28 Janvier 1906

De Entre plaine et volcans
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Sommaire

National

Une Europe nouvelle

L'Europe officielle, avec ses diplomates qui y représentent beaucoup plus les ambitions dynastiques et les appétits financiers que les intérêts des peuples et réunis à Algésiras, pourrait résoudre dans la paix la question marocaine d'où faillit sortir la guerre. Et nul ne saurait dire encore si la conférence aboutira à quelqu'un de ces protocoles subtils qui règlent pour quelques mois des situations épineuses, ou bien si les plénipotentiaires de l'Europe se sépareront sans avoir rien conclu, laissant la paix du monde à la merci du premier incident.

Mais c'est Europe-là, sourdement travaillér par les rivalités féroces des oligarchies capitalistes et par les desseins belliqueux des monarchies et du capitalisme et qui donnent en tout cas des signes évidents d'un affranchissement prochain.

À l'Orient de l'Europe, le mouvement révolutionnaire russe ne faiblit pas. Le tsarisme a pu noyer dans le sang l'un des foyers de résistance. Les libéraux et les socialistes demeurent debout, et ce sont eux qui vont, dans l'Assemblée nationale prochaine, organiser méthodiquement et légalement un régime nouveau qui ne sera peut-être pas encore la République, mais qui enlèvera au tsarisme toute puissance effective.

En Allemagne, il semble que la social-démocratie, longtemps pacifique, se réveille et veuille enfin entreprendre contre l'empereur et sa bureaucratie une lutte sérieuse. Pour la première fois depuis de longues années, on a assisté l'autre jour à des manifestations colossales du parti socialiste allemand, et se réveille du peuple inquiète assez les chefs des parties réactionnaires pour qu'ils conseillent ouvertement à l'empereur des mesures de rigueur et des lois d'exception contre les socialistes. Mais ce jeu n'est pas sans risques : le parti socialiste allemand compte plus de 3 millions d'électeurs ; aujourd'hui c'est pour le suffrage universel intégral que cette masse organisée s'agite ; demain, si l'empereur lui déclare la guerre, c'est la République qu'elle réclamera

James Keir Hardie

Les élections qui viennent d'avoir lieu en Angleterre n'ont pas été seulement une défaite sans précédent pour le parti conservateur ; elles ont révélé soudain un mouvement ouvrier et socialiste dont personne ne soupçonnait l'intensité. Dans la précédente Chambre des communes, il n'y avait qu'une douzaine de membres du parti libéral ouvrier, et seulement un représentant du parti ouvrier proprement dit, le citoyen Keir Hardie. Or les résultats connus à ce jour donnent 43 sièges aux diverses nuances de l'opinion ouvrière, dont une dizaine seulement à la fraction modérée du Libéral Labour Party, 9 aux membres de la Fédération des mineurs d'Angleterre, qui ne sont pas ce nettement socialiste, et 25 au parti ouvrier proprement dit, appartenant à l'opinion socialiste.

Ainsi, dans l'Angleterre monarchiste et traditionaliste, apparaît pour la première fois, avec une force singulière, un parti nouveau, distinct de tous les autres, qui va porter au sein du Parlement anglais les revendications prolétariennes. C'est un événement considérable et qui doit marquer, dans l'évolution de l'Angleterre vers les formes nouvelles de l'activité politique et économique, une étape décisive.

Ce mouvement démocratique que nous venons de constater en Russie, en Allemagne et en Angleterre, est parti de la France. Il est la répercussion du vaste ébranlement qui a suivi chez nous l'affaire Dreyfus , et qui s'est manifesté par 5 années d'action républicaine et anticléricale. Il est d'ailleurs général. Le vieil empire des Habsbourg sonnait à son tour l'agitation politique. En Hongrie, libéraux et socialistes luttent ensemble pour la conquête du suffrage universel. En Italie, la monarchie de Savoie, pour conserver quelques forces quelque crédit, est obligé de faire parti de démocratie, radicaux constitutionnels, républicains, socialistes, des concessions très étendues. La très catholique Espagne elle-même voit croître dans des proportions inconnues jusqu'à ce jour les aspirations républicaines, et la monarchie y est condamnée à disparaître le jour où les républicains et les socialistes s'uniront pour la renverser.

Ainsi toutes les grandes nations de l'Europe et des états de second rang eux-mêmes subissant ce moment la même crise politique. Partout la démocratie s'éveille, les peuples arrivent à la conscience de leurs droits, les revendications des travailleurs se formulent et se précisent. Il y a désormais en Europe une force nouvelle, déjà égale et bientôt > tous les pouvoirs de réaction et de privilèges ; une force de liberté, de justice et de paix qui défie tous les despotismes, toutes les oppressions, toutes les violences.

C'est l'humanité qui s'organise et se met en marche vers des destinées meilleures. Le jour où il n'y aura plus en Europe que des peuples libres, des nations émancipées, des démocraties-sœurs, ce jour là nous aurons tué la guerre est réalisé, sinon l'internationale du travail, du moins l'internationale de la liberté ; nous aurons fondé la fédération des États-Unis d'Europe, où viendront se réconcilier, sans se confondre, les nations rivales et belliqueuses de l'Europe d'aujourd'hui.

Voilà l'avenir que nous annonce les victoires partielles et encore indécises de la démocratie et du socialisme en Europe. Saluons-les comme le signe de victoires plus complètes, et ne désespérons pas du triomphe final de la justice de la paix. Le monde ne recule pas.

Alexandre Varenne

Échos parlementaires

À la chambre

-o- . La Chambre s'est réunie lundi à 2 heures. Elle a adopté sans discussion le projet de loi relatif à la santé publique, voté au Sénat.

On revient au budget de l'intérieur. Un certain nombre de députés pose des questions au ministre de l'intérieur sur des faits locaux.

Les chapitres 1 et 5 sont adoptés. Monsieur Sénacdemande une réduction du chapitre relatif au traitement des fonctionnaires.

Cette proposition est repoussée.

Le citoyen Constans propose une réduction de 1 475 000 Fr. en vue de la suppression des sous-préfets.

L'amendement est adopté par 300 voix contre 219.

Le citoyen Dejeante demande au ministre d'inviter les préfets à intervenir entre les patrons et ouvriers que lorsqu'il y a conflit et que leur intervention est réclamée.

-o- . Mardi matin, reprise – enfin ! – de la discussion du projet de loi sur les retraites ouvrières.

Le paragraphe 2, fixant le prélèvement à un taux variant de un à 2 % est adopté.

Au début de la séance, Monsieur Isoard dépose une proposition tendant à l'abrogation de l'article 3 de la loi de 1850 ; l'urgence est votée et l'on reprend la discussion du budget de l'intérieur.

Les critiques contre certains fonctionnaires occupent la plus grande partie de la séance.

-o- . Mercredi matin, suite de la discussion des retraites ouvrières.

Monsieur Drake développe un amendement tendant à exonérer du prélèvement obligatoire les ouvriers et employés affiliés aux sociétés de secours mutuels ayant organisé des services de pensions.

L'amendement, combattu par la commission, est repoussée

L'article 3 est adopté

-o- . À la séance de l'après-midi, reprise de la discussion du budget de l'Intérieur.

Le citoyen Thivrier demande la suppression du crédit de 1 million relatif aux agents secrets de la sûreté générale. Notre ami critique le recrutement des agents secret qui sont le plus souvent des épaves humaines, des gens du monde dévoyés et ajoute que, selon l'ancien préfet de police Andrieux, ces agents sont des agents provocateurs, allant au besoin déposer une bombe au moment opportun, comme cela a eu lieu à la statue de Monsieur Thiers. L'orateur n'admet pas que l'argent des contribuables soit employé à subventionner telle ou telle opinion. Les fonds secrets servent à savoir ce qui se passe tantôt dans les comités révolutionnaires, tantôt dans les comités nationalistes ou monarchistes. De sorte que tout le monde est trompé successivement

Monsieur Rouvierdemande le maintien des crédits et pose la question de confiance.

L'amendement est rejeté par 341 voix contre 138.

Monsieur Paul Bertrand, pour protester contre la laïcisation des services pénitentiaires, demande une réduction de 28 875 Fr. au chapitre.

L'amendement est repoussé par 268 voix contre 266.

-o- . Jeudi matin reprise de la discussion de la loi sur les retraites ouvrières.

Dans la soirée on a achevé le budget de l'intérieur et on aborde le budget de l'agriculture.

Au Sénat

-o- . Mardi, au début de la séance, Monsieur Ricarddépose une question sur la répression des fraudes des denrées alimentaires. Il se plaint que le règlement d'administration publique prévue par la loi de 1905 ne soit pas encore publié.

-o- . Au Sénat, jeudi, suite de la discussion du projet tendant à la répression de la corruption électorale.

Pensée socialiste

Nous avons dans notre société beaucoup d'établissement de bienfaisance, monts-de-piété, sociétés de prévoyance, d'assurance mutuelle. Quelques-unes sont utiles et rendent des services. Leur vice commun et de procéder de de l'iniquité sociale qu'ils sont destinés à corriger, et d'être des médecines contaminées. La bienfaisance universelle, c'est que chacun vive de son travail, et non du travail d'autrui.

Anatole France

Revue de la semaine

Informations politiques

La loi de 9 heures dans les ministères

Les députés des circonscriptions minières ont entretenu le ministre des travaux publics des incidents soulevés par l'application de la loi fixant à 9 heures la durée du travail dans les mines.

Cette délégation, composée des citoyens Basly, Lamendin, Bouveri, Thivrier, et Baron, a fait connaître comment certains directeurs interprétaient la loi.

Le ministère a promis de préparer une nouvelle circulaire qui précisera les points qui sont en discussion.

Une interpellation

Monsieur de Rosambo, député réactionnaire, vient d'aviser le ministre de la guerre de son intention de l'interpeller sur la situation des membres du Parlement et de certains fonctionnaires en cas de mobilisation.

Le droit d'association

Monsieur Salis vient de déposer l'amendement suivant à la loi de finances :

« Les agents du service actif des douanes jouissant de leurs droits électoraux sont maintenus dans la catégorie des fonctionnaires civils par application de la loi des associations du 1er juillet 1901 ».

La réhabilitation des faillis

La commission de la réforme judiciaire a adopté le rapport de Monsieur Lauraine tendant à modifier les articles 606 et 607 du code de commerce.

La réforme proposée par Monsieur Lauraine a pour but de remédier à la situation qui fait qu'un failli reconnu honnête par le tribunal peut obtenir sans bourse délier sa réhabilitation, tandis que celui qui obtient sa réhabilitation en parvenant à désintéresser ses créanciers doit payer des droits d'enregistrement fixé à 0,50 Fr. pour cent sur les quittances et qui par lesquels il justifie sa libération.

Pour la paix internationale

Le bureau socialiste international tiendra séance en mars. L'ordre du jour comprendra entre autres une motion du citoyen Vaillant relative à l'attitude du prolétariat international en cas de guerre.

L'anniversaire du 22 janvier

À Paris et dans un grand nombre de villes, le Parti socialiste a commémoré la date du dimanche rouge en Russie.

Des réunions ont été organisées au cours desquelles les orateurs ont flétri l'odieuse attitude du gouvernement russe est rendu hommage aux travailleurs qui ont lutté jusqu'au sacrifice de leur vie pour leur indépendance.

En Allemagne, on semblait craindre pour la journée. Les réunions, qui à Berlin et dans ses environs eurent près de 300 000 auditeurs et plusieurs autres centaines de 1000 en province, n'ont donné lieu à aucun désordre.

Il en a été de même en Belgique.

Nouvelles judiciaires

Un acquittement

Le jury breton vient de se montrer plus libéral que le jury parisien. Il était appelé à statuer sur le cas du citoyen Pengam, ouvrier à l'arsenal de Brest, poursuivi pour avoir tenu dans une réunion publique des propos « antimilitaristes ».

Pengam a été acquitté.

Monsieur Jaluzot condamné

Le tribunal correctionnel de la Seine a condamné Monsieur Jaluzot, député nationaliste de la Nièvre, ancien directeur des magasins du Printempsun an de prison avec sursis et 3000 Fr. d'amende pour escroquerie et abus de confiance.

Exemple à suivre

Le tribunal de Semur vient de rendre son jugement dans le procès intenté par l'abbé Deblangey, curé de Saint-Thibault à Monsieur Daubourg, maire, pour entraves à la liberté des cultes.

Monsieur Daubourg, ayant reçu du préfet l'ordre de dresser l'inventaire des objets consacrés à l'exercice du culte dans sa commune, avertit le curé qui ne répondit pas.

Le maire fit sommation au curé d'avoir à l'assister dans les opérations de l'inventaire. Celui-ci garda le silence. Le maire fit mettre les scellés sur la porte de l'église qui, de ce fait, resta fermée pendant un mois.

Le tribunal reconnaissant que Monsieur Daubourg n'a fait qu'exécuter les ordres du préfet et agit loyalement en sa qualité de maire, que les scellés ont été apposés aux portes de l'église de Saint-Thibault, rendus nécessaires par l'insubordination de l'abbé Deblangey, a renvoyé Monsieur Daubourg des fins de la poursuite et a condamné l'abbé Deblangey aux dépens.

Faits divers

Religion de charité

Aux Sables d'Olonne, les opérations de l'inventaire ont donné lieu à des incidents.

L'inventaire venait d'être terminé, et Monsieur Pascal, sous-inspecteur de l'enregistrement, sortait de la sacristie en compagnie de quelques marguilliers et d'un vicaire, lorsqu'un groupe de femmes qui les suivaient se sont jetées sur lui, l'ont renversé et piétiné avec un acharnement inouï.

Au moment où Monsieur Pascal cherchait à se relever, un jeune homme lui asséna un coup de canne plombée sur la tête en criant : « Sale youpin ! ».

Monsieur Pascal s'affaissa, perdant beaucoup de sang ; il fut transporté à une pharmacie voisine, où l'on constata qu'il avait une blessure très profonde de la tête et des contusions multiples sur les jambes. Le Docteur Godet lui a donné des soins. Le parquet a ouvert une enquête sur ces faits graves. L'agresseur est un jeune homme qui assistait aux opérations de l'inventaire. Les témoins de la scène, qui pourtant le connaissent bien, ont refusé de faire connaître son nom.

Rien ne justifie cet acte de violence. Tous les marguilliers présents à l'inventaire sont unanimes à reconnaître que Monsieur Pascal a accompli sa mission avec le plus grand tact.

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Un vote sans portée

La Chambre a voté l'autre jour, sous la forme d'une suppression de crédits au budget de l'intérieur, la disparition des sous-préfets. Ce n'est pas la première fois que cette assemblée se livre à une manifestation de ce genre, et l'on se souvient peut-être qu'en 1886, elle renversa le ministère Goblet sur cette question. Les sous-préfets n'en ont pas moins été maintenus ; ils ne seront encore. Le Sénat ne manquera pas de rétablir le crédit supprimé par la Chambre, et celle-ci cédera, comme d'habitude, après une courte et molle résistance.

Il ne faut pas le regretter trop vivement.

L'expérience démontre que les réformes accomplies par voie budgétaire ne sont pas toujours très sérieuses. Pendant 25 ans les républicains ont voté la suppression du budget des cultes, croyant préparer ainsi la séparation des Églises et de l'État. Or, cette réforme n'a été réalisée que par un projet de loi spéciale, longuement étudié et discuté, ce qui prouve que la question n'était pas aussi simple que ce l'imaginaient les républicains de bonne foi qui chaque année votaient la séparation sous la forme d'une suppression de crédit.

Il en est de même pour la question des sous-préfets. Si on les supprimait demain, on les remplacerait aussitôt par de nouveaux fonctionnaires. Et l'on aurait pas fait avancer d'un pas la véritable question, qui est celle de la réforme administrative.

Pour faire œuvre utile et sérieuse, c'est tout l'édifice de nos institutions administratives qu'il faut réformer : il faut ruiner le système de centralisation imaginée par Napoléon et le remplacer par des institutions nouvelles adaptées aux besoins et aux mœurs d'une démocratie.

Sous le régime napoléonien, que nous subissons encore, il n'y a de pouvoir véritable qu'entre les mains du gouvernement et de liberté administrative nulle part. La commune n'est pas libre, ni le département. C'est l'État qui gouverne jusque dans le dernier des hameaux, par le préfet, son représentant direct, dont l'autorisation est nécessaire pour déplacer une fontaine, lequel nomme à son tour les emplois, dirige tout, absorbe tout.

Les conséquences de ce système sont désastreuses : politiquement, il nous impose les mœurs de la monarchie ; économiquement il concentre toutes les énergies et toutes les forces du pays dans la capitale au détriment de la province qui végète et se dépeuple.

C'est par une réforme d'ensemble, conçu suivant un plan général, qu'on transformera tout cela, et donc par des votes hâtifs comme celui de l'autre jour.

Tout est en effet à refaire dans notre organisation administrative : il faut donner plus de liberté à la commune, créer l'administration cantonale, qui n'existe qu'à l'état d'ébauche ; étendre à la région les cadres du département, séparer les pouvoirs d'administration du préfet de son rôle politique, confiée à des assemblées régionales le soin des intérêts qui ne sont pas régionaux : en somme beaucoup d'administration et le moins possible de gouvernements, quel est le régime qui convie à un peuple libre.

Ce n'est pas la suppression des sous-préfets qui nous le donnera. Le problème est beaucoup plus étendu, et c'est se livré à une manifestation puérile et sans portée que de prétendre le résoudre en une heure, par un vote sans lendemain.

Alexandre Varenne

Régional

Puy-de-Dôme

Vote de nos représentants

À la Chambre

Scrutin sur l'amendement Thivrier tendant à la suppression des fonds secrets :

  • . Puy-de-Dôme. – Tous nos députés ont voté contre.
  • . Haute-Loire. – Monsieur Michel a voté pour. Les autres députés ont voté contre

La chambre a repoussé par 338 voix contre 126.

Cour d'assises du Puy-de-Dôme

Par arrêts de la chambre des mises en accusation, sont renvoyés devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme dont la cession s'ouvrira le 12 février prochain :

  • . André, notaire à Clermont : Faux en écritures authentiques ; usage de faux et abus de confiance qualifiés.
  • . François Brugère, cultivateur à la Faye, commune de Saint-Quintin : Viol et tentative de viol.
  • . Jean-Clovis Laporte, marchand de toiles ambulant à Égliseneuve d'Entraigues : Faux en écritures de commerce et usage de faux.
  • . Françoise Greliche, marchande de nouveautés à Issoire ; Adolphe Coste, négociant à Issoire ; Jean Magaud, d'Issoire (actuellement en fuite) : Banqueroute frauduleuse et complicité.
  • . Les frères Joseph et Arthur Heydart, découpeurs à la scie, sans-domicile-fixe : Vols qualifiés.
  • . Antoine Silvère, ex-aide au bureau de poste d'Ambert (actuellement en fuite) et Pierre Montel, demeurant Ambert : Faux en écritures authentiques et usage de faux.

La candidature Piou

Monsieur Dumont, qui avait songé un moment à briguer amende la succession de Monsieur Daudé, élu sénateur, s'efface pour céder la place au chef incontesté du parti clérical, à Monsieur Piou, ancien député de Saint-Gaudens.

Jacques Piou

L'élection de Monsieur Piou est possible et même probable. Ce sera la que les républicains le sachent bien, un événement politique considérable dont les conséquences peuvent être graves pour notre région.

Installé en Lozère, cette citadelle du parti réactionnaire de la France centrale, Monsieur Piou ne manquera pas d'exercer sur toute la région une influence politique dont les effets ne tarderont pas à se faire sentir. Ce n'est pas seulement un orateur de grand talent ; c'est aussi un organisateur émérite. L'association qu'il a groupée autour de lui est riche et puissante ; elle mettra au service de la réaction dans la région du centre des ressources inépuisables en hommes et en argent.

Monsieur Dumont a bien compris quelle partie ils pouvaient tirer, pour son journal et pour lui-même de ce précieux voisinage. Il a sacrifié ses ambitions électorales à son intérêt, et il aspire à faire de l' Avenir, dont la clientèle se limitait jusqu'ici au département, un organe politique puissant, qui rayonnera sur toute la région du centre.

Tel est évidemment le plan de nos adversaires. Mais voilà les républicains prévenus. Qu'il ne se laisse pas surprendre. Il doit se préparer à la lutte, se chercher et se grouper pour se défendre. Demain peut-être vont surgir dans tout le département des candidature cléricale soutenue par l'argent de Monsieur Piou ; les comités de l'Action libérale vont se multiplier. Attendrons nous, pour nous organiser nous-mêmes, que la mobilisation de l'ennemi soit terminée et qu'il ait pris l'offensive ?

Préparons-nous donc à répondre à l'assaut des forces cléricales par l'union des forces démocratiques. Que les bons citoyens travaillent avec nous à développer le mouvement républicain et socialiste. Qu'ils viennent en foule grossir les rangs de notre parti, le plus militant, le plus discipliné, le seul qui possède une organisation sérieuse.

Au parti clérical, qui défend tout ce que nous voulons détruire, qui combat tout ce que nous voulons garder, opposons la force grandissante de la démocratie ouvrière et paysanne. Défendons la République, la libre pensée, le travail contre l’Église, contre la réaction.

Alexandre Varenne

Les élections

Dans la 2e circonscription de Riom. – La campagne du citoyen Varenne

Le citoyen Varenne, candidat du parti socialiste aux élections législatives dans la 2e circonscription de Riom, se disposent à rentrer en campagne.

Dès cette semaine, il se rendra dans le canton de Menat où il visitera toutes les communes en compagnie de notre ami Raphanel, conseiller d'arrondissement.

Voici l'itinéraire de cette tournée :

  • . Vendredi 2 février. – Un 12h30, à Saint-Rémy-de-Blot. À 3h30, à La Villatte, commune de Liseuil. À 6 heures, à Blot-l’Église.
  • . Samedi 3 février. – À 9 heures du matin, à Saint-Pardoux. À 11 heures, à Saint-Quintin. À 4 heures du soir, à Marcillat.
  • . Dimanche 4 février. – À 9 heures du matin, à Saint-Gal. Arroseurs, à Pouzol. À 3 heures, à Menat.
  • . Lundi 5 février. – À 9 heures du matin, à Neuf-Église. À 11 heures, à Teilhet. À 3 heures, à Servant.

Le citoyen Varenne prendra la parole dans chacune de ces réunions et développera le programme du Parti.

Il continuera sa campagne par le canton de Manzat, suivant un itinéraire que nous publierons la semaine prochaine.

Clermont

Pour les chômeurs

Il y a quelques mois, à la séance du Conseil municipal du 2 décembre 1904, notre excellent ami Morel déposé la proposition suivante :

« Chaque année, à la saison d'hiver, nous avons 2 catégories de travailleurs qui souffrent beaucoup du chômage, pendant de longs mois, qui sont pour tous les travailleurs les plus coûteux et les plus difficiles à supporter. Ces 2 catégories d'ouvriers appartiennent au bâtiment : ce sont les terrassiers, les maçons et tailleurs de pierre.

En conséquence, je demande, afin d'éviter l'humiliation du Bureau de bienfaisance au malheureux en chômage, que le maire, d'accord avec les chefs de service avise immédiatement à la création de chantiers municipaux ».

Après un léger pleur sur la situation des chômeurs, on renvoya le vœu de Morel à la commission des travaux publics.

Je sais qu'on en a tenu compte dans une certaine mesure. Mais depuis 4 ans faits ? A-t-on, cette année, en prévision de l'hiver, préparer quelques travaux ? Pas que nous sachions, et le froid sévit, et le nombre des ouvriers au chômage augmente tous les jours.

Il y aurait un moyen cependant pour donner quelque travail un certain nombre de nécessiteux. Morel l'avait également proposé. Pourquoi le service de la voirie ne ferait-il pas briser la glace qui déborde de nos ruisseaux et rend certaines rues impraticables, par des équipes de chômeurs ?

On doit pouvoir trouver dans le budget de la ville des crédits suffisants pour permettre un certain nombre d'ouvriers en chômage de gagner leur vie au plus fort de l'hiver, tout en effectuant des travaux d'utilité publique.

Ce n'est pas aux riverains qu'il appartient de briser la glace des ruisseaux, ce doit être au service municipal et il y a pour le faire assez de bras inoccupés.

Se trouvera-t-il un conseiller municipal pour le proposer et l'obtenir… avant le printemps ?

Au Conseil départemental de l'enseignement primaire du Puy-de-Dôme

Sous la signature de Madame A. Pallier et Montjotin, membre du Comité départemental, nous lisons ce qui suit, extrait de rapports insérés dans le « Bulletin de la Société amicale laïque des membres de l'enseignement public du Puy-de-Dôme » :

« Séance du 30 novembre. – Monsieur le préfet préside. Les représentants de l'enseignement privé sont présents au début de la séance et siègent dans 3 affaires. Si quelqu'un, malgré la promulgation de la loi, vous affirment, chers camarades, que les congrégations sont dissoutes et l'enseignement congréganiste supprimé, restez sceptique, invoquez le témoignage de vos élus au Comité départemental ; ils certifieront avoir vu, siégeant à leur côté, un congréganiste authentique en soutane et en rabat et ils en induisent… à moins que le proverbe : l'habit ne fait pas le moine, soit devenu un aphorisme juridique ».

Comme les délégués au Conseil départemental, nous sommes étonnés qu'un semblable état de choses puisse exister. Par quelles chinoiseries administratives, par quelle entorse faite à la loi, peut-il se faire qu'au sein d'un Conseil départemental de l'enseignement primaire, on puisse admettre encore un représentant de l'enseignement clérical, affublé d'un costume qui caractérise davantage l'obscurantisme 10 idées qu'il incarne ?

Allons ! il nous faudrait un Combes pendant quelques années à la tête du gouvernement pour donner la chasse à tous ces ensoutanés, en attendant que le socialisme anéantisse pour jamais le cléricalisme et son œuvre.

G. Z.

Le « dimanche rouge »

Se conformant à la décision du Parti, les 3 Groupes socialistes de Clermont adhérant à la Fédération du Puy-de-Dôme (SFIO) se sont réunies lundi dernier au siège de la Fédération, 4, Rue Bergier, sous la présidence du citoyen Pierre Forest pour commémorer la date du 22 janvier 1905 qui a été le commencement de la Révolution en Russie.

Successivement, les citoyens Pierre Forest, Nivet, Morel et Parassols ont pris la parole pour flétrir les monstrueux attentats du tsarisme et tirer les conclusions internationales de la Révolution russe.

Finalement, l'ordre du jour suivant a été acclamé :

Cavaliers verrouillant la place du palais d'hiver à Saint-Pétersbourg

« Les citoyens réunis en ce premier anniversaire du « dimanche rouge » qui a consommé à Pétersbourg et dans toute la Russie, la rupture irrévocable entre la nation et le tsarisme, affirment la solidarité fraternelle des travailleurs de France avec le prolétariat russe.

Ils adressent le témoignage de leur admiration à tous ceux qui ont, avec tant d'héroïsme, donner leur vie sans compter et leur crient : courage, camarades ! ce n'est pas pour votre seule liberté que vous combattez. La Révolution triomphant en Russie, c'est à bref délai la libération des travailleurs du monde entier.

« Vive la Révolution internationale ! »

Au Conseil des prud'hommes

L'audience de jeudi 25 janvier été chargé en affaires appelées devant la juridiction prud'homale.

Les grands industriels du caoutchouc, Bergougnan, Michelin, était appelés à la barre !

Nous avons remarqué que, d'une façon générale, tous les patrons ayant des litiges avec leurs ouvriers invoquent pour leur défense que ceux-ci étaient des « ouvriers médiocres » ou qu'ils étaient « grisés ». C'est cela Messieurs, lorsqu'on vous réclame ce qui est dû, on est « saoul » parbleu ! Admirable et généreuse défense !

Nous voulons noter une affaire qui a été résolue – sans l'être – au détriment de l'ouvrier, lésé par un entrepreneur de plâtrerie, Monsieur Antoine Billy, dans le paiement du salaire.

L'ouvrier B…, plâtrier spécialiste, fut payé dernièrement par Monsieur Billy à raison de 0,50 de l'heure, alors que B… produisait plusieurs certificats de salaires précédents, à raison de 0,60. Le patron pour appuyer sa défense, s'est servi du règlement établi en 1897 par les chambres syndicales patronale et ouvrière des plâtriers peintres de Clermont.

L'article 5 de ce règlement porte bien il est vrai « le prix moyende leur sera de 0,50 Fr. » mais ne fixe pas le tarif supérieur ou maximum.

Or c'était le cas de l'ouvrier B…, qui en tant que spécialiste, produisait des preuves que son salaire ordinaire était de 0,60 de l'heure.

Nous regrettons donc, dans la circonstance, que le conseil des prud'hommes ait interprété le prix moyenpour le prix maximum de l'heure, et il aitt invité l'ouvrier à retirer sa demande en augmentation de salaire. Nous sommes heureux certes, qu'il n'y ait pas eu de jugement de rendu dans ce sens, mais nous ne saurions trop inviter les ouvriers plâtriers peintres à ne pas laisser consacrer le prix de 0,50 Fr. de l'heure comme salaire maximum, alors que le règlement précité le dénomme «prix moyen».

Coups de patte

-o- . Extrait de l' Avenir du samedi 20 janvier (Compte-rendu de la séance de la Chambre des députés) :

Ferdinand Buisson

« Monsieur Ferdinand Buisson défend longuement les institutions laïques, que personne n'a d'ailleurs attaquées ».

Personne, Monsieur Dumont ? Pas même vous ? L' Avenir et vous-même vous n'avez jamais médit des instituteurs laïques ? Relisez donc la collection de votre journal.

Ou plutôt lisez le même numéro.

Vous y trouverez un filet plein de fiel intitulé : « L’École mixte » dans lequel vous reprochez à « un certain nombre d'instituteurs » d'établir dans leurs écoles « le mélange des sexes » en confiant à l'institutrice les plus jeunes des garçons et des filles. Et de ce fait votre journal tire des conséquences d'immoralité que l'on devine.

Ce qui m'oblige à vous répondre que le « mélange des sexes », comme vous dîtes, se pratique au catéchisme.

Expliquez-nous donc pourquoi, se mélange, permis à l'église, et pernicieux à l'école. Serait-ce parce que le prêtre est célibataire ? Les annales des tribunaux nous apprennent que cette garantie n'est pas suffisante.

-o- . L' Avenir nous fait connaître – avec quelques commentaires indignés ! – Que le chapitre des Devoirs envers Dieuvient d'être rayé du programme d'enseignement moral des écoles normales.

Il n'y a pas de quoi s'indigner, ô pieux confrère. Cette disposition n'est qu'une application logique de la loi de séparation. Désormais les « devoirs envers Dieu » seront enseignés à l'église qui est précisément faite pour cela ; à l'école, on enseignera le reste. On vous laisse l'église, de quoi vous plaignez-vous ?

-o- . Monsieur Dumont n'apprécie pas les vers. Un poète d'occasion lui ayant adressé une pièce en vers intitulée : « Prône d'un curé », l' Avenir s'est borné à insérer une petite note méprisante ainsi conçue :

« À un poète. – Nous avons reçu une pièce de vers intitulé': « Prône d'un curé ». Il nous est impossible d'insérer ; nous n'insérons jamais de vers.

Poète, on vous trompe. L' Avenir publié à l'occasion des pièces de vers. Il me souvient qu'il y a quelques semaines, je lus dans l' Avenir, en feuilleton à la 2e page, une poésie intitulée : « Sermon de charité ».

Mais elle était de Monsieur le Comte de Pontgibaud. Quel est votre nom, ô poète ? Parions que vous n'êtes qu'un vulgaire roturier.

Ripp

À la Bourse du Travail

Dimanche dernier, après-midi, a eu lieu la fête de famille syndicale que nous avions annoncée.

La salle de la Bourse du Travail – réellement trop petite pour les réunions générales – était comble.

Le concert improvisé a pleinement réussi, et l'assistance n'a pas ménagé ses applaudissements aux nombreux camarades artistes amateurs qui se sont succédés sur la scène et se sont faits entendre dans leur répertoire de chansonnettes, romances, récits, monologues comiques et réalistes, etc.….

Puis le camarade Morel a fait une causerie sur l'action syndicale. Il a remercié en passant, les auditeurs qui avaient répondu à l'invitation de la Bourse du Travail, et surtout les citoyennes venues nombreuses à la fête syndicale.

Morel a montré ce qu'est le syndicalisme, et indiquer le devoir de tout travailleur conscient d'être syndiqué, pour l'amélioration de son sort et celui des siens.

En terminant, Morel a annoncé que la Bourse du travail donnerait tous les mois une soirée récréative, avec un programme chaque fois variée, afin que les syndiqués clermontois puissent, avec leur famille et amis, se distraire de temps à autre pour oublier les moments de peines de la vie.

Cette première soirée familiale s'est terminée à 6 heures par le tirage d'une tombola au profit de la caisse de secours.

Et l'assistance s'est retirée, heureuse d'avoir applaudi un programme aussi varié que de circonstance, en se donnant rendez-vous pour la prochaine fête que donnera la Bourse du travail, courant février

Le « vingt-un » janvier

On nous en communique une bien bonne :

Le comité clermontois de l' Union des femmes de Franceayant décidé d'offrir à ses membres et à leurs amis une matinée dansante, avait primitivement choisi la date du 21 janvier.

Ces excellentes dames avaient tout simplement oublié que c'est l'anniversaire de la mort de Louis XVI.

Vous entendez d'ici la clameur d'indignation qui s'éleva du camp réactionnaire. Tout le monde y frémissait en levant les bras au ciel, faire danser le jour où les gens bien-pensants pleurent la mort du Roy, méchamment guillotiné par ces canailles de républicains ! Quel scandale ! Une telle pensée ne pouvait venir qu'à « d'affreuses mégères » capables comme leurs arrière-grand-mère d'aller tricoter des bas au pied de l'échafaud du Roy Martyr. « Ah ! ma chère, ces Femmes de France »

À la place du Comité de l'Union, qu'auriez-vous fait ? Maintenir la date du 21, sans doute, et laisser dire. Eh bien ! non, ces dames ont avancé la matinée aux 14. Je ne veux pas leur en faire grief, elles ont agi selon ce qu'elle croyait le mieux pour les intérêts de leur Association dont le but est si louable. Mais que pensez-vous de tous ces snobs, de toutes ces dames qui trouvent, grâce à la sottise de leurs contemporains assez d'influence pour obtenir de pareils résultats : obtenir qu'on fasse semblant de pleurer cet imbécile ou ce criminel que fut Louis XVI, à plus de 100 ans d'intervalle, par des gens dont, pour la plupart, les ancêtres faisaient parti de la vile multitude, et on dut accueillir avec enthousiasme la nouvelle de la condamnation et de la mort du roy.

Si la Révolution ne s'était pas faite, en renversant les obstacles que le roy voulait lui opposer et le roy lui-même, la plupart de ces beaux messieurs et de ces belles dames seraient encore à l'antichambre, à l'office, à la cuisine ou bien à la ferme, au lieu de parader au salon en singeant les descendants de leurs anciens maîtres.

Vraiment, c'est une bêtise à faire pleurer de rire.

Lumineux

L’École de musique

Notre excellent confrère Saverny n'a encore pas digéré son organiste. Il nous le fait voir en 2 colonnes et demie de Causerie.

Il ne peut admettre que derrière cette histoire de l’École de musique il y ait toute une manigance cléricale.

Nous savons bien que si l'orgue est un instrument plutôt religieux, cela ne veut pas dire que les organistes soit forcément des cléricaux. Malheureusement à Clermont, il en est ainsi, et que ce soit Monsieur Claussmann ou Monsieur Gémont on aurait beaucoup de peine à les faire passer pour des républicains.

Nous n'avons jamais dit que ces 2 éminences ne soient pas de parfaits musiciens. Nous nous aurions jamais nous attelés aux piédestaux qu'ils se sont dressés et qu'ils entretiennent soigneusement toute une cours de laquelle Saverny fait partie, tout au moins pour l'un d'eux.

Nous avons tout simplement protesté contre les petites manœuvres qui se manifestaient autour de l’École de musique – en dehors, nous voulons bien croire, de Monsieur le docteur Cohendy, de Deffretin et peut-être de quelques autres – mais il ne faudrait pas connaître les gens d’Église pour supposer qu'ils mettent quelque loyauté dans leurs entreprises.

Il n'échappera à personne que la situation de directeur de l’École de musique vaille la peine qu'on se démène quelque peu et qu'on y pousse ses créatures grâce auxquelles on pourra un peu plus dominer. C'est cela que nous ne voulons pas.

Peu nous importent en tant que personnalités Messieurs Claussmann, Gémont et même Monsieur Soulacroup, à la remorque duquel on semble insinuer que nous marchons.

Ce qu'il faut, si la ville de Clermont veut créer une École de musique, c'est de la faire totalement municipale avec des professeurs nommés par elle, appointé par elle.

C'est au concours que le Directeur de l’École municipale doit être nommé et si ma foi le concours déclare que Monsieur Claussmann doit être nommé, nous nous inclinons aurons en regrettant toutefois qu'il ne se soit pas trouvé un maître républicain pour l'emporter par le talent et la valeur.

Nous demandons que les choses se fassent au grand jour et que la ville de Clermont, si elle reconnaît la nécessité d'avoir une école de musique, le disent hardiment et fasse les sacrifices nécessaires sans se préoccuper des Instituts cléricaux qui existent et qui manigancent dans l'ombre des surprises plutôt pénibles pour les républicains.

Guerre aux abus

« Monsieur le rédacteur de l' Ami du Peuple

L'article « Un abus à supprimer» paru dans votre dernier numéro me rappelle que votre campagne menée l'an dernier contre un semblable abus a porté ses fruits. En effet, la très cléricale directrice de l'école de filles de la rue Artaud-Blanval et enfin obligée, par ordre de ces chefs, de remplacer une adjointe malade. Depuis une vingtaine d'années, paraît-il, cet autre privilégiée, déchargée complètement de classe, s'était contentée, en cette circonstance, de répartir dans les autres classes les enfants de la maîtresse malade, et cela au grand déplaisir des autres adjointes.

L'administration ami ordre un semblable abus. Les parents s'en félicitent, les enfants s'en trouvent bien et les collègues de la directrice rient fort de la déconvenue de l'omnipotente Mademoiselle Lavérie.

§§§§§

À la suite de notre note, un instituteur-adjoint a été nommé à l’École de Jaude.

Tout est désormais pour le mieux dans la meilleure des écoles et Monsieur Seychaud continuera sans être inquiété… à ne rien faire.

Chez les maçons

Le syndicat des ouvriers maçons et aides-maçons adressent à tous les ouvriers de la corporation le manifeste suivant :

Camarades maçons et aides-maçons,

Ce n'est pas sans peine que nous constatons depuis quelques temps l'absence de nos réunions de nombreux camarades, tous inscrits jadis, sur les registres de notre syndicat, tous animés du même sentiment commun de défense ouvrière.

Rappelez-vous à ce sujet, camarades, les luttes engagées il y a quelques années contre nos patrons exploiteurs, d'où le syndicat des ouvriers maçons sortait victorieux après quelques jours seulement de grève.

À ce moment, notre corporation – étant une des plus importantes de la ville – tenait avec fierté, par le nombre, la tête des organisations ouvrières de Clermont.

Eh quoi ! à la suite d'une première victoire, satisfaits pour ainsi dire des quelques améliorations obtenues dans les conditions de travail, la plupart de nos camarades oseraient nous quitter, abandonnant la grande famille syndicale pour rester chez eux et vivre insouciants ?

Camarades, ce n'est pas possible. Le travailleur conscient de ses droits ce doigt sans relâche à la cause commune des déshérités. Songez en effet que les quelques satisfactions obtenues lors de notre dernière grève sont si minimes qu'on ne s'en aperçoit plus, en raison des conditions de la vie, de plus en plus dures pour l'ouvrier.

Nous avons d'autres revendications à imposer au patronat qui, lui, se rit de notre désorganisation, pendant que tous les entrepreneurs se syndiquent pour briser nos efforts individuels.

À la puissance patronale, nous devons opposer la puissance ouvrière.

2 grandes luttes se préparent et se dessinent dans tout le prolétariat organisé.

Pour que le mouvement ouvrier aboutisse favorablement à nos intérêts corporatifs l'effort de chacun de nous tous est indispensable dans l'action commune.

Camarades maçons,

Nous comptons sur votre concours pour nous aider.

Il faut que pas un de nous ne reste en dehors du syndicat ; comme un seul homme, venez tous vous faire inscrire à l'organisation, seule arme efficace pour combattre l'oppression quelle qu'elle soit.

Tous les camarades maçons et aides-maçons sont prévenus que les syndicats organisent une grande réunion générale de la corporation, dont la date sera fixée bientôt et portée à la connaissance de tous.

Nous espérons que l'assistance sera nombreuse, ainsi que les adhésions nouvelles qui seront enregistrées ce jour-là

Ouvriers maçons, vous viendrez tous à notre prochaine convocation et en franchissant la porte de la Bourse du Travail, vous oublierez toutes les petites questions personnelles qui, trop souvent, se produisent dans nos chantiers ; vous ne songerez qu'au devoir à accomplir et en donnant votre adhésion au syndicat, vous appliquerez le principe qui nous est cher à tous : un pour tous, tous pour un.

Le syndicat des maçons et aides-maçons

Chambre syndicale des ouvriers boulangers du Puy-de-Dôme

Beaucoup de camarades n'ont pu assister à la réunion que le syndicat avait organisé le dimanche 14 janvier.

Camarades,

Devant l'exploitation que nous subissons, nous espérons que vous vous déciderez tous à sortir de votre indifférence inexplicable.

Des camarades boulangers de différentes villes ont déjà obtenu beaucoup d'amélioration dans leurs conditions de travail. Par quels moyens ont-ils arraché à la capacité patronale des conditions meilleures ? Camarades, il n'y a qu'un seul moyen, c'est le syndicat.

C'est pourquoi nous vous invitons à assister à la réunion qui aura lieu le mardi 30 courant, et à venir vous grouper en un syndicat compact et uni afin que nous puissions discuter de revendications si nombreuses.

Camarades, soyez tous présents à la réunion générale qui aura lieu le mardi 30 janvier, à 2h30 de l'après-midi, salle de la Bourse du travail, rues et bâtiments du Théâtre

Le bureau du syndicat

Aubière

Comité républicain-socialiste (SFIO)

Samedi 20 courant, le comité républicain socialiste d'Aubière s'est réuni en assemblée générale afin de reconstituer son bureau pour 1906.

Le secrétaire et le trésorier sortant ont été réélus. Après avoir approuvé le rapport moral et financier et la durée par le bureau, l'ordre du jour suivant a été adopté à l'unanimité.

« Les membres du Comité républicain socialiste d'Aubière protestent énergiquement contre la justice bourgeoise qui condamne des citoyens coupables d'avoir exposé leurs opinions, alors qu'elle laisse dans le repos le plus absolu les banqueroutiers et la haute finance.

Adressent au révolutionnaire russe le témoignage de leur sympathie.

S'engagent à laisser de côté toute question personnelle pouvant porter atteint au parti ainsi qu'à soutenir de leurs efforts le candidat socialiste choisi par les camarades de la circonscription afin qu'il sorte vainqueur de la lutte aux élections prochaines et se séparent aux cris de : « Vive la république sociale ! ».

Par ordre, le secrétaire, Cohendy

Durtol

Cambriolage

Pendant la nuit du 18 aux 19, des malfaiteurs se sont introduits dans une maison isolée, appartenant à Monsieur Châtain Ballet, en passant sur un toit, ouvrant une persienne, cassant un carreau, et ont emporté un fusil d'une valeur de 150 Fr., négligeant tout autre chose.

Anniversaire du 22 janvier

Le comité socialiste de Durtol réuni dans un but de commémoration des massacres de Russie et la lutte que soutiennent contre le tsarisme les prolétaires russes, a, à l'unanimité, voté l'ordre du jour présenté par le parti socialiste.

Le dimanche 21 janvier, un garde forestier surprenait à chasser sur la neige les nommer J. C., fils d'un conseiller municipal et J. C., fils du propriétaire, et les menaçait d'un procès-verbal. Mais tout devait s'arranger à l'amiable grâce à l'intervention d'un maire, membre de la Société de chasse qui condamna le fils du propriétaire à verser 15 Fr., et fut heureux d'aller au banquet dont les 2 lièvres capturés faisaient les frais. Le fils du conseiller s'en tirait sans aucun frais.

Qu'en pensent ces messieurs de la société de chasse ?

Mezel

Comité socialiste (SFIO)

Le comité s'est réuni dimanche dernier en assemblée générale, à l'occasion du renouvellement du bureau sous la présidence du citoyen Besséole.

La parole est donnée au citoyen Chambon :

« Citoyens et camarades

Avant que de procéder au renouvellement de notre bureau, vous voudrez bien me permettre de retracer dans un court résumé les étapes successives que nous avons parcourues ainsi que les actes d'une certaine importance par nous accomplis.

Notre constitution, quoique vu d'un mauvais œil par la municipalité, fut facile ; un grand nombre d'adhérents s'offrirent ; mais malheureusement tous n'étaient pas animés d'un républicanisme sincère, les uns guidés par l'intérêt d'autre part en mission et quelques-uns comme Bouchard s'enrolèrent parmi nous. Tous ces éléments disparates et le potentat de Mezel avec eux croyait que notre formation serait purement platonique et que nous nous demanderions à voter des félicitations à tous nos élus et pour tous leurs votes.

Rappelez-vous leur disparition rapide et tapageuse quand ils comprirent que la majorité républicaine et socialiste voulait agir.

Du jour ou le dernier des faux frères disparût, date la période active et féconde de notre propagande et de la lutte vraiment républicaine que nous avons mené.

À grand trait, je vais vous retracer l'œuvre que notre union et notre foi dans l'avenir nous ont permis de faire.

D'abord notre attitude aux élections municipales. Le maire, par ces vexations, son intransigeance et son évidente mauvaise foi nous a mis dans l'obligation d'entamer la lutte et si nous fûmes vaincus, cela tient uniquement à la propagande du maire.

Vous rappelez-vous aussi cette terre de suspicion et d'inquiétude qui planait sur les citoyens de toute opinion qui ne connaissaient pas les platitudes et les courbettes ; la lettre anonyme et la dénonciation étairnt leurs armes favorites pour briser les résistances.

Il appartenait donc à un groupe d'hommes libres de faire cesser ces lâchetés ; aussi est-ce un de nos plus beaux actes que celui qui consiste à dévoiler les coupables et surtout à arracher le masque aux meneurs qui se cachaient, ainsi que la considération injuste dont ils jouissaient dans notre région.

Je passerai rapidement sur l'affaire du curé. Ce fut, vous vous le rappelez grâce à nous, que ce dernier fut mis à la raison, et que les plaignants purent se défendre, action payée par de l'ingratitude, mais passons.

L'acte capital et suprême fut notre adhésion à ce grand Parti socialiste, dont les ramifications s'étendent d'un bout à l'autre de la terre et dont l'idéal est si beau, si humain. Si hier le Comité était isolé, aujourd'hui, il n'en est plus de même ; nous sommes alliés à la grande famille prolétarienne dont les représentants au Parlement font sensation dans tous les débats, car ils ont avec eux une force incalculable, et qui va chaque jour grandissante, je veux dire le développement de l'instruction et des liens internationaux.

Ce fut un nouvel état de choses qui nous permit de la magnifique manifestation du 18 juin.

Nos adversaires de Mezel tremblèrent devant notre courageuse attitude et devant le magnifique défilé qui se déroula digne et conscient de sa force, et ce jour-là le maître de Mezel comprit qu'il avait à faire à une force morale nouvelle.

C'est grâce au Comité que nous avons toujours l'école enfantine ; c'est par nos incessantes réclamations que notre incolore municipalité se décide, après beaucoup de réticences à accomplir la démocratisation des prestations, et croyez-le bien, ce n'est qu'à contrecœur que nos conseillers s'y sont décidés. Il faut serrer nos rangs davantage, continuer par une incessante propagande à répandre autour de nous les idées de liberté, de justice et de fraternité. Le jour n'est pas loin où le peuple suffisamment éduqué, demandera à ses représentants réactionnaires et bourgeois les comptes de leur tutelle ; et si nous voyons à Mezel l'administration municipale entre les mains de citoyens républicains honnêtes et juste, nous pourrons nous estimer largement récompensés. Donc le courage union, et vous me permettrez de vous dire que pour accomplir cela, il faut que toutes les forces vives du Comité soient mises à contribution, et que d'autres citoyens doivent à leur tour former le nouveau bureau, et apporter au Comité leur dévouement ainsi que leurs connaissances administratives.

À mon avis personnel, il me semble qu'à bureau composé toujours des mêmes hommes devient fatalement routinier, avec des tendances autoritaires ; pour éviter cela, notamment d'autres citoyens et nous, anciens membres, rentrons dans le rang avec la pensée DD de notre mieux nos successeurs dans leur tâche ».

Le discours de notre ami Chambon a été couvert d'applaudissements.

Le comité passait l'élection du bureau.

Sont nommés :

  • . Verdier Bonfils et Jeab Depert, secrétaired ;
  • . Trésorier : Pierre Bourgy ;
  • . Délégués au Comité fédéral : Chambon'Texte en gras, Torrent'Texte en gras et André Lagier.


Tallende

Une adresse

Dimanche 21 courant, les membres du conseil municipal et de la compagnie des sapeurs-pompiers de Tallende se sont réunis en un banquet fraternel à l'hôtel Beaune. Au dessert, le maire a félicité la Compagnie et le Conseil municipal. Puis, après un toast porté à la santé de nos représentants et de tous ceux qui ont suivi le vaillant citoyen Combes dans la voie des réformes sociales et laïques, le maire a prié l'assemblée de voter l'adresse suivante qui a été envoyée à Monsieur Fallières :

« Le Conseil municipal et la compagnie des sapeurs-pompiers de Tallende réunis en leur fête annuelle envoient à Monsieur Fallières, à l'occasion de son élection à la présidence de la République l'assurance de leur profond respect et de leur entier dévouement ».

Pérignat-ès-Allier

Pas d'argent, pas de messe

Ces temps derniers, une jeune fille de Pérignat devait se marier. Tout avait été convenu avec le curé, lorsque la veille du mariage le ministre de Dieu envoya acquérir la future épouse et lui dit : « Mon enfant, si vous voulez que demain je vous marie, il faut me payer dès ce soir ».

Stupéfaction de la jeune fille qui néanmoins à la chercher de l'argent. Mais après avoir payé la messe, elle demanda un reçu. Indignation du curé. « Comment, Mademoiselle, vous n'avez pas confiance en moi ? » – Pas plus que vous-même n'avez confiance en moi » répondit fort à propos la jeune fille.

Le curé eut bien mérité qu'on se passât de sa ferblanterie et de ses orémus.

Menat

Comité républicain démocratique

Le comité républicain démocratique s'est réuni au lieu ordinaire de ses séances le dimanche 21 courant pour procéder à l'élection de son bureau pour 1906.

Le président a donné connaissance qu'une collection de cartes géographiques à l'école des filles et une collection de livres pour la bibliothèque scolaire de l'école des garçons, avaient été accordées par le ministre comme suite de la demande qui en avait été faite par les comités est transmise au ministre par Messieurs Bataille et Varenne

Relativement au vœu émis précédemment au sujet de l'école de La Boule, le président est heureux de donner connaissance que devant l'inertie des diverses municipalités intéressées, l'administration est en voie de faire procéder d'office à la construction de cette école conformément aux dispositions des lois du 5 avril 1884 et du 10 juillet 1903.

En réponse au vœu émis par une modification de l'horaire du courrier de Riom à Menat par Saint-Pardoux, l'administration est toute disposée à étudier une nouvelle marche pouvant donner satisfaction aux intéressés et de telle sorte que les correspondances de Clermont et même de Paris soirnt distribuées le jour même avec une avance de 10 heures pour Menat et de 24 heures pour les communes rurales.

La séance s'est terminée par le vote d'une adresse de félicitations à Monsieur Fallières, le nouveau président de la République.

Puy-Saint-Gulmier

Comité démocratique

Le Comité républicain démocratique de Puy-Saint-Gulmier, canton de Pontaumur, réuni en séance le 21 janvier a procédé au renouvellement de son bureau :

Ont été nommés :

  • . Président : François Fradet, entrepreneur ;
  • . Vice–président : François Fradet, propriétaire ;
  • . Secrétaire : Amable Chomette, propriétaire ;
  • . Secrétaire-adjoint : Marius Boulay, propriétaire ;
  • . Trésorier : Gervais Boulay, buraliste ;
  • . Porte-drapeau : François Mitton, propriétaire
  • . Assesseurs : Jean Boulay, Marien Lamendon, Antoine Bousset et François Mercier.

À l'issue de la séance une adresse de félicitations a été votée à l'unanimité en l'honneur de Monsieur Fallières, président de la République.

Saint-Eloy-les-Mines

Tribunal correctionnel

Audience du 20 janvier

La veuve Kervais, veuve Bretin, ménagère, Saint-Eloy-les-Mines, est poursuivi à la requête des contributions indirectes pour détention d'allumettes de contrebande.

Par défaut, le tribunal la condamne à 375 Fr. d'amende et à la confiscation de 13 860 allumettes suisses et aux dépens.

Rapport du délégué mineur

Section Sud – visite extraordinaire du 18 janvier 1906 pour cause d'accident. – Le 17 janvier 1906 à 6 heures du soir, j'ai été avisé par Monsieur l'ingénieur principal Poizat que le nommé Jean Chabassière, âgé de 41 ans, domicilié à Youx, piqueur aux niveaux des 30 m, 2e tranchée, vieux travaux, avait été blessé.

Le 18 janvier 1906, à 8 heures du matin, je me suis rendu sur les lieux de l'accident où j'ai vu le témoin, le nommé Alexandre Martinet, piqueur, lequel m'a déclaré que Chabassière piqué dans son chantier lorsqu'un morceau de charbon l'avait frappé à l'œil droit. J'ai vu la victime laquelle m'a fait la même déclaration que le témoin, il avait reçu les soins du Docteur Daumy

Le délégué mineur, Conchon

Thiers

Groupe ouvrier socialiste (SFIO)

Séance du 22 janvier 1905. La séance est ouverte à 8 heures, sous la présidence du camarade Pradel.

Le précédent procès-verbal est adopté avec une observation du citoyen Sauzzedde.

L'adhésion du citoyen Monat, adjoint au maire, et ratifié à l'unanimité.

Une longue et vive discussion s'engage au sujet des élections législatives, à laquelle prennent part tous les membres présents. Finalement, on décide que le choix du candidat est laissé au Comité fédéral, en spécifiant sur la demande des citoyens Chassaigne et Sauzzedde que le Groupe, se trouvant en ce moment dans une situation financière un peu gênée, ne peut prêter au candidat que son appui moral.

Le secrétaire déclare que la date du 22 janvier est une date mémorable car elle rappelle la semaine sanglante qui ouvrit en Russie l'ère de la Révolution qui, tôt ou tard emportera le tsarisme. Le Groupe vote par acclamation à l'ordre du jour proposé par le Conseil national est publié par Le Socialiste.

On passe au renouvellement du Conseil du groupe

Sont élus :

  • . Secrétaire : Alexis Vedel ;
  • . Secrétaire-adjoint : Grissolange ;
  • . Trésorier : Chassaigne ;
  • . Trésorier-adjoint : Touly ;
  • . Archiviste : Morel ;
  • . Membres : Sauzzedde et Renard.

Les pouvoirs de la commission de contrôle sont renouvelés.

Le citoyen Monat est élu déléguer titulaire du comité fédéral, et on demandera au camarade Orfeuvre de bien vouloir remplir les fonctions de suppléant.

Après un échange de vues sur la situation politique à Thiers, la séance est levée à 10 heures.

Le secrétaire

À propos de flânerie

À Monsieur Jean François, rédacteur au Journal de Thiers.

Dans le réactionnaire journal qui vous compte au nombre de ses électeurs, nous lisons, sous votre signature, un article faisant à deux émouleurs l'honneur de les viser tout spécialement.

En flânantl'autre jour sur le chemin de la Vallée, vous avez vu, paraît-il, les deux émouleurs en question demander à un « brave prêtre » qui passait, l' argent de chopine.

Après quoi, le brave prêtre, ayant donné son argent, s'entendit faire, à votre avis fort impoliment, une conférence sur la Sociale.

Et toujours d'après vous, ledit curé ayant répliqué qu'il était « républicain » plus que tous les autres et partisan convaincu de la liberté, confondit les deux émouleurs qui n'eurent d'autre ressource que d'aller boire la chopine qu'il venait de leur payer.

Cette histoire bien-pensante a besoin, Monsieur Jean François, de quelques rectifications.

Il est exact que le curé ait donné 0,30 Fr. un individu que nous ne connaissons pas et que nous ne voulons pas connaître, mais il est inexact que cet argent ait servi à boire chopine, car il fut immédiatement jeté à la rivière comme venant d'une source impure. En revanche, ce qui est très exact, c'est que le curé entendit un sermon comme on en fait pas à l'église.

Il entendit entre autre chose que les planeurs de profession comme vous et lui, sont des parasites non seulement inutiles, mais nuisibles. Nuisibles à la République qui, jusqu'à ce jour, vous a payé pour la trahir ; nuisibles à la liberté que vous voudriez ensevelir au plus profond du purgatoire ; nuisibles enfin au travail en général et aux émouleurs que vos capitaux écraseraient et pressureraient à merci si le syndicalisme n'arrêtait quelque peu vos appétits innommables de jouisseurs et de fainéants.

Allez, Monsieur Jean François, avec le curé de cette aventure, flâner à nouveau dans la Vallée si le cœur vous en dit. Mais laissez les émouleurs à leur travail, car ils sont déjà affranchis de vos préjugés, comme ils ne seront bientôt des flâneurs qui vivent à leurs dépens.

X, Syndiqué rouge

Sermentizon

Excellente initiative

Nous apprenons avec plaisir qu'un membre du radical-socialiste de Sermentizon déposera à la première réunion une motion ainsi conçue :

« Considérant qu'il n'y a qu'un seul parti qui puisse venir en aide aux travailleurs, invite le comité à prendre l'étiquette de socialiste et de se conformer strictement aux statuts de la Fédération du Puy-de-Dôme, section française de l'Internationale ouvrière, et engage tous les comités du canton à suivre cet exemple ».

C'est là une excellente idée et nous souhaitons vivement que le comité de Sermentizon vote la proposition qui lui sera soumise et que les autres comités du canton imitent cet exemple.

Issoire

Élections municipales complémentaires

Dimanche doivent avoir lieu des élections municipales complémentaires.

2 listes sont en présence : celle de Monsieur Gauttier et de la majorité du Conseil, et celle de la minorité démissionnaire.

La première est composée de la façon suivante :

Messieurs Georges Martin, avoué ; Michel Genton, docteur en médecine ; Florentin Bouchon, négociant ; Barbet Flat-Picard, négociant ; Louis-Joseph Chambon, négociant ; Henri Genest, serrurier ; Michel Vernière Parrain, maître d'hôtel ; Félix Pascal ; jardinier.

La seconde comprend les noms suivants :

Messieurs Pierre Boyer, adjoint démissionnaire ; Jules Cibrand, conseiller général, conseiller démissionnaire ; Antoine Chauvet, conseiller démissionnaire ; Louis Dye, conseiller démissionnaire ; Antoine Pourchon, conseiller démissionnaire ; Pierre-Antoine Rouvet, conseiller démissionnaire ; Auroux-Refeuil, propriétaire ; Antoine Favaron, marchand de bestiaux.

Ternant

Une adresse

Le Comité radical-socialiste de Ternant après avoir élu son bureau de la façon suivante pour l'année 1906 :

  • . Président d'honneur : Monsieur Bony-Cisternes, député ;
  • . Président : Loubinoux-Monier ;
  • . Vice-président : Félix Gaulfier ;
  • . Secrétaire : Louis Danglard ;
  • . Trésorier : Michel Loublnoux,

a voté l'ordre du jour suivant :

« Les membres du comité radical-socialiste de Ternant , réunis en assemblée générale le 21 janvier, à l'occasion du renouvellement de leur bureau, renouvellent à leur sympathique député Monsieur Bony-Cisternes l'assurance de leur entier dévouement et s'engagent à faire triompher énergiquement sa candidature franchement républicaine aux prochaines élections législatives ».

Jumeaux

Suicide

Un ouvrier mineur, Ramain, s'est suicidé ces jours derniers en se pendant dans sa cuisine.

Ramain était dans une misère profonde et c'est à cette situation qu'il faut attribuer cet acte de désespoir.

Valcivières

Conférence populaire

Dimanche dernier, a eu lieu à l'école de garçons, une agréable soirée organisée par Monsieur Dugnas, notre sympathique directeur, et ses adjoints. Une très intéressante conférence a été faite par Monsieur Roux. Le sujet était : Le parti républicain après le coup d’État du 2 décembre.

Plusieurs bons républicains, notamment Messieurs Granet, conseiller municipal, et Artaud, garde forestier, ont tenu à prêter leur concours. Ils ont très bien interprété plusieurs chants et monologues de circonstance.

Un orchestre dirigé par Monsieur Delamichel à exécuter différents morceaux fort goûtés de l'auditoire. La veillée s'est terminée par des vues se rapportant au sujet traité une série de projections amusantes.

Le conférencier et les acteurs ont été chaleureusement applaudis.

Job

Un nouveau comité

Il s'est formé à Job, à partir du 1er janvier 1906 un groupement qui a prie le titre de : « Comité républicain démocratique, laïque et éducatif de Job ».

Ce comité vient de donner son adhésion : 1°. En ce qui concerne les affaires politiques, économiques et sociales au parti républicain radical et radical-socialiste ; 2°. En ce qui concerne les questions morales et intellectuelles à la ligue française de l'enseignement, section des hommes et section des femmes.

Le bureau est formé comme suit :

  • . Président : Benoît Nourrisson, à Péghes ;
  • . Vices-présidents : Étienne Mallaret, à la Tour-Goy et Jean Vaisson, à Tarrit ;
  • . Secrétaire : Antoine Tournebize, à la Tour_Goyon ;
  • . Trésorier : Jean-Pierre Gourbeyres, à Ribbes.

Ollièrgues

Compte-rendu de mandat

Nous rappelons aux électeurs du canton que le docteur Sabaterie rendra compte de son mandat le dimanche 28 janvier, à 10h30, dans une des salles de l'école communale de garçons. La réunion sera publique et contradictoire. Un banquet de 100 couverts aura lieu ensuite à la mairie.

Adresse de félicitations

Le 17 janvier, aussitôt connu l'élection de Monsieur *. Fallières le maire d'Ollièrgues lui a fait parvenir une adresse de félicitations, au nom des républicains de la commune.

Saint-Gervais-sous-Meymont

Un discours de ce brave Dessite

Depuis que notre curé a transformé son église en théâtre, on ne s'y ennuie pas. Les prédications dont il a la spécialité sont particulièrement goûtées par les spectateurs. C'est ainsi que dernièrement, du haut de son perchoir, ce brave Dessite nous a parlé de la guerre qui allait certainement avoir lieu puisque les électeurs de la commune ne votent pas comme Dessite le voudrait. Et puis pourquoi ces mêmes électeurs ont-ils laissé faire la séparation qui prive ces pauvres curés de leur sainte vénérée : Sainte-Galette et les oblige obligera à se serrer la ceinture ? Vous pensez si les spectateurs triés ; bien qu'en fait de Dieu, c'est encore l'argent qui est celui que les curés préfèrent. Et puis, Dieu est si bon qu'il ne voudrait pas qu'elle éclate. Si, par malheur, on était obligé de se battre, ce serait encore sa faute puisque les ensoutanés disent que rien ne se fait sans sa volonté et ce serait encore un sale Dieu que leur sacré bon Dieu.

Haute-Loire

Sainte-Florine

Étranges procédés

Monsieur Bonhoure, préfet de la Haute-Loire, vient d'ordonner la radiation des listes électorales de notre ami Cettier, ancien adjoint au maire.

Il paraît que notre ami n'est pas éligible !

Cettier, après avoir, dans des conditions que tout le monde connaît, il y a plus de 10 ans, encouru une condamnation pour voies de fait envers la gendarmerie, perdit – pendant 5 ans – ses droits civils.

Cette période expirait en 1899. La municipalité Veysseyre inscrivit Cettier sur les listes électorales et l'année suivante il fut élu conseiller municipal.

Personne ne souleva d'objection. Pas plus de préfet, que le sous-préfet, que le Procureur de la République.

Comme maire, je pris un arrêté déléguant au conseiller municipal Cettier mais pouvoir de et les fonctions d'officier de l'État civil. Il y eut, à ce sujet, échange de lettres avec les autorités administratives et judiciaires et à aucun moment on ne souleva l'inéligibilité de notre ami.

En 1904, Cettier fut réélu conseiller élu premier adjoint, il fonctionna jusqu'à ces derniers jours ; personne n'y trouva à redire.

Et brusquement pour complaire à quelques coteries, Monsieur Bonhoure, plat valet de Charles Dupuis et de Monsieur X… décrète du haut de son infaillibilité que Cettier n'est pas éligible et doit être rayé des listes électorales.

C'est une véritable infamie contre laquelle protesteront tous les honnêtes gens. Nous aurons occasion de revenir sur cet incident

Louis Parassols

Vergongheon

Banquet en l'honneur de la Séparation

Dimanche dernier, les membres du comité républicain socialiste de la Société de libre pensée l' Émancipée de Vergongheon et ceux de la section d'Arvant de la Ligue des droits de l'homme, avairnt organisé un banquet pour fêter la séparation des Églises et de l'État.

65 militants de Vergongheon ou des communes voisines avaient répondu à l'appel du Comité d'organisation ; le banquet a eu lieu chez le camarade Robert.

Parmi les convives se trouvaient en outre des 4 conseillers municipaux socialistes de Vergongheon, un certain nombre d'édiles de Bournoncle, Frugère, Saint-Géron et Lorlanges.

À l'unanimité -1 voix, le secrétaire du comité socialiste, a été désigné pour présider au banquet. Au dessert, après avoir remercié les camarades qui avaient bien voulu répondre à l'appel du Comité d'organisation du banquet, le président a retracé l'œuvre accomplie par la Société de libre pensée l' Émancipée de Vergongheon, œuvre si l'on tient compte des entraves que porte aux manifestations d'indépendance intellectuelle les vautours au bec d'or de la région.

Puis, après avoir rappelé l'intolérance du catholicisme à travers les siècles et la lutte ininterrompue que lui ont livrée de tous temps les penseurs et les intellectuels, lutte de la science émancipatrice contre le dogme obscurantiste, il en est venu envisager le rôle que doit jouer dans l'avenir la libre pensée, dans l'évolution économique du prolétariat.

Il a terminé en disant que la libre pensée nous donnera la vie libre, rationnel, social, la seule dans laquelle un individu conscient est normal, peut se sentir vraiment à l'aise, vraiment heureux.

Après le discours du président, plusieurs camarades ont chanté quelques couplets ; les plus âgés convives n'étaient pas les moins ardents à applaudir les chanteurs amateurs.

Une véritable ovation a été faite à un camarade du comité socialiste qui est d'ailleurs un artiste amateur de tout premier ordre pour sa chanson de « Guerre à la guerre ».

En somme, bonne journée pour la République sociale et la libre pensée.

Spartacus


27 Janvier 1906 28 Janvier 1906 29 Janvier 1906