, rien de fait. Le ministre eut écouté l'avis du Conseil d'État et refusé d'autoriser le rachat… heureusement ! Nous avons des politiciens bien placés dans le Puy-de-Dôme et il n'y a qu'à faire appel à eux. Ces messieurs sont heureux de se rendre utile et d'avoir droit ainsi à la reconnaissance de l'électeur : qu'ils créeraient si s'ils le pouvaient pour avoir le plaisir de les surmonter.

La Bourboule

Triste victoire

Le spectacle qui nous est présentement donné par le parti casinotard est aussi piteux que détestable pour le prestige de la municipalité tout entière.

Les grands capteurs de bulletins qui ont nom Rebois, Manaranche, Lequine et consorts ont une attitude si lamentable qu'ils semblent avoir peur de leur ombre comme de leur passé. Ils prennent parfois des airs bravaches pour se donner un peu de contenance, mais restent coits devant les embarrassantes questions qui leur sont posées journellement par les électeurs d'abord, par les ouvriers sans travail ensuite et enfin par les actionnaires mêmes de la société dite d'exploitation du casino qui est toujours sans objet.

Si, seuls, nos conseillers municipaux sont questionnés au sujet des solutions à intervenir et s'ils sont importunés de ces questions, c'est que tous ici nous savons qu'ils sont les instigateurs et les véritables dirigeants de cette fameuse société qui cache religieusement les décisions prises dans ses assemblées générales. Elle tient aussi secrète ses résolutions que les bandits et malfaiteurs tiennent dans l'ombre les projets de leurs exploits.

Il n'est cependant pas difficile de comprendre pourquoi les mines déconfites que nous rencontrons parfois dans les rues de la ville se dissimulent le plus possible ! L'un de nos précieux satellites – qui se reconnaîtra certainement – déclarer un certain jour après crocheter quelques serrures : « Le régime de la canaille ne peut pas toujours durer ». — Maintenant que ces imprudentes paroles semblent peser sur la coterie dont il fait parti, tant ils baissent tous l'oreille devant les prolétaires qu'ils écrasaient lorsqu'ils croyaient leurs projets prêts à réussir.

Ont-ils, en outre, assez berner la population avec leurs prétendues alliances d'hommes politiques influents ? ont-ils assez fait faire les « Jacques » assez pauvre bourbouliens quand, sur la route de Saint-Sauveur, drapeaux en tête et canon à la remorque, ils organisaient cette extravagante Jacquerie sera dans les souvenirs comme la journée la plus mémorable de cette réunion de fumistes, et qui, finalement à tourner à la confusion de tous ces partisans. L'aventure de la peau de l'ours avant d'avoir tué la bête était ingénieusement répétée ce jour-là.

À vrai dire, il était de toute nécessité de simuler une victoire car le bon sens de l'opinion publique réclamait des gages. Les promesses avaient été faites, il fallait s'exécuter.

Quand les travailleurs, les contribuables et tous les intéressés auront récapitulé les étapes par lesquelles les ont fait passer nos conseillers spéculateurs, le rouge de la honte leur montera à la face. Ils seront vexés, à coup sûr, d'avoir chassé de l'hôtel de ville ceux que l'inconséquent président du comité radical appelait « les mauvais bergers ». Mauvais bergers, parce qu'il mettait toutes leurs forces arrêter la commune qu'il voyait s'enliser dans la mare aux grenouilles où croassent les financiers sans scrupules qui veulent accaparer La Bourboule.

Dans les 2 camps opposés, pendant la lutte électorale, la tactique a été différente.

Les électeurs, jugés par leurs votes, ont donné gain de cause à ceux qui devait saigner le budget communal est dilapidé nos ressources de la façon que l'on sait maintenant.

Ceix que l'on appelait mauvais bergers promettaient peu, rien en tout cas au-dessus de leur pouvoir. En agissant dans l'intérêt de la collectivité, ils ce promettaient de défendre notre station contre les griffes des mangeurs de prolétaires ; simplement ils voulaient remplir dignement leurs mandats mais ils se sont trouvés en présence d'une population surchauffée par les apôtres de la chapelle césarienne qui jouaient leur va-tout en cette circonstance. Une lettre futée radicale Fabre était affichée à côté de propos malsonnantes à l'adresse des belligérants. Il n'est pas jusqu'au médecin aquatique qui n'est donné de la voix pour forcer la note au corps électoral.

À la suite du résultat acquis par cette municipalité réactionnaire, qu'ont gagné les 3 croyants prolétaires qui ont donné dans la combinaison ?

Le retrait ou le retard de la plupart des travaux sur le chantier.

Qu'ont gagné les commerçants et autres contribuables des différentes industries ?

Des augmentations d'impôts pour commencer et ensuite la hausse disproportionnée des marchandises et denrées vendues sur notre marché.

Qu'à gagné la station ?

Avec le ridicule, l'amoindrissement de son prestige de ville d'eau estivale, sans compter les déficits importants sur ses recettes budgétaires, ni la pénurie de distractions et même du casino.

N'est-ce pas vrai ?

Si ça ne l'était pas, pourquoi ce marasme dans lequel sont plongés tous nos municipaux ? Pourquoi cette dite illusion qui se lit sur tous les visages et qui rend l'incertitude de l'avenir plus angoissante qu'elle ne le fut jamais ?

L'appréhension est si grande dans le camp des vainqueurs qu'elle leur a empêchés de commémorer le jour de liesse ou notre reluisant Mamelouk conduisait le troupeau casinotard à la rencontre du premier magistrat qui, disait-on, venait de sauver la patrie en protégeant les finances cosmopolites.

Triste victoire !

Just Propos

Messeix

Assemblée générale du Syndicat des mineurs de Messeix

Dimanche 17 décembre 1911, une réunion générale du Syndicat des ouvriers mineurs de Messeix, aura lieu dans la chambre syndicale, à l'effet de désigner les membres devant faire parti du conseil d'administration, pour l'année 1912.

Ont été élus

Joseph Anglade, Auguste Anguais, Annet Ballet, Michel Chassagne, François Giraud, François Magnol, Jean Mangot, Louis Plane, Joseph Sauvat, Antoine Tissier, Jean Védrine.

On a également procédé à la désignation des membres de la Commission de contrôle.

Ont été élus

Edmond Chevrin, Gilbert Durin, Joseph Lauradoux, Marcelin Selegros.

Dimanche 31 décembre, le Conseil d'Administration et la Commission de Contrôle se réuniront de nouveau pour constituer le bureau.

La commission syndicale

Rapport du délégué mineur

Le 12 décembre courant, faisant des visites dans les travaux souterrains, j'ai vu les chantiers et galeries du puits Sainte-Suzanne, ainsi que ceux des plans n°1 et 2.

Dans le premier et 2e recettes, j'ai remarqué que plusieurs butyes à chapeaux avaient besoin d'être remplacées

Les 13, j'ai parcouru les chantiers et galeries des plans n°3 et 4 et aussi ceux du plan Sagesse. Je n'ai rien trouvé qui présente du danger pour le moment.

Les 14, j'ai fait visite dans la recette 171 du puits Teyras de Grandval : l'état des chantiers ne mérite aucune observation

Vigier, Délégué mineur


Tours-sur-Meymont

Une candidature négative

D'après les renseignements qui nous parviennent, le prétendant Arnaud ne sera jamais Maire. Des raisons sérieuses s'y opposent :

1°. C'est un réactionnaire clérical et un bonapartiste impénitent. Les 70 « Cournol » que l'on compte ici aurait peut-être un maire pour eux, mais les 500 républicains de la commune ne trouveraient en lui qu'une mauvaise belle-mère hargneuse ;

2°. Sa devise est « divisée pour régner ». Il sème la haine, la discorde et la zizanie. Il peut arriver qu'un Administrateur ait des adversaires, mais il ne doit pas avoir d'ennemis. Et déjà Monsieur Arnaud dit : « J'ai quelques ennemis, mais je les tancerai ». Dans un pareil état d'esprit, pourrait-il être impartial et rendre justice à tous ? Non, son passé prouve le contraire.

Cependant, pour montrer notre impartialité, et sur la foi de nos correspondants occasionnels, nous nous inclinons respectueusement devant Madame Arnauld, sa femme. Son départ a laissé un grand vide à Tours. Elle était la Providence des pauvres. Elle passait tous ses loisirs à soigner les malades, à panser les plaies et à consoler les affligés. Elle apportait au malheureux la bonne nouvelle qui réconforte et qui relève et ajoutait la pièce de monnaie qui procure un soulagement immédiat.

Puisse ce modeste, mais sincère et légitime dommage de toute une population, adoucir l'amertume de son exil.

Trois-Poils

Ambert

Arbre de Noël

Grâce à la générosité des amis de Madame Douaarre-Roussias et des amis de « Arbre de Noël.

C'est dimanche à 2 heures de l'après-midi, au théâtre, qui a eu lieu cette fête enfantine.

La salle était comble.

Sur la scène, se dressait un superbe sapin surchargé de jouets.

Après une allocution de circonstance, prononcé par Monsieur Jousserand, inspecteur, les bambins de l'école maternelle ont exécuté plusieurs chansonnettes et une petite danse qui ont vivement amusé le public. Celui-ci n'a pas ménagé ses applaudissements aux jeunes artistes et à leurs dévouées maîtresses.

Les élèves du cours complémentaire de filles, si bien dirigée par Madame Laurans, ont chanté des chœurs avec un ensemble est un brio merveilleux.

On a ensuite procédé à une large distribution de jouets, objets utiles de toutes sortes, oranges et bonbons qui ont fait le bonheur de ce petit monde et des parents qui étaient heureux de voir leurs enfants contents.

Pendant la cérémonie, la Lyre livradoise, a fait entendre plusieurs morceaux de son répertoire.

Mutualité scolaire

Le conseil d'administration de la « Jeune Livradoise » – société scolaire de secours mutuels et de retraite de l'arrondissement d'Ambert, numéro 208 du département du Puy-de-Dôme, – vient d'adjoindre un nouveau service mutualiste au service « maladie » et au service « retraite » qui fonctionnent depuis 3 ans.

À partir du 1er janvier 1912, la « Jeune Livradois » fera le service « dotation » par l'intermédiaire de la société de « Dotation de la jeunesse de France », sociétés de secours mutuels approuvés conformément à la loi du 1er avril 1898 – laquelle compte plus de 1100 sections en France, notamment à Clermont, à Thiers, à Issoire, etc.

La Dotation de la jeunesse de France comprend près de 300 000 sociétaires, garçons et filles. Elle possède un capital social de plus de 20 millions de francs. À ce jour, – quoi que de fondations récentes – elle a payé en dots plus de 7 millions de francs

Pour être admis, il faut avoir moins de 15 ans. La dotation mensuelle est de 0,50 Fr. au minimum. La dote maximum est de 3000 Fr. (article 28 de la loi du 1er avril 1898). Elle se touche à la majorité.

Le comité provisoire chargé de recueillir les adhésions pour la section d'Ambert a été constitué comme suit :

  • . Président : Monsieur Jousserand, inspecteur de l'enseignement primaire à Ambert ;
  • . Vice-président : Monsieur Pellet, avocat, déléguée cantonale à Ambert ;
  • . Trésorier : Monsieur Dissard, directeur de l'école publique de garçons d'Ambert ;
  • . Secrétaire : Monsieur Dumas, directeur de l'école publique de garçons de Marsac ;
  • . Membres : Madame Laurans, directrice du cours complémentaire de jeune fille d'Ambert ; Madame Raynaldy, directrice de l'école maternelle publique d'Ambert, Monsieur Bénielli, principal du collège d'Ambert ; Monsieur Douarre, pâtissier Ambert ; Monsieur Miolane, cordonnier à Ambert.

Pour se procurer les statuts ou avoir des renseignements complémentaires et pour s'inscrire, s'adresser à Monsieur Dissard, école publique d'Ambert.

Marsac

Réponse

En réponse à l'article paru la semaine dernière, nous recevons la lettre suivante :

« Monsieur le directeur de l' Ami du Peuple à Clermont-Ferrand

En grande pompe nos édiles ont enfin procédé à l'inauguration du nouveau cimetière.

Belle et imposante était la cérémonie, présidée par Monsieur Courtial, maire et conseiller général d'Ambert, assisté de ses 2 lieutenants : Messieurs Pradelle et Quinaquéndon, conseillers ; de Monsieur Pommeyrol, Maire et de Monsieur l'Archiprêtre qui officiait.

La bénédiction terminée, un somptueux repas réunissait tous les pieux (!) Invité à la table de Monsieur le desservant, au presbytère.

Au champagne, Monsieur Courtial, maire et conseiller général, en une improvisation toutes les circonstances, à souhaiter la bienvenue dans le canton à Monsieur l'archiprêtre d'Ambert et remercié la providence d'avoir ; il a également remercié l'amphitryon de sa bienveillante réception et enfin abus au succès toujours grandissant de… la République.

– Ça vous étonne !!!

– C'est pourtant comme ça…. Le repas terminé nos édiles Ambertois dans la voiture de Monsieur Morin, le sympathique chauffeur de la région.

– Bonne journée pour la République, s'est dit Monsieur le conseiller général, mais… il faudra attendre…. Et voilà comment et pourquoi on est, où on devient « aussi bon républicain que quiconque ».

Votre correspondant, Monsieur le directeur, où s'est payée votre tête, où il s'est moqué de vos lecteurs car, en ce qui me concerne, il n'y a pas un mot devrait dans tout cet article.

J'ignore si l'on a inauguré un cimetière à Marsac et si l'on a bu du champagne à cette occasion ; il n'est cependant pas dans les habitudes de festoyer pour de telles circonstances. Mais ce qu'il y a de certain c'est que :

– Je ne me suis jamais arrêté à Marsac en compagnie de Messieurs Pradele et Quoquandon.

Je n'ai jamais avec l'honorable curé de cette paroisse, non plus qu'avec Monsieur le curé d'Ambert.

Le discours que j'ai prononcé est encore à faire, qu'il n'a existé que dans l'imagination de votre trop fantaisiste correspondant et que quoi qu'il en pense, je suis et reste aussi républicain que quiconque.

En vous priant de vouloir bien insérer ma réponse dans votre prochain numéro, je vous adresse, Monsieur le directeur, l'assurance de mes sentiments très distingués.

G Courtial

Maire et conseiller général, Ambert ».

Durmignat

Courrier

Mon cher petit Crépu, décidément c'est un plaisir que de causer avec toi : toutes convient. On n'entend jamais le son de tes paroles et on ne voit jamais la couleur de tes écrits. Cette longanimité, plus touchante vraiment que celle d'un âne, vaut bien une récompense. Je vais donc t'offrir ici mes meilleurs vœux pour 1912.

On va d'abord remplacer en attendant mieux, ton titre de maire II par celui de maire Ier ; ensuite puisque tes compatriotes n'ont pas su apprécier tes mérites et que ta statue n'est pas encore dressée, on remplacera cela par quelques emplois qui te procureront une vie aisée et exempte de soucis. Tu seras secrétaire de mairie en pied, quitte à faire faire les écritures par un domestique quelconque. Tu auras aussi la gérance du téléphone avec ta bretonne pour suppléante. On te donnera encore, pour récompenser les grands mérites, le bureau de tabac et la place de garde champêtre. Nul autre que toi, dans la Commune, il aura le droit de vendre en gros ou en détail du vin et des liqueurs ; il ne manquerait que ça par exemple ! À toi également le monopole du Commerce (engrais, quincaillerie, graines, épiceries, journaux, etc.). Tu pourras, sans crainte de concurrence, tenir un magasin de confections en vêtements et chaussures. Ce sera toi le juge, l'avocat, le père et l'expert de la Commune, et garda ceux qui ne marcheront pas droit ! Inutile d'avoir le receveur municipa tu tiendras bien les comptes tout seul ? Tu seras de plus charon, menuisier, forgeron, Maréchal, etc. Tous ceux qui travaillent à Durmignat ne seront que tes humbles valets. Tu auras la direction s'en contrôles des affaires générales et particulières, comme autrefois les seigneurs dans leur domaine. Ah ! Le bon temps pour toi, mon vieux ! L'église sera transformée alors en violon et on n'y fera des bals monstrueux sans crainte de la maréchaussée.

Je te vois siégeant le sourire aux lèvres, distribuant aux uns le blâme, aux autres louanges, à certains des secours en argent à titre d'encouragement, et tous les concitoyens, le visage dans la poussière, au pied de leur idole en graissant à vue d'œil : tel un poussah, un schah, un bouddha, un manitou crevant dans sa graisse. Tels sont les vœux bien sincères que je forme pour toi, ton ami ».

Un électeur socialiste à Durmignat

Saint-Eloy-les-Mines

Rapport d'accident

Je fus avisé par l'exploitant des Mines de La Bouble qu'un accident était survenu, à 10h30 du matin, et que la victime était l'ouvrier Antoine Lafanechère, boiseur, âgé de 46 ans, demeurant aux Rinchauds, commune de Saint-Eloy.

Le 10 décembre, à 5 heures du matin, je me suis rendu sur les lieux de l'accident, accompagné du chef de poste Durranton ; j'ai constaté que le bois qui avait frappé Lafanechère entre la benne était sur place. C'était un gros bois de chêne. J'ai interrogé le blessé qui m'a déclaré ce qui suit :

« J'avais planté une butte d'un cadre, le fer boisé qui la tenait l'échappa, lorsque je vis partir le bois, je mis la main auprès pour le retenir, mais celui-ci me gagna et m'entraîne à la main vers une benne qui se trouvait à côté. Jules petit doigt de la main droite prise entre cette benne et le bois ».

Il m'a déclaré qu'il travaillait seul le jour de l'accident.

Cet accident est dû à une cause fortuite.

Vieille Mine

Depuis quelques mois, le Syndicat s'est développé sérieusement, et a acquis une grande force, grâce l'activité de bons militants syndicalistes. Ils ce sont dévoués pour faire comprendre aux camarades le but de l'organisation, montrant que ce n'est que par ce moyen qu'ils obtiendront de meilleures conditions de travail et un peu plus de bien-être.

Mais, camarades du syndicat, je tiens à vous mettre en garde contre certaines brebis galeuses qui se trouvent parmi vous. Ce triste individu qui s'intitule socialiste, ne craint pas de vous tromper. Exclu du groupe socialiste révolutionnaire de Saint-Eloy, il a eu le courage de porter le drapeau syndicaliste le jour du 1er mai. Quelques jours après dans certain café où beaucoup de ces messieurs de l'administration vont faire leur partie, on lui a reproché son geste du 1er mai. Alors, voulant toujours plaire à ces Messieurs les bourgeois il a répondu qu'il ne pouvait faire autrement craignant de se voir mépriser par les ouvriers et que ça lui fasse un tort considérable. De plus, camarades, vous n'ignorez pas que ce clérical-socialiste a souvent des entrevues au café avec certains ingénieurs de la Compagnie.

Je vous recommande donc de vous méfier du Métivier en herbe qui serait chaud sans qu'il soit nécessaire de le nommer, vous serez certainement ce que vous avez à faire.

Jean qui veille

Mines de la Bouble

Par arrêté du préfet, notre camarade Limoges a été suspendu de son service de délégué pendant un mois pour avoir fait abus de ses fonctions prêtant l'Administration du Corps des Mines. Le fait qu'il écoute cette suspension, c'est d'avoir publié dans le journal l'« Ami du Peuple » du 12 novembre dernier, une lettre ouverte au préfet sur l'enquête du 3 octobre faite par Monsieur Loiret, en présence du délégué.

Nous n'ignorons pas que Monsieur le préfet a le devoir de faire observer la loi et d'appliquer l'article 15 de la loi du 8 juillet 1890 aux délégués commettant de négligence grave dans leur service ou faisant abus de leurs fonctions, mais ce n'est pas le cas du camarade Limoges.

D'après l'enquête du 3 octobre, le délégué a fait son rapport sur le registre spécial tenu sur le carreau de la mine à la disposition des ouvriers ; après en avoir pris connaissance nous avons constaté qu'il n'avait fait que son devoir en faisant remarquer à Monsieur l'Ingénieur des Mines des parties extrêmement dangereuses, que celui-ci n'a pas voulu reconnaître. Lorsque Monsieur Loiret eut soumis son rapport au préfet, celui-ci est donné connaissance à notre camarade que ses déclarations n'étaient pas fondées. C'est à ce défi qu'il a voulu répondre par la voix du journal l'« Ami du Peuple.

Vous ne vous doutez pas, Monsieur le préfet, que certains de ces Messieurs du Corps des Mines qui assoient de l'avertir de ces visites, envoie chercher ces Messieurs à la gare en voiture et l'effort cela nous pouvons l'affirmer en toute sincérité.

C'est pourquoi nous protesterons très énergiquement contre le rapport de cette enquête soumise à Monsieur le préfet par l'ingénieur des mines et contre la punition injuste infligée à notre délégué qui a toujours fait preuve dans ses fonctions d'un grand dévouement pour la cause ouvrière.

Un groupe de syndiqués de la mine de la Bouble

Politique et sociale

Social

la question agraire dans le département du Puy-de-Dôme

Rapport présenté par le citoyen J. Claussat, député du Puy-de-Dôme, au congrès de la Fédération Socialiste tenue à Aubière le 29 octobre dernier (suite et fin)

Je suppose que les paysans d'Auvergne écoutant nos conseils, forment un peu partout des syndicats professionnels agricoles, des sociétés de secours mutuels contre la mortalité du bétail ; qu'ils engagent la lutte contre la grêle, par l'achat de fusées paragrêles et l'établissement de postes judicieusement choisies ; qu'ils luttent contre la gelée par l'achat des marmites et de goudron ou de foyers Lestoux ; qu'ils enrayent les progrès des innovations par le reboisement des montagnes et l'assainissement des marais ; qu'il fasse de la culture intensive par l'emploi d'engrais appropriés à des terrains bien analysés dans un laboratoire agricole.

La question agraire sera-t-elle résolue dans notre pays ? Non, citoyen. Tous les remèdes que je viens d'indiquer ne sont que des palliatifs, auxquels il convie d'ajouter la création de caisses de crédit agricole mutuel. Pour mon compte personnel, j'attache une très grande importance à l'existence de ces caisses de crédit. Je vais m'expliquer. Il y a certaines époques de l'année où le paysan un besoin pressant, impérieux d'argent. Par exemple à la Saint-Jean, à la Saint-Martin, à la Noël.

À ces moments-là, il doit ces fermages achat pour les semences, les engrais, les matières chimiques pour sulfater, soufrer, sans compter les nécessités immédiates de la vie.

Les accapareurs connaissent ce besoin d'argent du paysan à l'époque déterminée. C'est le moment qu'il choisisse pour lancer leur courtier.

Le besoin impérieux d'une part, le paiement comptant d'autre part, font que les paysans livrent ses produits à vil prix. Non seulement il se fait à lui-même un temps considérable, mais encore il fait du tort à la collectivité paysanne tout entière en provoquant la baisse des produits.

Si le paysan ne veut pas livrer sa marchandise à bas prix, il est obligé d'emprunter. Et à qui s'adresse-t-il ? Au notaire, au Crédit foncier, à l'usurier, au prêteur à la petite semaine, et la conséquence, vous la connaissez tous, camarade, c'est l'hypothèque. Alors il est perdu, il ne peut plus se relever. Parviendrait-t-il, par hasard, à force d'économie, de travail, de ténacité à parfaire la somme empruntée, ou une année exceptionnellement bonne, lui permettrait-elle de rembourser, il ne le peut pas, son hypothèque n'est pas à terme, et son créancier se refuse à accepter le remboursement, sachant que son argent est bien placé.

Puis vient un malheur, la maladie pour le paysan ou pour les siens, un accident a une de ces bêtes, une épidémie, 2 ou 3 mauvaises années qui se succèdent, et l'argent économisé avec tant de peine s'en va et c'est l'hypothèque renouvelée est malheureusement trop souvent augmentée.

C'est alors et au bout de quelques années, les intérêts impayés ont grossi la dette, cette expropriation. Je ne noircis pas le tableau, camarade, je constate en fait que nous voyons tous les jours sous nos yeux.

Eh bien, il y a un moyen pour le paysan d'éviter cette éventualité redoutable. Ces 2 créés dans chaque commune, un syndicat agricole et une caisse de crédit agricole mutuel.

Pour le syndicat, le paysan achètera un meilleur marché en gros, en commun et accrédite tout ce qui est nécessaire à l'exploitation de sa propriété, et en même temps le syndicat pourra acheter pour le compte de tous ses membres les machines agricoles que cela n'aurait pues se procurer : batteuses, faucheuses, moissonneuses, pressoirs, alambics, etc., au bout d'un petit nombre d'années, les machines seront payées et dorénavant pour s'en servir, le paysan n'aura qu'à payer une indemnité d'entretien et d'amortissement extrêmement faible.

Par la caisse de crédit, le paysan n'aura pas à aller baisser le chapeau devant qui que ce soit. Il sera son propre emprunteur et son propre prêteur à lui-même. S'il a besoin de quelques centaines de francs, il empruntera à court terme, par billet renouvelable tous les 3 mois, et un taux relativement bas, de 3 50 à 4 Fr. pour cent et par an.

Si, à chaque trimestre, il peut réaliser une économie aussi minime soit-elle, il en diminuera d'autant son billet du trimestre suivant et ne paiera ainsi que les intérêts de la somme qui lui est strictement indispensable.

Par cet emprunt à court terme, il pourra garder chez lui, au lieu de les livrer à vil prix aux intermédiaires, son blé, son vin, ses pommes de terre, ces fourrages, et attendre que les cours soient devenus suffisamment rémunérateurs. Ainsi il aura intelligemment servi ses intérêts personnels, il aura soutenu les intérêts de la classe paysanne en avilissant pas les prix, tout en conservant sa dignité et son indépendance.

Si au contraire, le paysan a besoin d'une forte somme pour agrandir sa propriété, pour construire ou réparer sa maison, pour renouveler ou augmenter son cheptel, pour transformer son outillage ou son mode de culture, il empruntera à long terme, pour 5,10 ou 15 ans.

Pour ma part, j'estime que ce sont là des avantages matériels et moraux que le paysan ne doit pas laisser échapper.

Un poussé dans cette voie de ne plus s'adresser aux capitalistes, nous la mènerons tout naturellement à créer des sociétés secours mutuels contre l'incendie.

Nous aurons, nous socialistes, appliquer le programme intégral du Parti Radical. Par cela même nous aurons commencé l'application d'une autre. Ce n'est pas impunément et sans s'éduquer, sans se pénétrer de l'esprit de solidarité et d'altruisme, que le paysan fréquentera son syndicat, le gérera, sera tantôt membre, tantôt expert, tantôt administrateur de ses sociétés de crédit, de ses Mutuels Bétails ou Incendie. Quand par l'expérience dans les bons résultats obtenus, il aura compris les bienfaits de l'association ; quant à l'usage il aura vu, senti, touché les avantages du syndicalisme, nous créerons des syndicats de producteurs vendant en commun, et quand faire ce pourra, quand la configuration du sol s'y prêtera, quand le mode de culture le permettra, le paysan travaillera en commun, utilisant ainsi la machine qui, théoriquement doit être fait pour soulager le travailleur et dont l'exploiter.

Car il faut que le paysan se pénètre bien de cette idée, que même en admettant qu'ils soient exonérés d'une partie ou de la totalité de son impôt foncier, que ces récoltes soient abondantes, qu'il n'est pas d'épidémie, ni animales ni végétales, il arrivera un moment où la grande culture industrielle produira d'une façon si intensive et assis Bon Marché, qu'elle lancera sur le marché des produits de qualité supérieure et à des prix inférieurs qui feront aux petits producteurs une concurrence contre laquelle il ne pourra pas lutter.

Notre action, à nous militants socialistes ne devra pas se borner à éduquer et à organiser la classe paysanne, car nous le laisserions encore aux prises avec les intermédiaires.

Ce qu'il faut, c'est aussi organisé éduquer la masse ouvrière. Parallèlement, en même temps que les ans créeront des coopératives de production, il faut que les autres créent des coopératives de consommation.

Et ainsi, sans intermédiaire, les coopératives, les syndicats paysans, traiteront directement avec les coopératives, les syndicats ouvriers.

La mévente et la fraude, cette créatrice de la mévente disparaîtront d'elles-mêmes. Au lieu d'avoir l'anarchie entre la production et la consommation, il y aura l'harmonie. Nous aurons résolu ce problème qui semble de prime abord paradoxal, de faire vendre plus cher les produits du paysan, et de les faire acheter à meilleur marché par l'ouvrier. Au point de vue moral, nous aurons rempli un grand devoir social, celui de faire disparaître ce prétendu antagonisme que les bourgeois, radicaux ou réactionnaires, prétendent exister entre les paysans producteurs et les ouvriers consommateurs. Le sort des uns est intimement lié au sort des autres. Ce n'est que par l'entente bien comprise des uns et des autres, que la classe des travailleurs secouera le joug de la classe capitaliste parasitaire.

Pour arriver à ce but, il faut de notre part, militants socialistes, développer une action énergique, un effort incessant. De la part de la classe paysanne, il lui faut immoler son égoïsme sur le thème du travail. Le salut, pour elle, est à ce prix dans notre société moderne, où le grand machinisme détruit de plus en plus la petite industrie, où le grand commerce absorbe tous les jours le petit boutiquier, l'homme isolé est un serf. L'industrialisation ne s'est pas bornée à l'industrie ou au commerce, elle a envahi l'agriculture.

Dans le Midi, en Beauce, dans le Nord, en Champagne, les petits lopins de terre ont fait place à la grande, à l'immense propriété terrienne. Ce n'est plus un individu aussi riche soit-il qui possède le domaine, c'est une société anonyme.

Ce n'est plus un fermier qui exploite le domaine avec des domestiques.

Il y a à la tête de ses immenses territoires un directeur comme dans une grande usine, et à côté de lui, des ingénieurs agronomes.

On supprime de plus en plus la main-d'œuvre humaine pour la remplacer par des machines agricoles mues par la vapeur ou l'électricité.

Limagnards, si vous n'y prenez pas garde, si vous écoutez pas les conseils que vous donne le Parti socialiste, si vous ne venez pas vous ranger sous les plis du drapeau rouge de l'Internationale ouvrière, vous disparaîtrez en tant que propriétaires comme ont disparu vos camarades du Midi, de la Beauce, du Nord et de la Champagne, comment disparu la petite industrie familiale et le petit boutiquier.

Quant à vous, Lontagnards, être bien loin l'échéance tragique que je laisse entrevoir à la classe paysanne, méfiez-vous que je sois bon prophète.

En ce moment vous vendez bien tout votre bétail, et vous dîtes que tout va bien sous la meilleure des républiques radicales.

Eh bien moi je vous dis que vous êtes en train de tuer votre poule aux œufs d'or. Sous prétexte que les bœufs et les vaches se vendent bien, vous engraissez à outrance et décimez vos troupeaux ; sous prétexte que le veau se vend à prix d'or, vous vendez tous vos vos et vous ne faites plus d'élevage ou en proportion si minime, que bientôt, si ne s'éteint pas chez vous, cette soif du bénéfice immédiat, vous n'aurez plus de bêtes, ni vieille, ni jeune. Si malheur voulait que des années de pluies torrentielles comme l'an dernier, ou de CHRS prolongée comme cette année, se renouvellent 4 ou 5 ans de suite, si la maladie gagnait le topinambour, le rutabaga ou la betterave, comme elle a envahi la pomme de terre, si la limace continuait pendant quelques années à manger vos seigles comme elle l'a fait cette année, si les fourrages manquaient comment 1894, ou s'il continuait d'être de mauvaise qualité comme l'an dernier, s'en serait fait de votre élevage et par conséquent de votre bien-être actuel.

Vous n'être guère prévoyants, vous déboisez tous les jours parce que le bois se vend bien, parce qu'il en faut partout en abondance, dans les constructions, comme support de l'électricité et de la force motrice, pour la fabrication du papier, pour le chauffage, mais vous ne reboisez pas. À la disparition de ce revenu, vous ajouterez l'inondation pour vous d'abord, pour les autres ensuite, puisque vous avez bien que le déboisement est la principale cause de ce fléau. Quand vous n'aurez plus vos bois, vos vastes forêts, vous aurez moi d'ombrage et moins d'humidité et vos prés s'en ressentiront.

Je dis donc que quand une classe de citoyens court temps de risque, quand elle est sujette à tant d'aléas, quand il lui faut réunir, pour assurer son bien-être, tant de conditions, je dis que sa fortune actuelle est précaire et à la merci des événements.

Et si à tout cela, vous ajoutez, paysans de la plaine et de la montagne, les risques de guerre que nous font courir et nos dirigeants et nos financiers, je dis que votre situation peut devenir plus mauvaise encore qu'elle ne l'est à l'heure présente.

Un seul parti se présente à vous qui crie : Guerre à la guerre par tous les moyens.

Un seul parti se présente à vous apportant des solutions pratiques à tous les grands problèmes posés devant le lendemain des travailleurs.

Ce parti, c'est le parti socialiste, c'est le grand Parti des travailleurs, c'est le parti de la Libération paysanne et ouvrière.

À vous, paysans, de savoir rejoindre et grossir ses rangs, en vous rappelant que vous n'avez rien à attendre des Partis bourgeois, que mensonge et duperie, exploitation et pillage et que l'émancipation des travailleurs doigts être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Docteur J. Claussat. Député du Puy-de-Dôme.

Dans la montagne d'Ambert

La grève des ouvrières en chapelets

Les chapelets de lux

On a vu, dans notre numéro de la semaine dernière, ce que sont payées les ouvrières pour la confection des chapelets ordinaires et en quoi consiste leur travail ; nous ne voudrions pas clore cette petite étude sans donner quelques indications sur les chapelets qui laissent aux industriels qui les fabriquent, les plus gros bénéfices.

Ces chapelets, qu'on appelle chapelets de lux, sont fabriqués par les plus importantes maisons de l'industrie du chapelet pour lesquels ils sont une grosse source de gains, car ils sont confectionnés dans les magasins mêmes dans des ouvrières qui gagnent de un franc 1,25 Fr. par jour.

La production journalière d'une ouvrière peut être de 3 douzaines de chapelets. La façon revient donc au fabricant à 0,0 3 Fr. et demi par pièce.

Or, ces chapelets, dans la fabrication desquels il entre de l'argent, du vermeil, de l'or, de la nacre, de l'ambre, du corail, de l'améthyste, des perles fines, etc.… se vendent à des prix très élevés, de 20 à 60 Fr. la pièce et même plus, suivant la matière employée.

Les bénéfices résultant de cette fabrication vont jusqu'à 60 et 80 % sans que les prix de façon augmentant en rien.

Aussi, les industriels qui fabriquent ce genre, compte-t-il, parmi eux, des millionnaires et des archives millionnaires.

Et ce sont ceux-là, les plus riches, qui oppose aux revendications ouvrières la plus grande intransigeance, alors que les petits fabricants auraient plutôt des tendances à négocier. C'est souvent ainsi : plus leur coffre-fort se remplit, plus ils veulent le remplir. Tant pis si de nombreux jeunes filles ou jeunes femmes en souffrent ; les exploiteurs s'en moquent et se font fort de mater leurs ouvrières.

Pourtant, nous avons l'impression bien-être qu'ils se trompent ; loin de se décourager, les ouvrières en chapelets sont plus que jamais disposées à lutter et à étendre le mouvement. On s'en apercevra avant peu.

En attendant, de toutes nos forces, nous leur crions : Courage ! exiger des salaires en rapport avec votre travail.

A. Paulin

Informations générales

Recettes utiles

Pour guérir les crevasses et les gerçures

Il suffit de faire le soir, en se couchant sur les crevasses et les gerçures une application de glycérine pure, ou mieux de la glycérine dans laquelle on aura mêlé quelques grammes de teinture d'aloès.

Pour détruire les charançons

On jette près des tas de blés de la liqueur d'absinthe qui fait sortir ces insectes ; il ne reste plus qu'à les écraser. Ou bien on pose des pots de boutons fraîches sur le tas de blé, la laine touchant le grain ; tous les charançons vont se loger dans la laine conseil clouent ensuite dans la basse-cour.

Pour nettoyer les vieilles peintures à l'huile

Il faut être et les essuyer ensuite avec un linge.

Pour guérir les les boutons d'acné, le dartres

Prendre après les repas une tasse de gentiane ; ou avant les repas un petit verre de vin dans lequel a macéré de la racine de gentiane.

Pour enlever les taches de fruits et d'encre sur le linge

laisser tremper le linge taché durant quelques heures dans du lait caillé

===== pour débarrasser un chien de ses puces le savon noir et mettre dans cette niche une litière de feuilles de menthe ou de feuilles de noyer. On peut encore badigeonner sa niche avec du pétrole, l'odeur du pétrole éloigne les puces.

Pour enlever les taches de graisse sur du papier

Mélangez en partie égale de l'alun brûlé en poudre et de la fleur de soufre poudre ; frotter doucement, après avoir mouillé légèrement le papier, l'attache avec les 2 poudres : elles disparaîtront peu à peu.






30 Décembre 1911 31 Décembre 1911 1er Janvier 1912