1er Septembre 1940

De Entre plaine et volcans
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  • Opinions. – Retour à la terre. – Le programme du nouveau gouvernement que la France s'est donné pendant les jours d'épreuve comporte essentiellement le retour à la terre. Dans ce pays, comme dans bien d'autres d'ailleurs, nous avons assisté depuis un demi-siècle un phénomène que mon ami regretté Émile Vandevelde a étudié dans un de ses ouvrages les plus attachants : L'exode rural et le retour au champs. Au même moment où à peu près, un autre belge, le grand poète Émile Verhaeren via son recueil : Les villes tentaculaires. Un titre qui fit fortune. Le sociologue a mis en épigraphe à chacun des chapitres de son livre des vers du poète. J'en cite un de mémoire : La campagne est désertée et la villa mange. Le problème que la France veut résoudre est un problème moral autant qu'économique. Décongestionner les villes où trop de terriens furent attirés par l'appât des hautes paies et de distraction plus abondantes, rendre sa primauté à l'agriculture qui a trop souvent manqué de main-d'œuvre, mettre en valeur les terres pauvres ou en friche dans ce pays qu'un personnage de Shakespeare appelait « le plus beau jardin sous le ciel », faire que « labourage et pastourage » comme au temps de Sully soient encore les mamelles de la France : Voilà une préoccupation fondamentale des dirigeants actuels de la France. C'est d'abord une question d'ordre matériel, une question de vie ou de mort : il s'agit de savoir si l'hiver prochain, la France meurtrie aura assez de blé, assez de viande, de légumes ou de sucre pour nourrir ses enfants, assez de bois, à défaut de charbon pour se chauffer. Priurum viverere… mais si l'on veut ramener à la terre des paysans déracinés, je crois qu'il faut leur assurer des conditions d'habitation et de vie meilleures. Le problème de l'habitation rurale, de l'hygiène à la campagne, des délassements ne peuvent être négligés dans un programme à longue portée chose curieuse : au lendemain de la guerre précédente, Monsieur Lloyd George y avait songé par la mise en valeur de l'Angleterre au point de vue agricole. Ce pays, on le sait, dépend trop exclusivement par son ravitaillement du commerce d'outre-mer aujourd'hui paralysé. Il s'y trouve trop de terres en friches, faites pour la chasse au renard ou à la groose, de même qu'il y avait en Espagne trop de terres pour le seul élevage des taureaux de combat… Monsieur Lloyd George qui est devenu sur le tard, agriculteur (il possède une ferme modèle à Churt) avait prévu, dans son programme, l'organisation du cinéma à la campagne. Ne sourions pas : le vieux sorcier gallois, a eu rarement des idées aussi saines. C'est très bien de parler des joies scènes de la vie campagnarde et de chanter à ce propos, un petit air bucolique sur des paroles de Racan ou de Segrais. Mais les hommes sont des hommes… dans une interview qu'il a donnée au Figaro, Monsieur Caziot, ministre de l'Agriculture, a dit son ambition : refaire une paysannerie, en développant et renforçant les petites et moyennes exploitations. « Le cultivateur, a-t-il dit, doit vivre dans le confort et l'hygiène. ». La France aux Français : bien sûr. Mais je suis convaincu que l'agriculture française ne pourrait se passer maintenant d'une main-d'œuvre étrangère qu'elle a dans certaines régions résorber et même, je me demande si parmi le million de réfugiés belges (au bas mot) qui sont encore en France, il n'y a pas des agriculteurs spécialisés que ce pays aurait intérêt à conserver. Le belge a peut-être des défauts mais il a une grande probité : c'est un animal dur à l'ouvrage. Il a tiré du solde maigre de la Campine et de l'Ardenne des résultats étonnants, créé des cultures nouvelles comme celle de l'endive de Bruxelles. Un cultivateur belge fixé en France, cela peut faire, d'ailleurs, au bout de peu de temps, un bon français. Louis Piérard, député à la Chambre belge. -(LM)
  • Autour de récentes dissidences. – Une déclaration de Monsieur Lémery au sujet des événements de la France d'Outre-mer. – Monsieur Lémery, ministre des colonies, a fait cet après-midi la mise au point suivante des événements récents dont ont été le théâtre certains territoires de la France d'Outre-mer. Des émissions de la radio étrangère ont fait largement état, ces jours derniers, d'événements qui se sont déroulés dans certains territoires de la France d'outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Afrique équatoriale française, Cameroun) et les ont volontairement déformés, amplifiés, exagérées. Déjà, dans un bref communiqué, le gouvernement, en ce qui concerne les mouvements du dissidence qui se sont produites au Tchad a déclaré qu'il prenait toutes les dispositions pour empêcher le développement d'une manœuvre qui, si elle réussissait, porterait les atteintes les plus graves aux intérêts français, que ces promoteurs prétendent vouloir défendre par la dissociation de l'Empire colonial, quand la meilleure sauvegarde de ce dernier réside au contraire dans l'étroite union de toutes ces tenants. Il a également destitué de ses fonctions et révoqué de son grade Monsieur Éboué, gouverneur de la colonie précitée, comme il a relevé de leurs fonctions les responsables de l'ordre au Cameroun et en Nouvelle-Calédonie. Aujourd'hui, en ce qui touche l'Afrique Noire, le gouvernement, en possession des derniers renseignements télégraphiés par Monsieur Boisson, haut-commissaire de la république à Dakar, peut procéder à une mise au point. Monsieur Boisson fait en effet connaître ministre des colonies qu'il a reçues de tous ses collaborateurs des assurances de loyalisme absolu et la plus grande partie des territoires placés sous son autorité demeure calme et paisible et que, dans tous les cas, les manifestations de certains Européens n'ont eu aucun écho dans les masses indigènes. Il estime en outre que si des incidents sporadiques se sont produits en Afrique équatoriale et au Cameroun, le mouvement de dissidence qu'ils ont déclenchée peut être rapidement circonscrit et enrayé. Avec Monsieur Boisson, le gouvernement partage également la certitude que sur le plan national, ces mouvements ne reflètent nullement la mentalité de l'énorme majorité de nos concitoyens résidents en Afrique Noire. Cause économique. – Quant aux raisons qui les ont engendré, il suffit de les connaître pour anticiper les effets nocifs, quand elles sont d'ordre moral, pour y apporter un remède immédiat, quand elles sont d'ordre matériel. Dans ce dernier domaine, il est évident que les colonies prises entre les clauses impératives de l'armistice et le blocus britannique, ont brusquement appréhendé une crise économique grave, leurs relations maritimes risquant d'être interrompu et que, souffrant au même titre d'ailleurs que la métropole, de la situation créée par la défaite, elle non plus faute d'informations précises, se rendre compte de ce que le gouvernement avait fait pour elles. C'est pourtant en connaissance de cause que ce dernier, sur l'initiative du ministre des Colonies, approuvé et porté à la signature du maréchal Pétain, chef de l'État français, les textes de loi qui permet au ministre du Ravitaillement et à son collègue des Finances, de procéder à des achats de produits coloniaux et d'en assumer le paiement. Demain paraît d'ailleurs au « Journal Officiel » l'arrêté d'application de cette mesure primordiale. En outre, le gouvernement a accordé la garantie publique aux avances bancaires sur stocks, libérant ainsi les trésoriers des entreprises coloniales d'un lourd souci et leur permettant d'ouvrir des crédits de campagne indispensables pour la prochaine récolte. Dans l'application de cette mesure, il ira jusqu'où il faudra pour apporter, à tous les producteurs coloniaux, la sécurité nécessaire au maintien de leurs efforts. -(LM)


  • Il y a un an…. – Sous ce titre, nous rappellerons chaque jour, pour nos lecteurs, les événements qui se sont déroulés depuis la déclaration de guerre. Voici successivement rapporter les moments tragiques du 1er septembre 1939.
  • – Discours du chancelier Hitler au Reichstag annonçant que les hostilités contre la Pologne sont commencées. - Proclamation du Führer à l'armée.
  • Invasion de la Pologne.
  • – À Paris, le Conseil des ministres réunis à l'Élysée, décrète la mobilisation générale pour le samedi 2 septembre à 0h.
  • – Le Gauleiter Forster proclame le rattachement de Dantzig au Reich.
  • 21h40 – Sommation de Londres à Berlin d'avoir à suspendre tout action agressif contre la Pologne. Mobilisation complète de la marine de l'armée britannique.
  • 22h – Sommation de Paris à Berlin.
  • – Monsieur Von Ribbentrop affirme que l'Allemagne ne s'est rendue coupable d'aucun acte d'agression il fera tenir la réponse du Führer.
  • – Télégramme de Monsieur Hitler à Monsieur Mussolini pour lui dire «qu'il n'a pas besoin de l'aide de l'Italie». -(LM)
  • Une sévère réglementation de la fabrication et de la vente des textiles. – La défaite et le blocus nous font chèrement payer aujourd'hui l'incroyable gaspillage qui n'a cessé de régner pendant les neuf mois d'hostilités. Pour avoir voulu, alors, en pleine guerre, vivre comme si c'était la paix, nous sommes aujourd'hui condamnés à vivre comme si c'était toujours la guerre, et d'autant plus impitoyablement que, vaincu, nous n'avons presque plus de stock et que, bloqués, nous ne pouvons plus importer. La situation dans l'industrie textile est particulièrement grave : plus d'importations de lin, de coton, de jute ; les stocks de laine et de chanvre sont à peu près épuisés. Le décret qui vient d'être pris sous le contreseing du ministre secrétaire d'État à la Production industrielle et au Travail, c'est la ligature qui arrête l'hémorragie. Aux termes de ce décret, les usines devront, sous peine de sanctions, étaler la mise en œuvre de leurs stocks sur le temps le plus long, pour éviter le chômage et la ruine, cesser toute fabrication des objets d'agrément, tels que tapis, dentelles, etc.…, réserver les textiles les plus précieux aux besoins strictement indispensables. Dorénavant, plus de châles de laine, plus de matelas en laine, plus d'ouate ou d'ouatine en coton naturel. Les succédanés, la rayonne devront être incorporés dans la plupart des tissus. Mesure de salut économique, ce décret imposé par une inéluctable nécessité. Rigoureux, il est. Toutefois la solidarité qui régnera dans l'industrie textile l'adoucira-t-elle ? S'il n'avait pas été pris, les conséquences les plus graves en seraient résultés pour le pays. (Havas.) -(LM)
  • Aux cultivateurs et aux propriétaires de jardins. – Le ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement attire l'attention des cultivateurs et propriétaires de jardins et des consommateurs sur les précautions à prendre en vue d'assurer à tous une alimentation suffisante cet hiver. 1) tant que l'on disposera de légumes verts, évitez de consommer du riz et des légumes secs ; 2) récolter les pommes de terre à complète maturité, les arracher avec précaution pour en abîmer le moins possible, les mettre en cave ou en silo avec soin, après avoir opéré un triage afin d'éviter toute pourriture. Ne doivent aller à l'alimentation des porcs que les pommes de terre impropres à la consommation humaine. -(LM)
  • Les conditions de rapatriement par voie ferrée. – La note ci-dessous a été affichée à la gare de Clermont-Ferrand : « Conditions exigées par les autorités allemandes de Moulins pour le franchissement, par voie ferrée, de la ligne de démarcation à Moulins (sens Sud Nord) ». – Les conditions indiquées ci-dessous ont été fixées par les autorité allemande locale pour le franchissement à Moulins de la ligne de démarcation. Elles peuvent être modifiées par ces mêmes autorités sans préavis. Le passage de la ligne de démarcation à Moulins, pour les voyageurs en provenance de Saint-Germain-des-Fossés et au-delà et, actuellement autorisée pour :
  1. . Les personnes munies d'un ordre de mission émanant de Paris et signé « Chef der militarverwaltung in Frankreich militarverwaltung Paris » (Chef de l'Administration militaire en France)
  2. . Les porteurs d'ordre de mission ou de laisser passer visés par la voix et la « Kommandantur » de Moulins : « Nach Paris fuer…… personnen mit Eisenbanh (cachet de la Kommandantur–Pruefstelle Moulins-Allier Bruecke). »
  3. . Les porteurs nombres de missions émis par le commandant militaire à Paris chargée du retour des réfugiés et signé : « Militarbefehlsaber in Paris Beauftrag für Flüchtlings–Ruckfuhrunegg ».
  4. . Les porteurs de cartes du comité de secours aux prisonniers de guerre (siège : Le Mans). (Permission de visite pour une personne un prisonnier, pour un camp désigné).
  5. Les fonctionnaires de la SNCF ayant, au moins, l'échelle quinze sur présentation de leur carte d'identité et d'un ordre de mission.
  6. Les fonctionnaires appartenant à des administrations diverses, voyageant en groupe par wagons complets avec ordre de mission individuelle et liste collective établie par le Ministère de l'Intérieur.

Les administrations intéressées peuvent cependant proposer des personnes qui ne sont pas fonctionnaires, à la condition de les rapprocher, autant que faire se peut, de cette qualité dans l'énoncé de leur profession. Ces personnes doivent être munies d'un ordre de mission (Aller simple) conforme au modèle-type. Chaque administration constitue, chaque jour, une liste, s'il y a plusieurs voyageurs, et transmet cette liste, en y joignant tous les ordres de mission, au Ministère de l'Intérieur (11 Rue Lucas à Vichy), qui centralise toutes les demandes. S'il n'y a qu'une personne ou deux, la demande est à adresser : 11 Rue Lucas à Vichy, muni de son ordre de mission pourrait inscrit directement sur la liste définitive du ministère de l'Intérieur. Les ordres de mission n'ont pas à être soumis au visa préalable des autorités allemandes. Les voyageurs payent leur place bénéficient des avantages qui leur ont été consentis par la SNCF. -(LM)

  • La réglementation des restaurants. – On communique : Chaque repas ne peut comporter plus de trois services, en tenant compte des restrictions imposées sur la consommation de la viande. Le menu est obligatoirement limité comme suit, même le dimanche :
    • . Premier service :
      • . Un hors-d'œuvre, sous forme de crudités,
      • Ou un potage,
      • ou une douzaine d'huîtres,
      • ou une douzaine d'escargots
    • . Deuxième service : l'une des quatre formules suivantes :
  1. . Un plat de viande un légumes ou pâtes
  2. un poisson, un légumes ou pâtes, un fromage
  3. un plat d'œufs un légumes ou pâtes, un fromage.
    • . Troisième service : un fruit cru ou cuit.
  • Tableau des restrictions de la consommation de la viande. – (Le tableau indique les restrictions pour les départements ou la consommation de la viande est interdite les lundis, mardi et mercredi ; lorsque, par arrêté préfectoral, les jours de restriction de la consommation sont déplacés, le tableau doit être modifié en conséquence).

- Déjeuner : Boucherie interdite les lundis, mardi et mercredi ; Charcuterie interdite : lundi et mardi ; Triperie et viande de cheval interdites le lundi ; Volailles, lapins, gibiers : autoriser tous les jours. – Dîner : Boucherie interdite tous les jours ; Charcuterie autorisée le mercredi et dimanche ; Triperie et viande de cheval autorisées mardi, mercredi et dimanche ; Volailles, lapins et gibiers : interdites jeudi, vendredi et samedi. -(LM)

  • Clermont-Ferrand. – Cyclistes par intérim. – Comme chacun sait, la bicyclette est devenue un objet de convoitise au même titre que le sucre ou le savon. C'est là une constatation courante. Car pour trouver un marchand de vélos qui « en a », minute ! Autant demander une livre de beurre au Marché Saint-Pierre. À Clermont, c'est maintenant un spectacle quotidien qui ne manque pas de pittoresque. Dans les rues de la ville, on découvre, montés sur deux roues, des personnages « considérables ». Rue Blatin, une silhouette kakie et galonnée pédale avec dignité, car la hiérarchie ne perd jamais ses droits. Une tête droite dans un faux-col immaculé, surgit d'un carrefour. Et le Monsieur, devenu « acrobate » lâche son guidon d'une main et répond aux saluts en soulevant son feutre noir. Souhaitons que, de cette période de transition, il reste un sentiment nouveau : celui de la fraternité de la route. Plus tard, les sens revenus, on verra – ô paradoxe ! – le conducteur respecter le cycliste, se souvenant de la traîtrise des rails, des mauvais pavés, de la cruauté des côtes que l'on gravit le dos courbé, le front moite et, pour enployer l'argot des « tours de France », les « yeux en roue libre » !… -(LM)
  • Clermont-Ferrand. – Des voleurs de motos sont arrêtés. – Le 21 juin dernier, une moto été volée au garage Michelin, au préjudice de Monsieur Jean Escurat, 34 ans, ouvrier d'usine au Cendre. Après une enquête menée par Monsieur Kastner et Monsieur Gilbert, Jean Eyrard, 20 ans, serrurier, 31 Rue de la Volonté, à la Plaine de Montferrand sur les instigations de son camarade d'atelier, N.J., 18 ans, ouvrier d'usine, 124 Rue Verlaine à la Plaine Montferrand, ont été écroués. -(LM)
  • Clermont-Ferrand. – Une série d'arrestations. – Le 21 juin, date de l'arrivée des Allemands dans Clermont, il y eut dans la ville une émotion assez compréhensible d'ailleurs. Dans ces occasions, il se trouve toujours des gens qui, ne perdant jamais le nord, savent profiter des circonstances. Et Rue Pélissier, de l'essence, des couvertures, des paires de chaussures furent soustraits au préjudice de l'autorité militaire. Pour ces différents vols, quinze personnes étaient interrogées hier par Monsieur Pierre Pinseau, juge d'instruction. Douze d'entre elles ont été condamnés, et les trois autres relâchées. -(LM)
  • Clermont-Ferrand. – Organisons la collecte des vieux papiers. – Nous savons que l'industrie papetière se trouve dans une situation très grave et que la récupération nationale des vieux papiers s'impose rigoureusement. Nous savons aussi que des sanctions et des amendes sévères sont appliquées aux personnes qui, négligeant ces prescriptions, continue à jeter dans les poubelles des ordures ménagères, les vieux papiers. Mais nous voudrions savoir comment la collecte de ces-dits papiers sera effectuée. On ne peut évidemment pas les conserver indéfiniment chez soi. Mais existe-t-il à Clermont un centre de récupération ? Car si on veut vraiment que cette collecte soit profitable, il est tout indiqué que les services publics organisent hebdomadairement des « tournées » spéciales afin de recueillir les papiers que chaque particulier conserve chez lui. Déjà de nombreuses villes agissent ainsi. Clermont se doit de suivre leur exemple. -(LM)
  • Riom. – À l'hôpital. – Afin de dissiper toute confusion qui aurait pu résulter d'une publicité d'initiative individuelle, l'administration de l'Hôpital de Riom a le devoir de préciser que la permanence du service chirurgical qu'elle vient d'organiser dans l'établissement dont elle a la charge se trouve assurée, le mercredi par le Docteur Paturet, habituellement en résidence à Clermont-Ferrand, et les autres jours de la semaine par le Docteur Grimault, habituellement en résidence à Riom. -(LM)
  • Montluçon. – Vol. - Dans la nuit de jeudi à vendredi, des malfaiteurs se sont introduits dans la salle du Restaurant François Pialloux, Rue de la République et y oont dérobé un tronc contenant environ 500 francs, représentant les économies de la servante. Plainte a été déposée à la police qui a ouvert une enquête. -(LM)
  • Montluçon. – Le cadavre d'un loyer est retiré de l'étang de Sault. – Le cadavre d'un homme loyer a été retiré jeudi soir, vers 19h, de l'Etang de Sault, non loin de la maison du garde. De l'enquête ouverte par la gendarmerie, il s'agirait du corps d'un démobilisé Monsieur Alfred Charles Hesse, 43 ans, de Saint-Haon-les-Vosges. Le praticien qui examiné le cadavre a conclu que la mort semblait remonter à douze heures environ. -(LM)
  • Vichy. – Conférence. – Le mercredi 4 septembre, à 15h salle de la Société des Sciences médicales, 1 Avenue Trudaine, sous la présidence effective de son excellence Monsieur de Souza Dantas, Monsieur Raoul Follereau parlera sur «La France et l'Amérique du Sud ». Le conférencier qui est président de la Ligue d'Union Latine, a parcouru à plusieurs reprises la plupart des pays sud-américains donnant des conférences qui furent très appréciées. -(LM)
  • Clermont-Ferrand. – Le général de Lattre de Tassigny commandant de la 3e division de Clermont. – Par suite de mesures récentes d'organisation de l'armée : le général de Lattre de Tassigny depuis le 1er juillet 1940, exercer les fonctions de commandant militaire du département du Puy-de-Dôme et de commandant d'armes délégué de la place de Clermont-Ferrand, a été appelé au commandement de la troisième division à Clermont-Ferrand ; le général de division Roton prendra à dater du 1er septembre 1940, le commandement de la subdivision de Clermont-Ferrand. Il assurera en outre les fonctions de commandant d'armes délégué de la place de Clermont-Ferrand.-(LM)
  • Romagnat. – Un incendie. – Dans l'après-midi d'hier, vers 13h, un violent incendie s'est déclaré à Romagnat, dans une maison appartenant à Monsieur Sanroch. Les dégâts, assez importants ne sont pas encore évalués. Les pompiers de Clermont, appelés trop tard, non pas eu à intervenir.-(LM)
  • Cour d'Appel de Riom. – Propos défaitistes. – Le 9 avril 1940, Madame Alice Lourtioux, femme Ray, commune de Creuzier-le-Vieux, tient dans son débit et devant des militaires d'une base aérienne proche, des propos qualifiés de défaitistes. Cela lui valut 4 mois de prison et 200frs d'amende par le Tribunal de Cusset, le 4 juin. Ce rappel de la prévenue et du ministère public, la cour élève la peine à 2 ans de prison avec sursis et 500 frs d'amende. – Affaires d'avortement. – Le 14 juin 1940 le Tribunal de Cusset infligée à six mois de prison avec sursis à la fille Félicie Gaudy, journalière à Lavaud, commune de Saint-Amand (Cher) qui s'était livré avec succès sur sa personne à des manœuvres abortives. La cour, par défaut, élève la peine d'un an de prison avec sursis. – Sur appel du procureur général, quatre prévenus de Montluçon sont appelés devant la cour pour répondre du délit d'avortement et complicité. La cour confirme la relaxe prononcée par le Tribunal de Montluçon en faveur de la femme Marie Vernereuil et de la jeune R.J., 17 ans. Par contre, elle élève à un an de prison, plus 100 frs d'amende, la peine de 2 mois de prison infligée à Ernestine Julia et à 6 mois avec sursis, plus 100 frs d'amende avec sursis à Élise Julia. – Hausse illicite. – Dans sa séance du 24 juillet 1940, le Tribunal de Clermont-Ferrand prononcé les condamnations suivantes pour hausse illicite à divers commerçants de Clermont-Ferrand.
    • Marguerite Arnaud, femme Portal, marchand de charbons : 100 frs d'amende et trois insertions dans les journaux. – Vendait en mai 1940 le stère de bois de chauffage 160 frs alors que le prix était de 130 frs au 1er septembre 1939.
    • Marie Cellier, femme Barbat, marchand de charbons : 100 frs d'amende et trois insertions – vendait en avril 1940 st de bois de chauffage 140 frs soit 10 frs de plus qu'au 1er septembre 1939.
    • Marie Hébrard, épicière à Clermont-Ferrand : 100frs d'amende et trois insertions. – Vendait le fromage dit « Cantal » 21,50 Fr. le kilo au lieu de 18,50 Fr., prix limite.

La cour après avoir entendu les explications des prévenus et de leurs défenseurs, Mes Heine et Pradat, confirme les trois jugements. Suppression et non déclaration d'enfant. – En 1939, la femme Gabrielle Magnoux, ménagère à Echassières, mère de six enfants, accoucha de septième enfant mort-né. Son mari, Pierre Magnoux l'enterra dans son jardin sans faire aucune déclaration d'État civil de sa mairie. Le 7 mai 1940, le Tribunal de Gannat infligea aux époux Magnoux chacun un mois de prison avec sursis, plus16 frs d'amende au mari. Sur appel du ministère public la cour élève les peines à deux mois de prison avec sursis pour la femme et à trois mois avec sursis plus 16 frs d'amende pour le mari. -(LM)

  • Montluçon. – Découverte macabre. – Jeudi matin, vers 9h des ouvriers occupés au nettoyage de l'égout situé à l'intersection des Rues de la République et Victor Hugo, en ont retiré un paquet contenant un fœtus. La police a été informée de cette trouvaille macabre. -(LM)
  • Montluçon. – Accident de la circulation. – Mercredi soir, vers 17h30, une collision s'est produite à l'angle des Rues de l'Egalité et des Chaufourniers, entre un car des Usines Dunlop et un vélomoteur que pilotait Monsieur Jean Thivrier, 36 Rue de l'Industrie. Relevé sans connaissance, le motocycliste s'est sérieusement blessé, a été transporté à l'hôpital. – Deux heures plus tard, vers 19h45, un cycliste Monsieur Adrien Chouet, qui venait de la Rue de l'Industrie, traversait l'avenue pour prendre la Rue de la Solidarité, a été heurté et renversé par une automobile militaire qui rentrait à la Caserne Richemond. Dans sa chance, cycliste a eu la clavicule gauche et deux côtes fracturées. -(LM)
  • Montluçon. – Arrestation. – Dans l'après-midi du mercredi, vers 13 heures, Monsieur Émile Guyot, 29 ans, manœuvre qui loge chez Madame veuve Grimaud, aux Varennes commune de Saint-Victor, ces temps rendus dans sa chambre eue la désagréable surprise de constater que la porte était ouverte ainsi que celle de l'armoire et de plus une femme nomade était couchée dans son lit. Monsieur Guyot lui ayant demandé ce qu'elle faisait là, la bohémienne lui répondit, qu'étant fatigué, elle se reposait. Informé aussitôt, la gendarmerie de Montluçon se rendit sur les lieux et procéder à l'arrestation dénommée Adèle Lafleur, 48 ans, Aimé Winstersheim, 16 ans et Marie Coussantin, 20 ans. Ces quatre bohémiennes qui rôdaient dans le village sont soupçonnées d'agir de concert pour commettre des méfaits. L'une d'elle a d'ailleurs été trouvée en possession d'un poulet volé à Madame Grimaud. Dans la journée de jeudi elles sont été déférées au parquet. -(LM)
  • Montluçon. – Défense passive. – La sous-préfecture communique : La population de la zone non occupée du département de l'Allier est informée que les mesures de défense passive qui avait été mise en vigueur lors de la période active des opérations de guerre menée contre l'Allemagne et l'Italie, n'ont jamais été rapporté. Les services de gué doivent donc continuer à fonctionner comme par le passé ainsi que toutes les mesures concernant l'extinction des lumières, la répercussion de l'ordre d'alerte, et la mise à l'abri ou la dispersion des populations. Ces dispositions sont d'autant plus valables que nous nous trouvons à proximité immédiate du territoire occupé par les troupes allemandes et qu'il convient, qu'en cas de nécessité, l'alerte soit diffusée sans délai. Précisons qu'un officier vient d'être désigné par le général commandant la 13e région pour prendre le commandement du centre d'alerte de l'Allier. Il aura son poste de commandement à Montluçon. -(LM)
  • Les relations postales entre les zones libre et occupée et avec l'étranger. – Le tableau officiel ci-dessous établi par la direction générale des PTT, fixe l'état actuel des relations entre les zones libre et occupée, et avec l'étranger.
    • . – Service postal. – Correspondances ordinaires et recommandées. – Admises dans les relations avec l'étranger et avec la zone libre du territoire. Relations avec la zone occupée provisoirement interdites
      • . – Paquets poste. – Admis pour la zone non occupée. Non admis provisoirement pour la zone occupée. Il peut être adressé aux prisonniers de guerre des colis de 1 kg sans limitation de nombre.
      • . – Valeurs déclarées. – Envois admis seulement pour la zone libre. Pour l'étranger et les colonies, se renseigner au guichet des bureaux de poste.
      • . – Valeurs à recouvrer. – Admises seulement dans la zone libre.
      • . – Sérums et vaccins. – Envoi et réception autorisée dans la zone libre comme dans la zone occupée.
      • . – Mandats. – Admis pour la zone libre et les colonies et certains pays étrangers. Pour l'étranger, se renseigner dans les bureaux de poste.
    • . – Pensions. – Les personnes dont les pensions sont assignées à un bureau de la zone occupée peuvent percevoir les arréages échus dans les bureaux de la zone libre.
    • . – Caisse nationale d'Epargne. – Toute opération admise, sauf les remboursements télégraphiques et les remboursements internationaux.
    • . – Chèques postaux toute opération admise sauf pour les contenus par les bureaux de chèques de Paris, Lille, Nantes, Rennes, Bordeaux, Nancy, Dijon, Orléans, Rouen, Strasbourg situés en zone occupée et provisoirement interrompues.
    • . – Télégraphe. – Les télégrammes sont admis pour toute la zone libre ou l'étranger sauf l'Allemagne, l'Italie et colonies italiennes, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et l'Albanie.
    • . – Téléphone. – Les communications peuvent être échangées à l'intérieur de la zone libre ainsi qu'entre la zone libre et la Suisse. -(LM)


  • Les belles citations. – Citation à l'ordre du régiment. – N°109, du colonel commandant de la réserve générale du train en date du 30 juin 1940. Pierre Meyer, lieutenant au groupe 134 : Officier plein d'allant et de dévouement. À montrer une fermeté exceptionnelle au cours de nombreuses missions et notamment le 10 juin 1940, près de Fère-Champenoise. Sous les bombardements intenses qui endommagèrejt plusieurs de ses camions, est parvenu à garder sa section groupée et accomplir sa mission. Monsieur Meyer était, à la déclaration de guerre directeur de la Compagnie des Autobus Citroën d'Auvergne et du Bourbonnais. Nos félicitations. §§§ Maréchal des logis Robert Duvert :. – « Sous-officier de transmission très dévouée. Au cours de violents bombardements aériens accomplis avec succès, grâce à son sang-froid, les missions qui lui ont été confiées au cours des combats du 8 au 12 juin 1940. Signé : Becquet. §§§§§. – René Monestier. – Capitaine adjudant major. Officier d'une haute conscience : Au cours du combat du 7 juin 1940 a fait preuve d'un calme courage, observant l'avance ennemie, maintenant ses hommes sous le feu, aidant son chef de bataillon à assurer le repli en ordre dans un village incendié et parcouru par les ennemis. §§§§§. - Le lieutenant colonel commandant le 7e RDP, cite à l'ordre du régiment le maréchal des logis Jacques Tombel : à participer à toutes les opérations de la 4e vision cuirassée du 16 mai au 25 juin. Croix de guerre avec deux étoiles. Monsieur Jacques Tombel et le fils de Monsieur Tombel, conseiller municipal d'Issoire. §§§§§. - Adjudant Jean Ras, du 31e RAD, à l'ordre du régiment : Sous-officier de transmission dévoué et consciencieux. Les 5 et 6 juin, à assurer sous le bombardement les fonctions d'officier radio, assurant les communications jusqu'au dernier moment. Croix de guerre. L'adjudant Ras est originaire de Marsac-en-Livradois. §§§§§. - Le général Duchemin, commandant la 3e division légère d'infanterie, cite à l'ordre du régiment Paul Chenu, maréchal des logis : Sous-officier aussi brave que dévoué, à ravitailler son unité sous les bombardements les plus violents, avec beaucoup de sang-froid. Deuxième citation. – A fait parti de la 3e DLI (VIIe Armée), du 5 juin au 24 juin, depuis la Somme, sur l'Oise, sur la Marne, sur la Seine, après la Loire jusqu'au bout, malgré souffrances et fatigues, a donné le plus bel exemple de ce que peut donner le moral d'un français, épuisée peut-être, abattu jamais. Paul Chenu est le fils de Monsieur Jean Chenu, pharmacien à Montferrand. §§§§§. – Le chef d'escadron Serres, commandant le parc essence, cite à l'ordre du régiment Henri Roussel, brigadier : c'est distingué à plusieurs reprises dans des dépôts et centres de livraison donnant à ces hommes un bel exemple de courage et de sang-froid. Cette citation donne droit à la croix de guerre avec étoile de bronze. §§§§§. - Citation à l'ordre du Bataillon. – Léon Fabre, chasseur de 2e classe au 49e bataillon de chars de combat : agent de transmission calme, brave. À assuré la transmission des ordres sous le feu, au mépris du danger. Croix de guerre. Monsieur Léon Fabre est le fils de Madame veuve Fabre, « Epicerie Générale », Rue Blatin, à Clermont-Ferrand. §§§§§. - Citation à l'ordre de la Division. – Monsieur Marcel Rocher, commis du trésor à Latour d'Auvergne : « secrétaire d'État major d'un dévouement absolu. C'est particulièrement signalé par son mépris du danger dans les périodes critiques du 20 au 28 mai, bataille de Béthune et de la Lys et du 16 au 20 juin (bataille de l'Orne). À exécuté avec succès dans les moments critiques plusieurs reconnaissances délicates couvrirent le poste de commandement. » -(LM)


  • .-Dans l'Enseignement.- Sur près de trois colonnes, liste des nominations d'instituteurs et d'institutrices relevant de l'Inspection d'Académie du Puy-de-Dôme. -(LM)


  • . – Pour vous Madame…. – Faites la lessive sans savon. – Vous n'avez plus de savon, Madame ? Mais pourquoi ne pas faire comme les ménagères d'antan ? Voici une vieille recette, qui intéressera de nombreuses mères de famille : On trempe le linge dans l'eau froide qui dissout les matières solubles. On l'«essauge » dans l'eau courante alcaline, pour en enlever les matières albumineuses. On place ensuite linge dans un cuvier, on le recouvre d'une grosse toile sur laquelle on met une couche de cendres de bois et on arrose le tout d'eau bouillante. L'eau, chargé de carbonate de sodium de la cendre, traverse la masse et s'écoule lentement. Cet eau écoulée est reprise. On la fait bouillir puis on la reverse sur le linge plusieurs reprises. Pour couler une bonne lessive, il faut compter six heures. On rince ensuite à l'eau courante, on les sort pour faciliter le séchage. Pour les tissus de laine et coton, si vous n'avez pas de cendres de bois, envoyez vos enfants ramasser dans les champs de la saponaire. Vous ferez bouillir votre lessive avec quelques poignées de cette plante : votre eau deviendra savonneuse et vous aurez votre linge propre. -(LM)


-(LM)
31 Août 1940 1er Septembre 1940 2 Septembre 1940