22 Octobre 1919 : Différence entre versions

De Entre plaine et volcans
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*[[Clermont-Ferrand]] : '''Chaud les marrons !''' – Tout augmente, le nombre des marchands de marrons aussi. Les acheteurs, ne demande qu'à diminuer leurs achats. [[Place Delille]] vous avez, auprès du vieux, 100 marrons pour deux francs ; auprès de la vieille, 100 pour 2,20 Fr. [[Place Gilbert Gaillard|Place Gaillard]], la vente se fait au quarteron ! 0,60 Fr. le quarteron. Et cela donne en bon français, 100 marrons pour 2,40 Fr. Tout au coin de la [[Place de Jaude]], une seule marchande est installée. Mais elle vend ses marrons 2,50 Fr. le cent. Deux marrons pour un sou ! Mais, grand Dieu ! Dans quelle terre, amélioré par quels engrais, peuvent bien pousser des fruits si chers ? (LM)
 
*[[Clermont-Ferrand]] : '''Chaud les marrons !''' – Tout augmente, le nombre des marchands de marrons aussi. Les acheteurs, ne demande qu'à diminuer leurs achats. [[Place Delille]] vous avez, auprès du vieux, 100 marrons pour deux francs ; auprès de la vieille, 100 pour 2,20 Fr. [[Place Gilbert Gaillard|Place Gaillard]], la vente se fait au quarteron ! 0,60 Fr. le quarteron. Et cela donne en bon français, 100 marrons pour 2,40 Fr. Tout au coin de la [[Place de Jaude]], une seule marchande est installée. Mais elle vend ses marrons 2,50 Fr. le cent. Deux marrons pour un sou ! Mais, grand Dieu ! Dans quelle terre, amélioré par quels engrais, peuvent bien pousser des fruits si chers ? (LM)
 
*[[Puy-de-Dôme]] : '''Pour la distillation des marcs de pommes''' – Le citoyen '''[[Joseph Claussat]]''', député du Puy-de-Dôme a reçu du ministère des finances l'intéressante lettre suivante : « Monsieur le député, Vous avez bien voulu appeler mon attention sur une protestation du conseil municipal de la commune de '''[[Sermentizon]]''' (Puy-de-Dôme), relative à l'interdiction qui serait faite aux propriétaires de cette commune d'utiliser leurs marcs de pommes pour les transformer en eaux-de-vie. J'ai l'honneur de vous faire connaître que le décret du 10 septembre dernier interdisait, en effet, d'une façon générale la distillation des pommes, des poires à cidre, des cidres et poirés. Sous l'effet de ce décret, il n'était pas possible de distiller les marcs de pommes qui ne sont pas autres choses que des pommes écrasées et plus ou moins pressées. Si l'on avait admis leur emploi à la fabrication d'eau-de-vie, on aurait permis aux récoltants d'éluder complètement les prescriptions du décret. Mais le décret du 10 septembre a été modifié par celui du 26 du même mois qui rétablit la faculté de distiller pour les propriétaires, fermiers ou métayers mettant exclusivement en œuvre les produits de leur récolte qui justifieront avoir distillé ou fait distiller parti de leur récolte depuis le 1er février 1910, étant entendu que le maximum de distillation ne dépassera pas chacun d'eux 600 l d'alcool pour la campagne et qu'ils devront travailler dans les conditions prévues par l'article quatre de la loi du 30 juin 1916. Sous ces réserves, la question se trouve ainsi résolue dans un sens favorable à la protestation dont vous m'avez saisi. Agréez, etc. Pour le Ministre et par délégation : le Sous-secrétaire d'État. (LM)
 
*[[Puy-de-Dôme]] : '''Pour la distillation des marcs de pommes''' – Le citoyen '''[[Joseph Claussat]]''', député du Puy-de-Dôme a reçu du ministère des finances l'intéressante lettre suivante : « Monsieur le député, Vous avez bien voulu appeler mon attention sur une protestation du conseil municipal de la commune de '''[[Sermentizon]]''' (Puy-de-Dôme), relative à l'interdiction qui serait faite aux propriétaires de cette commune d'utiliser leurs marcs de pommes pour les transformer en eaux-de-vie. J'ai l'honneur de vous faire connaître que le décret du 10 septembre dernier interdisait, en effet, d'une façon générale la distillation des pommes, des poires à cidre, des cidres et poirés. Sous l'effet de ce décret, il n'était pas possible de distiller les marcs de pommes qui ne sont pas autres choses que des pommes écrasées et plus ou moins pressées. Si l'on avait admis leur emploi à la fabrication d'eau-de-vie, on aurait permis aux récoltants d'éluder complètement les prescriptions du décret. Mais le décret du 10 septembre a été modifié par celui du 26 du même mois qui rétablit la faculté de distiller pour les propriétaires, fermiers ou métayers mettant exclusivement en œuvre les produits de leur récolte qui justifieront avoir distillé ou fait distiller parti de leur récolte depuis le 1er février 1910, étant entendu que le maximum de distillation ne dépassera pas chacun d'eux 600 l d'alcool pour la campagne et qu'ils devront travailler dans les conditions prévues par l'article quatre de la loi du 30 juin 1916. Sous ces réserves, la question se trouve ainsi résolue dans un sens favorable à la protestation dont vous m'avez saisi. Agréez, etc. Pour le Ministre et par délégation : le Sous-secrétaire d'État. (LM)
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*[[Cantal]] : '''Les élections dans le Cantal''' – [[Aurillac]], 21 octobre. M. '''Dauzier''', premier adjoint au maire d'Aurillac, délégué du comité exécutif du parti radical et radical-socialiste, d'accord avec l'Alliance républicaine démocratique, vient d'adresser un appel aux diverses personnalités du parti républicain pour les invités un meeting qui aura lieu le 26 octobre, pour désigner les candidats aux prochaines élections. Les élus du Cantal estiment en effet que le mandat dont ils étaient investis ne suffit plus est désigné d'office, après les événements terribles que nous venons de traverser et devant la situation toute nouvelle qui s'en est suivie. Ils sont d'accord avec M. Dauzier sur cette manière de procéder. (LM)
  
  
  
 
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  • Clermont-Ferrand  : Parti socialiste S.F.I.O.Comité électoral – Tous les membres de la section socialiste de Clermont et de la commission administrative de la fédération, sont instamment priés d'être présent à la réunion du comité électoral qui aura lieu ce soir mercredi à 8h30, bureau de " L'Ami du Peuple ". Le secrétaire. (LM)
  • Clermont-Ferrand : Cour d'assisesNavrante aventure d'une fillette de 17 ans – Une petite affaire, certes ! Une toute petite affaire au tableau de la deuxième audience. Un mâle qui passe ! Un petit cadavre dans du papier, et une fillette de 17 ans qui pleurent sur le banc des lattes de la cour d'assises. Celle-ci s'appelle Marcelle Phanely–Aumètre. Sa profession : bonne d'enfants. Elle est née dans le petit village de Louroux de Bouble. Son père est mort jeune, 40 ans, une pleurésie le médecin légiste et la défense nous diront tout à l'heure qu'il était alcoolique. Sa mère est pauvre. Dès l'âge de 13 ans, elle va travailler chez les autres. Partout où elle est passée, on a gardé d'elle les meilleurs souvenirs. Les renseignements fournis sur sa conduite, son honnêteté et son caractère sont excellents. À 15 ans, elle va à Vichy, bonne d'enfants chez un artiste puis à Nice dans une famille : enfin, en 1918, nous la trouvons à Lyon, chargée, dans une respectable maison, de la garde des jeunes enfants. Au jardin public où elle va tous les jours, elle fait malheureusement pour elle la connaissance d'un sémillant artilleur. Une idylle s'ébauche, dont le dénouement que l'on devine, aura lieu dans un bosquet, par un beau soir d'automne. Le lendemain, l'inculpé a la grippe qui la tiendra quelques semaines au lit. Elle perd sa place, s'aperçoit qu'elle est enceinte et retourne chez elle ce réfugié auprès de sa mère. Celle-ci, naturellement la reçoit mal. Au village, tout le monde va s'apercevoir de la faute. C'est le déshonneur ! Le stupide point d'honneur fait dire tous les préjugés ancestraux. Elle conseille à sa fille de s'en aller à la ville. Ainsi repoussée par celle qui aurait dû la consoler, la soigner, l'instruire de ses futurs devoirs de mère, la fillette se réfugie à Clermont. Là elle retrouve un ami d'enfance, avec lequel peut-être, gosse, elle a ébauché un flirt ainsi que cela arrive à cet âge. Lui, bon diable, la recueil lui loue une chambre. Tous les soirs elle vient le retrouver. Ils s'aiment et elle, dans un rêve de bonheur, d'oublis de leur donner clairement, lui avoue son état et cherche timidement, maladroitement, à lui persuader qu'il en est la cause. Mais lui, poilu démobilisé, plus averti, c'est bien que cela n'est pas. Il rapproche des dates, elle n'insiste pas. Mais il la rassure, lui persuade de ne pas s'en faire. Quand le moment sera venu il la conduira à la maternité puis… En lui-même, il songe que c'est une bonne petite, qu'elle fera une bonne femme, enfin l'on verra… Mais prudent comme le sont nos admirables paysans français, il ne lui parle de rien, ne lui donne aucun espoir. Il la soigne tendrement, humainement. Cependant, ce matin du 11 juin, elle s'est sentie indisposée. À midi, elle porte la soupe à son amant à l'usine, puis rentre chez elle. Les douleurs sont plus vives, elle est tous écrits, elle est seule, seule sans une mère, sans une amie… Elle éprouve, un moment donné, la nécessité de se lever : à peine a-t-elle mis le pied à terre qu'un enfant tombe issu d'elle, attaché à elle. Elle prend des ciseaux, couple lien se recouche avec à ses côtés un bel enfant, un beau petit mâle fils de celui-ci passa un soir dans le bosquet et qu'elle n'a jamais revu. Alors, elle ne sent plus ce qui s'est passé en elle, ce qui est arrivé. La volonté, l'intelligence abolies, sa main, sa main qui ne devait s'ouvrir sur cet être frêle que pour des caresses, sa masse est crispée sur une petite gorge à peine formée et a étouffé à jamais le souffle naissant dans la poitrine de son enfant. Elle est la, pleurant devant la Cour, devant le jury effarée, n'ayant pas l'air encore de comprendre. Le président l'interroge, les témoins défilent. Elle n'entend, ne semble comprendre rien, ni le médecin légiste, ni la sage-femme aux dépositions apitoyées, ni son amant, le brave garçon, qui déclare ne plus vouloir d'elle ni le réquisitoire très pitoyable, ni la brillante plaidoirie de son avocat, Maître Morin. C'est à peine si un éclair de joie brille dans ses yeux lorsque, sur le verdict négatif et très humain d'un bon jury intelligent, la Cour prononce son acquittement. (LM)
  • Paris : La galante aventure du député – C'est un député, Monsieur ! C'est un comte, Madame. C'est un catholique, Monseigneur ! O tempora ! O Maurras, c'est même un royaliste. Le récit de cette histoire pour partout. Un noble périmé vient d'être surpris dans une « garçonnière » de la Rue de Berne – quel nom louche – en train de pratiquer avec de jeunes éphèbes un sport cher au bon Roy Henri III. Les Mignons furent envoyés au Dépôt par ce que rien ne protégeait leur chaste nudité. Le député n'eut pas ce (illisible) car il avait la chance d'être encore couvert… dans l'immunité parlementaire. Quoique notre comte prétende qu'un homme « inverti » en vaut deux aux prochaines élections, sa majorité sera, à son tour, toute retournée par suite de cette aventure. (LM)
  • Clermont-Ferrand : Conseil de guerre de la 13e régionPour ne pas vivre avec les AllemandsD., condamné à trois ans de prison pour désertion, purgeait sa peine à la prison militaire de Clermont-Ferrand. Il fut envoyé malade, à l'hôpital 7/8, est placé dans une chambre de prisonniers allemands. La compagnie n'était pas gaie. Pour fuir d'incompréhensibles compagnons, D. s'enfuit un beau matin d'avril. Il fut arrêté après cinq mois vitré normal dans la région de Vichy. La nuit, notre déserteur pêchait dans l'Allier. Le jour il vendait sa pêche. Comme logement, il se contentait de l'air libre quand il faisait beau de cabane au bord de la rivière, s'il pleuvait. Son casier judiciaire porte déjà 50 condamnations, dont 36 pour délit de pêche et la circonstance aggravante une condamnation antérieure pour désertion s'ajoutant. D. est condamné à quatre ans de prison. (LM)
  • Clermont-Ferrand : Chaud les marrons ! – Tout augmente, le nombre des marchands de marrons aussi. Les acheteurs, ne demande qu'à diminuer leurs achats. Place Delille vous avez, auprès du vieux, 100 marrons pour deux francs ; auprès de la vieille, 100 pour 2,20 Fr. Place Gaillard, la vente se fait au quarteron ! 0,60 Fr. le quarteron. Et cela donne en bon français, 100 marrons pour 2,40 Fr. Tout au coin de la Place de Jaude, une seule marchande est installée. Mais elle vend ses marrons 2,50 Fr. le cent. Deux marrons pour un sou ! Mais, grand Dieu ! Dans quelle terre, amélioré par quels engrais, peuvent bien pousser des fruits si chers ? (LM)
  • Puy-de-Dôme : Pour la distillation des marcs de pommes – Le citoyen Joseph Claussat, député du Puy-de-Dôme a reçu du ministère des finances l'intéressante lettre suivante : « Monsieur le député, Vous avez bien voulu appeler mon attention sur une protestation du conseil municipal de la commune de Sermentizon (Puy-de-Dôme), relative à l'interdiction qui serait faite aux propriétaires de cette commune d'utiliser leurs marcs de pommes pour les transformer en eaux-de-vie. J'ai l'honneur de vous faire connaître que le décret du 10 septembre dernier interdisait, en effet, d'une façon générale la distillation des pommes, des poires à cidre, des cidres et poirés. Sous l'effet de ce décret, il n'était pas possible de distiller les marcs de pommes qui ne sont pas autres choses que des pommes écrasées et plus ou moins pressées. Si l'on avait admis leur emploi à la fabrication d'eau-de-vie, on aurait permis aux récoltants d'éluder complètement les prescriptions du décret. Mais le décret du 10 septembre a été modifié par celui du 26 du même mois qui rétablit la faculté de distiller pour les propriétaires, fermiers ou métayers mettant exclusivement en œuvre les produits de leur récolte qui justifieront avoir distillé ou fait distiller parti de leur récolte depuis le 1er février 1910, étant entendu que le maximum de distillation ne dépassera pas chacun d'eux 600 l d'alcool pour la campagne et qu'ils devront travailler dans les conditions prévues par l'article quatre de la loi du 30 juin 1916. Sous ces réserves, la question se trouve ainsi résolue dans un sens favorable à la protestation dont vous m'avez saisi. Agréez, etc. Pour le Ministre et par délégation : le Sous-secrétaire d'État. (LM)
  • Cantal : Les élections dans le CantalAurillac, 21 octobre. M. Dauzier, premier adjoint au maire d'Aurillac, délégué du comité exécutif du parti radical et radical-socialiste, d'accord avec l'Alliance républicaine démocratique, vient d'adresser un appel aux diverses personnalités du parti républicain pour les invités un meeting qui aura lieu le 26 octobre, pour désigner les candidats aux prochaines élections. Les élus du Cantal estiment en effet que le mandat dont ils étaient investis ne suffit plus est désigné d'office, après les événements terribles que nous venons de traverser et devant la situation toute nouvelle qui s'en est suivie. Ils sont d'accord avec M. Dauzier sur cette manière de procéder. (LM)