20 Juin 1940 : Les troupes allemandes occupent Riom

De Entre plaine et volcans
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Source

Riom
*Le bombardement
*L'Occupation de la Ville
*Troupes Allemandes
*le 20 Juin 1940
*L'Exode Lorrain vers l'Auvergne
*La Commune de Boulange à Riom
*Riom - Imp. Réunis - 24 Rue Croisier- 1er Août 1940

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Riom a vécu jeudi, 20 juin dernier, un des jours graves de son histoire. Notre ville a été prise, ce jour là, de vive force ; elle a vu des soldats ennemis se battre à ses portes et entrer dans ses murs. Un tel fait ne s'était pas produit chez nous depuis plus de sept cents ans. Il faut remonter, en effet, aux toutes premières années du XIII ème siècle pour trouver trace d'un évènement miliaire semblable dans les annales de notre vieille cité. Et encore ne s'agit il pas alors d'une grande lutte nationale telle que celle qui mit aux prises, le 20 juin, les soldats allemands avec les nôtres, mais seulement d'une lutte féodale, lutte sans doute très vive et très âpre, lutte très particulière cependant, puisqu'il s’agissait alors d'un conflit entre le roi de France, Philippe-Auguste, et son vassal rebelle, Guy, comte d'Auvergne, souverain, à cette époque, d'un fief vivant depuis longtemps déjà. de sa vie propre et, de fait, à peu près indépendant. Mais jamais, par la suite, notre ville n'avait vu l’ennemi entrer dans ses. murs : ni au moyen-âge, ni au cours des guerres plus récentes de religion, qui, tant les unes que les autres, accumulèrent cependant tant de ruines et de malheurs sur notre province. Riom; alors capitale incontestée de l'Auvergne, cité puissante et prospère, pouvait défier impunément l'ennemi, à l'abri d'épaisses et solides murailles où veillaient la garde bourgeoise, les troupes de la Ligue ou les Soldats du Roi. La défense de notre ville et son occupation par les troupes allemandes, le jeudi, 20 juin dernier, marquent donc une date mémorable — date glorieuse et triste tout à la fois, dans 1a vie de notre cité. Et à tel titre il convient assurément d'en donner ici un compte rendu succinct mais exact.

L'exode des pays envahis

Riom n'avait pas attendu cependant de voir apparaître l'ennemi dans ses murs pour prendre un dur et douloureux contact avec les tragiques réalités de la guerre: L'exode qui se poursuivait depuis déjà plus d'un mois, à travers ses rues et sur sesboulevards, des malheureuses pop lations fuyant l'invasion allemande, lui avait appris et révélé toutes les tristesses et toutes les misères d'une lutte inhumaine. Sa population avait crû, d'ailleurs; sans cesse, augmentant, en un flot ininterrompu, d'évacués et de réfugiés, pour atteindre, au dire de certains, à la veille de l'occupation allemande, le chiffre énorme d'environ cinquante mille habitants.

16 juin 1940 : Point culminant de la présence des réfugiés à Riom

Le lamentable défilé des autos de tout genre se succédant sur nos boulevards et emportant choses et gens vers des pays plus ou moins lointains ou s'arrêtant pour certaines d'entre elles dans notre ville ou notre région, avait commencé vers le millieu de mai, au lendemain de l'offensive foudroyante des Allemands à travers la Hollande et la Belgique. Les voitures avaient paru d'abord par intervalles, marquant de leur plus ou moins grande fréquence les diverses étapes de l'avance allemande à travers les pays envahis. Puis elles s'étaient suivies bientôt, aux approches de l'ennemi vers la capitale, à un rythme continu et à une cadence accélérée. Et pendant les derniers jours ce fut un véritable fleuve de véhicules de tout genre où dominaient ceux de Paris et de la région parisienne, modestes conduites intérieures ou somptueuses limousines, cars, autobus, camionnettes et camions, chargés à plein de passagers et de bagages qui roula sans arrêt, avec une lenteur angoissante, sur nos routes et nos boulevards. Le triste et gigantesque exode atteignit au degré le plus poignant lorsque du dimanche soir 16 juin, au mardi soir18, certaines formations motorisées de nos armées en retraite succédèrent, en une masse ininterrompue, tant de jour que de nuit, à la masse des voitures et des convois civils, se mêlant encore, pour une large part, et dans le plus lamentable désarroi, aux véhicules de tous genres des particuliers. La puissante, la formidable rumeur que faisait cette, immense multitude en marche montait de la plaine vers la montagne où elle était entendue, au témoignage de certains, des hauteurs qui dominent la Vallée des Prades, au nord-ouest de Châtel-Guyon. Dès trains avaient circulé enfin, en nombre sans cesse accru, venant de Paris et des régions intermédiaires, qui avaient laissé, au passage, dans notre ville, un très grand nombre de réfugiés.

Aux approches de l'ennemi

Riom, ville ouverte ?

Mais la guerre allait bientôt s'approcher de nous sous sa forme la plus brutale. On, apprenait à Riom, au cours de la journée du dimanche, 16 juin, que les Allemands avaient occupé Nevers. et s'apprêtaient à descendre dans la vallée de l'Allier, en direction de Moulins. Il ne pouvait plus faire de doute désormais à personne que notre ville était menacée directement par l'invasion. Une question se posait aussitôt à la population de la ville : Notre cité- et sa région seraient-elles le théâtre d'opérations militaires et de combats plus ou moins meurtriers. La question semblait, à vrai dire, résolue en ce qui avait trait à la ville même, puisque notre Cité n'était' pas une place forte et ne possédait. de fait, aucun ouvrage fortifié. Ét aussi bien la Municipalité faisait-elle apposer sur les murs de la ville, le mardi 18 juin, au matin, une affiche proclamant Riom Ville ouverte et adressant à cet effet un appel aux habitants de la ville, conçu dans les termes suivants :


République Française

RIOM VILLE OUVERTE

Appel aux habitants

Le Maire prie instamment ses administrés de conserver tout leur calme et tout leur sang-froid et de ne pas abandonner leur foyer, sous aucun prétexte. ils ont le devoir de continuer à travailler avec dignité et de partager leurs misères avec celles des évacués. Dès maintenant, il faut songer à faire des restrictions, principalement en ce qui concerne les produits de consommation courante pain, sucre, lait, etc... Confiant dans le bon esprit des habitants de la ville de Riom, le Maire, au nom du Conseil Municipal, espère que chacun comprendra tout l'intérêt qu'il y a d'observer ces prescriptions.

Fait à Riom, le 18 juin 1940.

Le Maire, signé : Besson

N.B. — En cas d'alerte, les habitants doivent. rester chez eux ou dans les abris.


Colonel Besson - Maire de Riom














M. le Colonel Louis Besson

Grand-Officier de la Légion d'honneur

Maire de Riom


Mais l'appel dont on vient de lire les termes était à peine affiché qu'une nouvelle troublante se répandait dans Riom.

Riom, ville ouverte ou fermée ?

L'autorité militaire, sans en référer à la Municipalité de la ville, avait fait placer en hâte des moyens de défense à diverses entrées des faubourgs de Riom et transformé ainsi notre ville de ville ouverte en ville fermée. Une émotion bien cornpréhensible s’emparait alors de la Municipalité qui convoquait aussitôt le Conseil municipal afin d’aviser immédiatement à cet effet, Le Conseil se réunissait à 11 heures du matin à l’Hôtel de Ville où le Maire, Monsieur Besson, lui exposait la situation : Il lui communiquait que la défense militaire avait fait établir divers organes défensifs au nord du Faubourg de Layat, face aux routes de Paris, d’Orléans et de Randan , ainsi qu’à l’Est de la Ville, en avant du Pont de la Bade, que de telles mesures, non signalées à la Mairie de Riom, par ordre émanant des autorités militaires, apparaissaient comme, susceptibles d'amener des représailles de la part des troupes Allemandes. Le Maire indiquait, en outre sur d’ordre formel du Ministre de l'intérieur, toutes évacuations de populations civiles étaient désormais rigoureusement interdites et que des sanctions exemplaires seraient prises contre les autorités qui contreviendraient, Le Conseil décide aussitôt de demander au cours de la séance, par téléphone, au Préfet, au Sous-préfet, au Commandant d’arme et au Général commandant la i3ème Région, de vouloir bien donner des ordres pour faire retirer les organes de défense et pour les faire porter à la limite de la Commune, au Nord et à l’Est. La Municipalité et le Conseil affirmaient rn outre leur résolution, pour le cas où satisfaction ne leur serait pas offerte, de donner immédiatement leur démission. Puis comme l'autorité militaire persistant dans ses dispositions primitives faisait achever à l'entrée même des faubourgs de la ville, les préparatifs de défense de Riom. La Municipalité faisait, de son côté, apposer en hâte, une nouvelle affiche qui annulait et remplaçait la première proclamant Riom Ville ouverte mais qui à l’exception faite des termes de « Riom, ville ouverte » réintroduisait, à peu de choses près la précédente dans les termes suivants :


République Française

Ville de Riom

Appel aux habitants de Riom

Le Maire prie instamment ses administrés de conserver tout leur calme et leur sang-froid et de ne pas abandonner leurs foyers, sous aucun prétexte. Le ministre ayant télégraphié : « Toutes évacuations services et populations civiles, interdites. Prendre à cette effet toute mesures pour fixer populations sur place et empêcher notamment par automobile. Sanctions exemplaire seront prises contre dépositaire autorité publique ayant contrevenu à présent ordre. » Les habitants ont le devoir de continuer à travailler avec dignité et de partager leurs misères avec celle des évacués. Dès maintenant, il faut songer aux restrictions, principalement en ce qui concerne les produits de consommation courante : pain, lait, sucre, viande, etc.… confiant dans le bon esprit des habitants de la ville de Riom, le Maire, au nom du Conseil municipal, espère que chacun comprendra tout l'intérêt qu'il vient d'observer ses prescriptions.

Fait à Riom, le 18 juin 1940. Le maire, signé : Besson.

La situation devenait désormais angoissant pour la ville de Riom, exposé des maintenant à tous les dommages d'une ville fermée résistant à l'ennemi et à toutes les rigueurs d'une ville prise d'assaut. Et la situation apparaissait d'autant plus critique que la population de la ville, d'ordre impératif du Ministre de l'Intérieur, était dès lors fixée sur place et ne pouvait plus quitter la cité. Tout espoir n'était pas cependant perdu par la Municipalité de faire revenir l'autorité militaire sur ses dispositions premières et d'obtenir d'elle que la défense de la Ville fut reportée plus loin, en rase campagne. Une décision du gouvernement venait d'ordonner que toute ville de plus de vingt mille habitants devrait être considérée de droit ville ouverte. La Municipalité, forte de cette décision, intervenait à nouveau auprès des autorités civiles et militaires. Et le lendemain matin, mercredi 19 juin, elle avait enfin gain de cause. Elle recevait en effet, ce moment, un télégramme du Commandant d'armes, reconnaissant la ville de Riom comme ville ouverte avec toutes les conséquences qu'une telle disposition impliquait. Le conseil municipal était aussitôt convoqué en séance extraordinaire, à l'Hôtel de Ville où, ils se réunissaient à 11 heures., Pour être mis au courant de la situation. Le télégramme du Commandant d'armes était enfin reproduit sur une nouvelle affiche, qui était apposée au bas de la seconde affiche du 18 juin et qui été conçue dans les termes suivants : Le commandant d'armes fait connaître au maire de Riom : Riom ayant plus de vingt mille habitants est déclarée ville ouverte. En conséquence la défense et à assumer seulement de l'extérieur, soit aux avancées souhaite débouchés. Ne pas se battre aux lisières ou à l'intérieur de la ville. Ne procéder à des destructions d'aucune sorte.

La situation militaire de la ville était donc définitivement fixée, cette fois. On ne se battrait pas à l'entrée des rues et dans les murs, mais seulement en rase campagne, en dehors de l'agglomération. Il n'y avait plus maintenant qu'à attendre, dans le courage et le sang-froid, l'arrivée de l'ennemi.

La journée du 20 juin

Un calme impressionnant haver fait place, dès le matin du mercredi 19 juin, à l'immense rumeur des voitures et des convois en marche qui, les jours précédents, avait rempli sans arrêt les routes et les boulevards de Riom. L'ordre du Ministre de l'Intérieur interdisant aux populations civiles de quitter leur foyer avait été appliqué rigoureusement et à la lettre et, dès lors, les autos de tout genre avaient cessé de circuler. Seuls quelques rares véhicules munis d'une autorisation spéciale, passait encore çà et là chez nous. Le calme se poursuivit toute la journée pour se renouveler, plus impressionnant encore, le lendemain jeudi 20 juin, au matin. Une rumeur se répandait dans Riom ce jour-là et à ce moment : L'invasion allemande avait gagné, dès la veille au soir, la petite ville voisine d'Aigueperse et la journée ne se passerait pas qu'elle vint, cette fois, jusqu'à nous. La matinée s'écoule dans l'attente. L'anxiété s'accrut dès le début de l'après-midi. Une atmosphère de rage, un ciel bas et lourd planait sur la ville, ajoutant encore à l'angoisse et à l'oppression. Le Conseil municipal s'était réuni d'urgence à l'Hôtel de Ville, en séance extraordinaire, à 1 heure du soir. Étaient présents, outre le Maire, Messieurs Lacot, Charny, Rolin et Sauvageon, adjoints, Messieurs Perrin, Pérol et Imbert, conseillers municipaux, Monsieur Touze, secrétaire général de la Mairie. Se tenait en outre, dans la salle du Conseil, entourant le maire, les adjoints et les conseillers, diverses personnalités convoquées spécialement à cet effet. Monsieur l'Abbé Annesser, curé de Boulange (Moselle) acquis avait été confiée la mission d'interprète,

Abbé Annesser (Riom) 20 Juin 1940

Monsieur Bruneteau , commissaire de police, Monsieur Galinat, architecte, Monsieur Alibert, chef de la voirie. Se trouvait enfin présents, avec leurs chefs respectifs, les agents de police et les cantonniers. Le Maire, dès l'ouverture de la séance et sur rapport verbal du garde civique Chonion, rendit compte téléphoniquement au Commandant d'Armes, du nombre important d'armes démontées dans les baraques militaires de l'ancien stand. Puis, à la demande du conseil, le Maire assisté de Monsieur Charny, adjoint quitta la salle des délibérations pour se rendre auprès de l'Etat-Major français installé à l'Hostellerie de l'Abbaye de Mozac afin de demander au chef de cet Etat-Major de vouloir bien modifier, en raison du télégramme du Commandant de la quatrième armée en date du 19 juin, la position des organes de défense au nord et à l'est de Riom. Il lui fut répondu que ces moyens de défense n'étaient que provisoires, qu'il cesserait d'exister après le départ des premiers coups de canon ou de mitrailleuses et que les quelques éléments militaires chargés de cette défense se retireraient alors immédiatement. Le Maire, après avoir pris acte de cette promesse, revint avec son adjoint à l'Hôtel de ville de Riom. Il était alors 1h30 du soir environ. La séance du Conseil fut reprise aussitôt.

On ne devait plus, d'ailleurs, attendre beaucoup maintenant, à voir se produire l'avance allemande et son attaque sur Riom. Il était un peu moins de deux heures quand les coûts de mitrailleuses éclatèrent au nord de la ville dans la plaine, violents et précipités . La sirène de la tour de l'Horloge sonnait aussitôt l'alerte est donnée l'alarme à la population de la ville qui, obéissant avec une ponctualité rigoureuse aux consignes impératives de la défense passive, rentrait immédiatement dans sa demeure et s'abritait dans les caves. Un silence de mort régnait à partir de ce moment sur la ville. Toute vie semblait avoir cessé subitement dans Riom. Mais le bruit du canon se mêlait bientôt à celui des mitrailleuses. Le combat était maintenant engagé de toutes parts. Il allait se poursuivre avec des moments d'accalmie et des alternatives diverses, deux heures durant environ. Le duel d'artillerie fut particulièrement violent au dernier moment de la lutte ou, les obus français passèrent, en sifflant, au-dessus de la ville, tandis que les obus allemands éclataient nombreux et fracassants, sur la parti ouest de Riom.

Nous serions mieux faire, pour donner un aperçu aussi exact que possible de la bataille, que de reproduire ici le compte rendu succinct et précis d'un observateur direct de l'affaire, Monsieur Casta, employé à la manufacture des tabacs de Riom, qui, en mission officielle de surveillance, suivi toutes les phases de la lutte, du haut du campanile de la Manufacture des Tabacs. Voici les termes du rapport qui fut rédigé par lui à cette occasion :

Le témoignage de Monsieur Casta, veilleur à la Manufacture des Tabacs

20 juin 1940 : Bombardement de la ville

À 13h45 environ, aussitôt que la sirène et donner l'alerte, je suis monté à mon poste d'observation du campanile et, entendant des salves de mitrailleuses et apercevant un avion, je redescendis de suite pour chercher mon masque et pour prévenir Monsieur Debock que je trouvais dans la cour d'honneur. Monsieur Debock recommanda de remonter au poste d'observation et l'alerte fut donnée dans les ateliers. En remontant je vis un avion français qui engagé un combat de mitrailleuses avec les mitrailleuses des Allemands sur la route de Paris. J'entendis distinctement une dizaine de coups de canon qui me semblait être du calibre 37 est situé dans la direction du Pont de la Bade. L'avion venait du sud et retourna vers le sud. Mon attention fut ensuite attiré par les coups de canon beaucoup plus intense et je découvris deux pièces d'artillerie allemande, placé l'une à droite, l'autre à gauche de la route de Paris, à l'endroit culminant de cette route, au nord du Faubourg de Layat. Les canaux bombardaient la ville et se distinguer nettement les points de chute sur le Faubourg de Layat, la Rue de l'Horloge, le clocher de l'Eglise Saint-Amable et vers l'Institution Sainte-Marie.

Le Clocher de Saint-Amable (Riom); le 20 juin 1940

Le bombardement semblait se circonscrire au quartier nord-ouest de la ville, le tir étend légèrement allongé à chaque coup. C'est alors qu'un canon français qui m'a semblé être un 155 long, entre en action. Il était sur la Colline de Mirabelle, au-dessus de la ferme dite des Vergnes. Le tir de cette pièce fut admirable de justesse car, après quelques obus que je vis nettement tomber à proximité de la pièce allemande placée à droite de la route, celle-ci fut réduite au silence et l'autre cessez-le-feu sur la ville pour chercher à atteindre le canon français, mais sans résultat, car le tir était nettement trop court. À 15h25, le bombardement de la ville était terminé, toutefois la pièce française continuait à tirer encore quelques obus bien placés sur l'artillerie allemande. J'estime qu'il est tombé un minimum de 50 obus de 105 sur la ville .

22 juin

Je me suis rendu sur le lieu où se trouvaient les pièces allemandes. De mes constatations, il résulte que la pièce de droite avait été touchée car les points de chute des obus français se situaient de 5 à 15 mètres de son emplacement. Une motocyclette était criblée d'éclats et avait pris feu. Mission non employées était restée sur place.

Signé : Casta

Nous n'ajouterons qu'un mot au récit convient de lire. Le tir des canons allemands qui cherchaient à atteindre la batterie française de la côte de Mirabelle, devait dépasser sensiblement le périmètre de l'agglomération de Riom. Les obus allemands tombèrent dans cette direction, au-delà du faubourg du Bardon, atteignant la maison du garde barrière de la ligne de Châtel-Guyon, les poteaux télégraphiques et leur fils, puis, dans la même direction diverse propriétés du terroir de la Baumette, aux alentours de la route de Marsat.

20 juin 1940 : Les troupes allemandes entrent dans Riom

La défense dont on vient de narrer brièvement les diverses épisodes, s'ils avaient réussi à contenir l'avance allemande pendant près de deux heures, n'avait pu parvenir cependant à l'arrêté est peu avant 4 heures du soir les premiers éléments ennemis pénétrés dans Riom. Les soldats allemands, arrêté par les mitrailleuses françaises sur la route, était monté de toutes parts à l'assaut de la ville, dispersés en tirailleurs dans les champs. Une section ennemie apparaissait bientôt dans la Rue de l'Horloge où elle rencontrait, à la hauteur de notre vieux beffroi communal, Monsieur Touze, secrétaire de la Mairie, et Monsieur Garel, lieutenant de pompiers, qui, l'un et l'autre, était parti en mission le bombardement, et se rendait dans un immeuble au bas de la Rue de l'Horloge, celui de Monsieur Leroy, où une jeune femme réfugiée Madame Jean Robert(? - voir liste des victimes ci-dessous), employée de banque, venait d'être mortellement atteinte par les obus. Monsieur Touze et Monsieur Garel, requis par les soldats allemands, ne consentir quant au tonnerre et dans l'attitude la plus digne, à les conduire jusqu'à la mairie. Une autre section ennemie faisait peu après son entrée dans la même Rue de l'Horloge où il se trouvait en présence d'un de nos sympathiques et distingués compatriotes, Monsieur François Morel, avocat à la cour, qu'elle requérait à son tour de la conduire jusqu'à la Mairie, ceux à quoi Monsieur Morel, ancien commandant et anciens combattants de la Grande guerre, ne se résolut à consentir qu'après le respect nettement exprimé à son égard par les soldats allemands. D'autre section ennemie faisait d'ailleurs leur apparition en même temps sur différents points de la ville, venant de toutes les entrées de Riom, en direction du Nord. Elle précédait le gros de la colonne motorisée allemande qui une fois qu'elles eurent occupé lieu s'avança aussitôt par le faubourg de Layat et pénétra à son tour de royaume où elle installait alors ses camions et ses hommes sur les boulevards.

Mais le groupe allemand, conduit par Messieurs Garel et Touze, et est arrivé bien vite à l'Hôtel de Ville où Monsieur l'Abbé Annesser, curé de Boulange, et interprète officiel, lui présenta aussitôt le Maire, les adjoints et les conseillers présents. La rencontre avait eu lieu dans le cabinet du Maire. Le chef du détachement ennemi et mettez alors la prétention de conduire sous escorte le Maire, ses adjoints et ses conseillers, jusqu'à la Maison Centrale le commandant allemand avait pénétré dès son entrée dans Riom. Il fallut se résoudre à obéir. La prise de contact entre la Municipalité de la ville et l'autorité occupante se produisit devant la porte de la Maison Centrale. De longues et précises explications furent échangées entre la municipalité et le commandant allemand par l'intermédiaire infiniment précieux de Monsieur le Curé de Boulange. Et tout fut définitivement réglé. Le Maire et la Municipalité revinrent à l'Hôtel de Ville d'où, à 4h30, le drapeau français avait été retiré. Ordre était aussitôt donné par l'autorité occupante d'avoir à remettre au commissariat de police avant 7 heures, toutes les armes détenues dans Riom par les particuliers. Ordre était pareillement intimé à la population de ne plus sortir en ville après 8 heures du soir.

Une émotion intense s'était manifestée, par ailleurs dans l'énorme population de Riom, dès la fin du bombardement, s'était répandu de toutes parts dans les rues de la ville qu'elle parcourait et remplissait. On assistait avec une tristesse infinie aux diverses manifestations de l'occupation allemande on s'enquérait aussi des dégâts du bombardement. Nombre d'immeubles avait été atteint dans la ville et quelques-uns d'entre eux assez gravement endommagés. Deux seulement de nos édifices historiques avaient été touchés par les obus : la basilique de Saint-Amable, dans la toiture de l'une de ces chapelles latérales du Nord, celle des fonts baptismaux, et dans la partie médiane de sa fait ardoise, au milieu d'un des pans ; – la Tour de l'Horloge dans ses parties hautes, sur l'une de ses faces, celle du Nord. Mais il y avait hélas à déplorer des victimes, dont la jeune femme déjà nommée ci-dessus, mortellement blessé. Et le nombre en eut été sans nul doute plus considérable, si la population n'eut obéi ponctuellement, avec une sagesse exemplaire, dès le début de la lutte, aux consignes rigoureuses qu'à maintes reprisent les autorités municipales et la défense passive lui avait impérativement données.

Victimes et dommages

Voici d'ailleurs, ci-après, à titre documentaire, la liste des personnes atteintes, et les immeubles endommagés.

Les personnes atteintes

Décés

Madame Guillemin, née Liliane Habert, âgé de 30 ans, employée de banque, née à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise), atteinte chez elle, Maison Leroy.

Maison Leroy (Riom) 20 Juin 1940
Blessés
  • . – Sergent major français, non-combattants, originaire du Nord, hospitalisé à l'hôpital militaire.
  • . – Mademoiselle Clémentel, soigné à la clinique Jeanne-d'Arc.
  • . – Madame Bénard ramenée à son domicile. (Ces deux personnes appartenant à la famille de Monsieur Clémentel, ancien sénateur et maire de la ville, atteinte toutes les deux par des balles allemandes, à la jonction des routes de Paris et de Combronde, alors que, venant de Prompsat, elle rentrait en auto à Riom.
  • . – Un bébé de sexe féminin de huit mois, hospitalisé à la Maternité.
  • . – Sa mère, soigné chez elle, Maison Leroy.
  • . – Monsieur Goey, habitant de Layat.
  • . – Soit en tout, une personne morte et 7 blessés

Immeubles endommagés

Maison Soeurs bon secous-20061940.png
Rampe du Layat (Riom) 20 Juin 1940
    • Bureau de bienfaisance, l'Ecole publique des filles, l'Ecole publique des garçons, et le Marché couvert atteints par des éclats
    • en outre, les réseaux de gaz et d'électricité des fils télégraphiques et téléphoniques, gravement endommagés sur plusieurs points.

Soit au total, un ensemble de soixante-sept immeubles ou édifices ayant subi un dommage réel.